‹ Manuel d'histoire naturelle médicale (volume 2)Chapitre 63 sur 155 · ABEILLES · texte numérisé non relu

ABEILLES

Les Abeilles appartiennent au sous-ordre des Porte-aiguillons. Ce sont des Insectes velus, d’un brun noirâtre, qui vivent en sociétés.

Leur tète est volumineuse, porlc deux gros yeux composés latéraux tl trois yeux simples disposés en triangle sur la tète ou sur le front; leurs antennes sont géniculées. Parmi les pièces de la bouche, le labre et les mandibules sont cornés et ne servent pas ü la succion , les mâchoires et la lèvre inférieure s’allongent, s’accolent, pour ainsi dire, el constituent ce qu’on appelle habituellement la trompe des Abeilles. Cette trompe n’est donc pas, comme on l’a cru anciennement, un tube creux; elle se replie pendant le repos, et lorsqu’elle est allongée, on voit que son extrémité inférieure est poilue; c’est l’ex-

trémité du labium, la languette; un fw. h. - Tête d'Abeiiie (,r«Prè, peu plus haut s’échappent latérale- savigny.)

ment deux autres filaments poilus n> les trois yeux simples ; 6, yeux

OP çrmt Inc ... . . * composés ; c.c. basa dos nnten-

e Sünt les Palpes maxillaires. L’ou- nos;1 d, lul.ro ; o,e, mnmlilmles ; verlure buccale est située immédia- f^ès^Sm?’ pî,lpe* mMi|-

tement au-dessus de la lèvre inférieure; l’entrée porte un petit lobe triangulaire que Réaumur appelait la langue. Les ailes sont au nombre de quatre, membraneuses, à nervures épaisses et foncées; les deux postérieures sont plus courtes que les deux supérieures.

L’espèce d’Abeilles élevée en France est Y Apis mellifica, originaire de l’ancien continent; elle vit en sociétés nombreuses (vingt à trente mille insectes) qui ont reçu le nom d’essaims, et qui se composent de trois sortes d’individus : une femelle, des mâles et des ouvrières. On les réunit dans un panier d’osier, couvert extérieurement avec du mortier, ou dans des cages de bois ou de verre, en ayant soin de ménager une ouverture pour l’entrée de l’air et la libre circulation des Abeilles. L’essaim logé dans cet appareil s’appelle une ruche. La ruche ne renferme qu’une femelle qu’on appelle communément la reine. On la reconnaît facilement : elle est beaucoup plus grande que les ouvrières, moins renflée que les mâles, porte trois yeux simples sur le front et un aiguillon à l’extrémité de l’abdomen; elle possède des organes génitaux complets (fig. 72).

Fig. 72. — Abeille femeüe. Fig. 73. — Abeille ni. Me.

Les mâles, qu’on appelle encore grosses mouches, faux-bourdons, sont au nombre de six à huit cents, plus gros et plus renflés que la reine. Leur tête est arrondie, à yeux composés trèsgros, les trois yeux simples occupent le sommet de la tête, les antennes ont treize articles, les mâchoires et la lèvre inférieure sont peu développés; ils n’ont pas d’aiguillon et sont munis, comme leur nom l’indique assez, d'organes sexuels mâles cornplets(fig. 73); leur vol produit un son ronflant caractéristique

i qUe l’oreille exercée des éleveurs d’Abeilles ne confond jamais ' avec le son clair que produisent les ouvrières.

Les ouvrières sont les plus petites et les plus nombreuses ; ce sont des femelles chez lesquelles les organes sexuels ne sont pas entièrement développés; elles manquent de vésicule copulai trier. On les a souvent désignées : sous le nom de neutres. Les anlen- : nés portent douzearticles; les ailes,

; les pièces qui composent la trompe,

! sont plus développées que chez la i reine et chez les mêles ; l’abdomen 1 est plus court, aigu et porte un aii guillon. Les pattes postérieures )> sont caractéristiques; le premier J' article du tarse est aplati et doit à l! sa forme le nom de pièce carrée,

; sa portion interne porte plusieurs ] rangées transversales de poils roi- |j des qui lui ont valu le nom de }• brosse; enfin la partie externe est î concave et bordée de longs poils, i: c’est la corbeille. Chez la femelle,

•i ces particularités sont moins pron noncées. D’après Ilubcr, chaque ' arceau de l’abdomen, excepté le ' premier et le dernier, porte deux ' poches où la cire est sécrétée.

L’appareil venimeux des Abeilles est ê l’extrémité de l’abdomen. Il • se compose d’un organe sécréteur I du venin, d’un réservoir de ce pro- ■ duit, d un aiguillon qui l’inocule, d’une gaine qui protège l’aiguillon et de muscles qui le font mouvoir (fig. 70).

L’organe sécréteur se compose lui-même dedeux petitesglandes en forme de bourse; elles se réunissent en un tube commun jj plus ou moins sinueux qui débouche dans un sac fusiforme assez volumineux. A la suite de ce sac est un canal court qui ’ conduit le venin à l’aiguillon. Les entomologistes décrivent

BOCQIIII.I.ON. a

Fig. 74. — Abeille ouvrière.

Fig. 75. — Extrémité d’une patte postérieure d’ouvrière.

4 , Portion interne : n, jambe ; b, brosse. — 2. Portion externe.

dans l’aiguillon une base, un étui el un dard : la base est formée de plusieurs pièces cornées mobiles, reliées entre elles par des membranes et mues par quatre muscles, dont deux servent à

tirer l’aiguillon en dehors de l’abdomen, deux à le faire rentrer; ces pièces recouvrent un étui formé de deux portions amincies et allongées.

Enfin, en dedans est le dard; il est formé de deux tiges cornées accolées l’une à l’autre, qui laissent entre elles un espace tubuleux faisant suite au canal excréteur; leur extrémité libre est garnie de dentelures en hameçons. Cette disposition explique comment l’aiguillon peut rester dans la plaie. Après avoir piqué, l’Abeille s’éloigne si brusquement, et l’aiguillon est si bien engage, qu’il déchire souvent l’oviducte et le rectum.

Lors même qu’une Abeille paraît morte depuis quelques instants, son appareil à venin garde toute sa vitalité; il suffit d’approcher un corps de l’extrémité de l’abdomen pour voir l’aiguillon sortir avec une grande rapidité.

Le venin est un liquide incolore, d’une saveur styptique, se desséchant promptement à l’air; il ne rougit ni ne verdit le toursenol (Audouin).

Introduit dans les chairs par l’aiguillon ou artificiellement, il détermine une douleur aiguë, de la rougeur, du gonflement. Si les piqûres sont nombreuses, elles produisent des accidents plus graves; on a eu des cas de mort.

Lorsqu'une personne est piquée par une Abeille, il faut d’abord procéder h l’extraction de l’aiguillon, s’il est resté. A l’aide d’une épingle, on saisit, non pas l’extrémité renflée, celle qui est la plus superficielle, parce qu'en la prenant ou la pi*

Fig. 70. — Appareil venimeux de l’Abeille ouvrière,

a, a, glandes du venin ; è, conduit excréteur ; c, réservoir du venin ; </, conduit; c,c, bases du dard ; fifi appendices oui entourent le dard par dessus 1 ctui ; g , étui ouvert dans sa longueur; h1 les deux pièces dentées qui forment le dard ; muscles ; /,/,/,

/, pièces cartilagineuses.

quant on ferait sortir une nouvelle quantité de venin qui entrerait dans la plaie. On enfonce l’épingle plus avant, dit Kunzmam, sans comprimer, et l’on exerce la traction de bas en haut. Les éleveurs d’Abeilles ne prennent pas toutes ces précautions; plusieurs se sont fait piquer en ma présence, ils tordaient ensuite fortement la peau en comprimant d’abord la partie la plus profonde, et jamais je n’ai vu survenir d’inflammation. On a conseillé, pour paralyser l’effet du venin, l’emploi de l’eau fraîche, de l’eau acidulée, de l'ammoniaque ou de l’huile d’olive. Les habitants de la campagne frottent avec du persil l’endroit piqué ; le plus souvent, la douleur n’est que passagère et, même sans traitement, elle n’est suivie d’aucun accident.

Les Abeilles donnent de la cire et du miel, et ces produits de sécrétion nesont fournis que par les ouvrières.

Lorsqu’on place un essaim dans un panier vide, les ouvrières se hâtent d’aller récolter surles bourgeons, sur les jeunes pousses des arbres, une matière résineuse et s’en servent pour clore tous les trous, les fentes du panier, ne laissant qu’une petite ouverture. Celte matière, qui est molle, d’une odeur légèrement aromatique, est le propolis; c’est une substance sans saveur, soluble dans l’alcool, qu’on a quelquefois employée en pommades. Elle durcit par le froid et doit à celte propriété, ainsi qu’à sa malléabilité, de servir à faire des empreintes de médailles.

Lorsque l’habitation est bien close, les ouvrières se mettent à la fabrication de la cire. Si l’on regarde, pendant le printemps ou l’été, les Abeilles rentrer à la ruche, on aperçoit très-distinctement sur leurs pattes postérieures de petites masses jaunâtres; et, pour peu qu’on examine une Abeille entrée dans une fleur, qu’on suive ses mouvements, on ne tarde pas à voir les brosses de la pièce carrée balayer rapidement le pollen ou poussière fécondante des plantes et le pousser sur la corbeille. Les petites masses jaunes que l’Abeille rapporte à la ruche, sont donc du pollen et non de la cire, comme l’ont cru les anciens naturalistes et comme beaucoup de personnes le croient encore aujourd’hui. Réaumur a calculé que huit pelotes de pollen pèsent cinq centigrammes. Si l’on remarque qu’une ruche peut contenir jusqu’à vingt mille ouvrières et que bon nombre peuvent faire plusieurs voyages en un jour, la quantité de pollen in-

troduit dans la ruche sera représentée par un chiffre énorme.

A quoi sert celte immense récolte? On pense généralement qu’elle est la matière première de la cire, qu’elle est d’abord mangée par les Abeilles, puis qu’une partie subissant des modifications dans le corps de l’Insecte est excrétée sous l’abdomen. Hunier est le premier qui ait montré que la cire est une véritable sécrétion, et Uu ber (de Genève) l’a prouvé surabondamment, 11 ne donna pour nourriture à un essaim que du miel et de l’eau ; les Abeilles produisirent une cire remarquablement belle. MM. Gundlacb, Dumas et Milne Edwards, Beaumier, confirmèrent les expériences d’Huber, et, opérant avec moins de chances d’erreur, établirent également que la cire est une sécrétion. D après Beaumier, neuf petites plaques de cire sortiraient à la fois du corps de l’Abeille, entre les anneaux de l’abdomen ; elles constituent les neuf morceaux primitifs d’une cellule.

C’est avec ces petites plaques de cire que les Abeilles construisent ce qu’on appelle leurs gâteaux ou leurs rayons ; ce sont des pans qui, partant du sommet du panier, descendent vers sa base. Ils sont rangés parallèlement, de manière à laisserentre eux une place pour la circulation. Ils portent sur les deux faces un très-grand nombre d’alvéoles ou cellules hexagonales, dont l’axeesl perpendiculaireau plan du gfilcau. C’est dans ces cellules que se met la provision de miel et que la reine pond scs œufs. Elles présentent trois formes et trois grandeurs différentes. Ce sont les plus petites qui contiennent le miel, et elles sont disposées avec tant d’art que, selon d’habiles géomètres, « leur forme est a la fois la plus économique sous le rapport de la dépense de la cire, et la plus avantageuse quant ü l’étendue de l’espace renfermé dans chaque alvéolve.» Pour les construire, l’Abeille détache de son abdomen, au moyen des griffes dont ses pattes sont munies, les plaques de cire qui y sont adhérentes, et à l’aide doses mandibules elle les unit et les façonne.

Pour obtenir la cire du commerce, on vide les gâteaux du miel qu’ils contiennent; on les fait fondre â la température de

Fio. 77. — Patte antérieure.

a, jambe ; b, premier article du taise.

62 â G3°, et on les coule ensuite dans des moules; c’est la cire jaune.

Si l’on tire la cire jaune en rubans, qu’on expose ces rubans à l’air ou à l’action de l’oxygène ou du chlore, la cire perd sa couleur jaune et devient la cire blanche ou cire vierge. On l’unit fréquemment au suif pour lui donner du liant.

La cire renferme trois principes connus sous les noms de cérine ou acide cérotique, de myricine et de céroléine.

Elle est insoluble dans l’eau, soluble dans l’essence de térébenthine.

La cire unie à l’huile d’amandes douces constitue les cérats ; elle entre dans la préparation du cold-cream, de l’onguent basilicum, de l’emplâtre diapalme, du diachylon, de l’onguent delà mère, de l’onguent Canot, etc., etc. Elle a de nombreux usages dans les arts.

Le miel n’est pas récolté sur les (leurs avec les qualités que nous lui connaissons ; les Abeilles, favorisées par la disposition des pièces de leur bouche, prennent sur les plantes la liqueur sucrée qui s’y trouve et l’avalent. Réaumur pense que lorsque cette liqueur est arrivée dans l’estomac, elle y subit quelques modifications. Quoi qu’il en soit, la matière que nous appelons le miel est dégorgée par les Abeilles dans les alvéoles de leurs gâteaux.

Les qualités du miel, sa couleur, son parfum, varient selon les lieux, l’époque de l’année, les plantes sur lesquelles il a été recueilli. 11 n’est pas rare devoir deux essaims du même rucher donner, â un mois de distance, l’un du miel blanc, l’autre du I miel jaune d’ocre.

Tandis que les sauges, les romarins, les mélisses, les lavandes, etc., donnent au miel du Midi une saveur aromatique et agréable, lesarrazin donne â celui du Limousin, de la Bretagne eide quelques parties de la Champagne un goût caractéristique. Les plantes vénéneuses communiquent leurs funestes propriétés au miel qui est récolté sur elles. L’antiquité, comme les temps modernes, a eu des exemples d’empoisonnements violents produits par certains miels.

On fait, avec, la même ruche, du miel de plusieurs qualités. Le meilleur est celui qui coule librement des gâteaux, le plus

mauvais est celui qui s’obtient en soumettant à une très-forte pression les gâteaux déjà comprimés et presque vides; il a une forte odeur de cire, parfois même il renferme du couvain, c’està-dire des larves logées dans les alvéoles des gâteaux comprimés, et alors il se putréfie très-facilement.

Le miel a été de tout temps employé dans l'alimentation et en médecine. 11 est légèrement laxatif, c’est comme tel qu’il est employé en lavements. On s’en sert pour édulcorer les tisanes, les médicaments insipides. Mêlé au suc de mercuriale vivace, il constitue le miel de mercuriale, employé comme laxatif. Mêlé à l’infusion de roses de Provins, il devient le miel rosat, employé dans les maux de gorge. Uni au borax en poudre, il constitue le miel de borax employé contre les aphtes. On le mélange avec le protoiodure de mercure, et il devient un miel employé contre les ulcérations syphilitiques. 11 entre dans la préparation de l'onguent égyptiac, etc. 11 est employé dans la fabrication du pain d’épice. Délayé dans cinq fois son poids d’eau, il devient la base, après la fermentation , d’une boisson brunâtre et assez agréable, connue sous le nom d’hydromel.

Les mœurs des Abeilles sont des plus curieuses, et elles ont été observées avec beaucoup de patience par plusieurs observateurs. Il règne dans leurs sociétés un ordfe parfait, et on les a comparées à des monarchies, à des républiques. « L’association se gouverne toute seule, dit Moquin-Tandon ; chaque sexe, chaque individu exécute instinctivement, nécessairement, fatalement, les fonctions qui lui sont départies; chacun apporte dans l’accomplissement de ses devoirs la même ardeur, la même dextérité et la même perfection. »

Ces Insectes présentent dans leur reproduction des anomalies qui ont été signalées par les zoologistes éminents : Leuckart, Siebold, Filippi, etc.

Par un beau soleil de printemps, on peut remarquer, à l'entrée d’une ruelle, une affluence considérable de faux bourdons qui augmente à chaque instant. La masse bourdonne bruyamment, mais ne s’élève pas. Tout à coup d’autres abeilles sortenten grand nombre de la ruche, se joignent aux mâles, puis tout le groupe part. Il est formé de deux portions; du gros de la troupe, piasse compacte Pt serrée, et d’individus disséminés l’etjvj*

INSECTES. — ABEILEES.

ronnant, voltigeant çà et là. On dit que la ruche essaine; elle s’élève dans les airs, et c’est à ce moment qu’a lieu la fécondation delà femelle (1) par un seul mâlequi laisse ses organes génitaux dans ceux de la reine. L’essaim, entourant la femelle, vient se fixer ordinairement à une branche d’arbre. C’est alors que le cultivateur, secouant brusquement cette branche, fait tomber l’essaim qu'il reçoit dans un panier à ce destiné. Les ouvrières se mettent immédiatement à l’œuvre; elles déploient une prodigieuse activité, et, au bout de quelques jours, leur habitation est déjà garnie de beaux gâteaux de couleur jaune pâle et à bords arrondis. La ponte a lieu deux ou trois jours après la fécondation. La femelle se promène sur les gâteaux, dépose un œuf dans chaque alvéole, et pond pendant trois semaines environ. Ces œufs sont oblongs, blancs, un peu transparents, et donneneront des ouvrières et des femelles, exceptionnellement des mâles.

Les alvéoles qui contiennent l’œuf d’où sortira l’ouvrière sont les plus petites et à six pans; celles qui sont réservées aux mâles sont plus grandes; enfin, celles des femelles ou reines occupent le bord des gâteaux; elles sont cylindriques, assez irrégulières. Quelques jours après la ponte, il sort de l’œuf une petite larve blanchâtre, sans pattes; c’est alors que les soins de l’éducation vont commencer. Parmi les ouvrières, les unesvontau dehors ù la provision, les autres font office de gardiennes et de nourrices; elles préparent une sorte de bouilliedont la composition varie selon qu’elle est destinée à la femelle ou à une ouvrière. Si la mort atteint la femelle future, ou même plus lard, si la reine meurt, les ouvrières élargissent, aux dépens de cinq ou six autres, une alvéole contenant une larve d’ouvrière; elles lui donnent la nourriture de femelle et en font une femelle complète.

Lorsque les larves ont atteint cinq à six jours d’existence, les ouvrières construisent un couvercle sur chaque alvéole et les enferment. La larve file un petit cocon, et trois jours après elle est transformée en chrysalide. Enfin, treize jours après sa sortie de 1 œuf, l’Abeille rompt son couvercle et s’échappe à l’état parfait.

(1) M. Hnmpl affirme t|»o te nifile qui la féconde appartient h une notre ruelle ,

Depuis que la fécondation est effectuée, les mâles n’ont plus de raison d’être dans la ruche; ils sont mis â mort. C’est un spectacle curieux de voircesouvrières, si petites de taille, attaquer les gros faux-bourdons, s’acharner après eux, les percer de leur aiguillon, les tuer, puis les tirer, les traîner, les rouler, les pousser hors de la ruche. Les larves de mâles, s’il y en a, n’échappent pas au massacre. Ce carnage se fait ordinairement à la fin de la belle saison, au mois d’août.

La femelle n’a pas besoin d’être fécondée pour pondre des mâles, et lors même qu’elle est fécondée, il est probable qu’elle peut empêcher la liqueur séminale de pénétrer sur les œufs qui devront donner des mâles. Quant aux ouvrièresqui normalement ont les organes génitaux atrophiés, elles pondent parfois des œufs, mais ce sont des œufs d’où sortiront des mâles.

Le genre Abeille est riche en espèces qu’on trouve dans les régions les plus diverses du globe. L’une des plus curieuses est Y Apis unicolor, Latr., qu’on trouve â Madagascar etâ l’ile Bourbon ; son miel est vert.

On rencontre dans diverses contrées de l’Amérique, au Brésil, dans la Guyane, la Nouvelle-Grenade, à 'Cuba, etc., des Insectes qui ont les mêmes mœurs que nos Abeilles; ce sont les Mélii'Ones. Elles font leurs habitations dans des creux d’arbres. Les neutres et les femelles n’ont pas d’aiguillon. Elles fournissent une cire jaune connue dans le commerce sous le nom de cire des Andaquées.

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