CYNIPS
Les Cynips ou Gallicoles appartiennent au sous-ordre des Térébrants; ce sont des Insectes bossus; leur tête est plus basse que le thorax, qui est renflé sur le dos. L’abdomen est tronqué à son extrémité inférieure. Les femelles portent une tarière destinée à percer l’enveloppe des végétaux pour y placer leurs œufs.
. Cette tarière est formée de trois tilamenls rigides intimement unis, formant un faisceau enroulé dans l’intérieur de l’abdomen, et dont l’extrémité libre passe sous l’anus entre deux valves qui lui servent de fourreau.
Lorsqu’une partie du végétal a été piquée, que les œufs y ont été déposés, les sucs nourriciers abondent autour du corps étranger et y déterminent une excroissance au milieu de laquelle se développent les Cynips. Ils y passent l’état de larve et souvent celui de chrysalide, pour n’en sortir que sous la forme d’insecte parfait.
Selon que les excroissances sont lisses ou poilues, on les a appelées galles ou bêdégars. Dans les galles que nous avons examinées, nous n'avons jamais vu qu’une seule larve de Cyuips ou qu’un seul Cynips; les bédégars en contenaient toujours plusieurs.
La galle d’Alep, ou Noix de galle, galle du Levant, etc., est produite par la piqûre du Cynips ou Diplnpis gallœ tincloriœ. On la recueille, sur le Quercus infecloria, Wild. Elle est de la
grosseur d’une cerise, parsemée de tubercules. La meilleure vient de Syrie. Elle est d’un vert noirâtre ou jaunâtre, plus astringente lorsqu’on la prend avant la sortie de l’Insecte. Si le Cynips s’est échappé, ce qu’on reconnaît facilement à l’existence d’un petit canal qui fait communiquer l’intérieur de la galle avec le dehors, elle est plus légère, plus pâle, a perdu beaucoup de sa propriété astringente; on la désigne sous le nom d e galle blanche.
On rencontre très-fréquemment des galles sur les chênes de nos forêts ; elles sont ordinairement situées sur les nervures des < feuilles, du volume d’une petite cerise et d’une belle couleur jaune orangé, teintée de vermillon. Elles jouissent de propriétés moins énergiques que celles du Levant.
Les galles sont très-riches en tannin. On les emploie comme médicament astringent. Unies aux amers, on les a conseillées comme fébrifuges. Placées dans l’eau avec du sulfate de fer, un peu de sucre ou de gomme arabique, elles donnent l’encre noire ! h écrire.
Dans toutes ces galles, la masse était fermée de toutes parts, | ous’il existait une communication de l’intérieur avec l’extérieur, c’était un petit canal régulier, passage de l’insecte sorti. Il est d’autres productions chez lesquelles la communication au dehors se fait au moyen d’une fente, d’une ouverture plus ou moins irrégulière qui existe à tous les âges; on leur a réservé le nom de fausses galles. Elles sont produites non par des Cynips mais par des Pucerons; ce sont des fausses galles qu’on aperçoit au printemps sur beaucoup de feuilles tombées de peuplier, le pétiole est gonflé, contourné sur lui-même, et lorsqu’on le déroule en sens inverse, on voit s’échapper du renflement une grande quantité de petits Pucerons.
Les bédégars les plus connus sont ceux des Églantiers; on les • trouve à la partie supérieure des rameaux de ces plantes. Ce sont des renflements couverts de filaments frisés, d’un jaune verdâtre ou rougeâtre ressemblant assez bien à de la mousse; de là le nom du pommes mousseuses qui leur a été donné. Ils sont t produits par le Cynips ou Diplopis Itosæ. Lorsqu’à l’automne on les coupe en travers, on voit qu’ils renferment un nombre variable de cavités parfaitement circonscrites, dont chacune est
occupée par un ver blanc qui n’est autre que la larve du Cynips. On a employé ces productions comme médicament astringent.
Les Iciineumons ne déposent pas leurs œufs dans le tissu des végétaux, comme les Cynips ; ils les placent dans les chairs d’autres insectes. Nous avons rencontré des Chenilles portant sous leurs téguments une quantité de larves d’Ichneumons qui les dévoraient vivantes. Plus tard, s’échappait dp la Chenille, qui n’était plus guère qu’un fourreau, un essaim de petits insectes, véritables Ichneumons arrivés ii l’état parfait,