‹ Manuel d'histoire naturelle médicale (volume 2)Chapitre 68 sur 155 · INSECTES. — LÉPIDOPTÈRES · texte numérisé non relu

INSECTES. — LÉPIDOPTÈRES

en France, où la production annuelle de soie est en moyenne de 2500 000 kilogrammes. Sa chenille vit sur le Mûrier. Depuis quelques années, on est parvenu à élever en Fiance quelques autres Vers ù soie. L’heureux résultat est dû en grande partie à M. Guéri n-M é n cv i 1 1 e .

L’une des espèces à laquelle appartient le Bombyx Cynthia, vit en plein air sur l’Ailante ou Vernis du Japon. Elle donne une soie très-belle et très-forte connue sous les noms de soie du Nord, soie du peuple, ailantine. Elle est originaire de la Chine.

Le Bombyx Arrindia appartient à une autre espèce qui vil sur le Ricin. Elle est originaire de l’Inde anglaise.

Le Bombyx Pernyi appartient à une troisième qui vit sur le Chêne de la Chine. Elle est originaire du Japon.

Le Bombyx Polyphemus, qui vit sur les Chênes, dans l’Amérique du Nord, le Bombyx Cecropia, originaire du même pays, mais qui vit particulièrement sur les Pruniers, le Bombyx Mylitta, des Indes, qui est polyphage, ont fourni, dans des essais récents, une soie de belle qualité. 11 est un grand nombre d’autres Bombyx dont le cocon n’est pas estimé. Tels sont :

Le Bombyx pityocampe, qui vit sur le Pin, le Bombyx processionnaire^), qu’on voit sur les Chênes à l’état de larve, couvert de poils très-fins qu’il fait entrer dans la confection de son nid. Les larves ont reçu le nom de Chenilles urlicantes. Leurs poils contiennent de l’acide formique. Ils déterminent sur la peau de l’homme une démangeaison, une éruption semblables à celles que produisent les piqûres d'orties. Le contact n’est pas . nécessaire, il suffit de se trouvera peu de distance des chenilles ou de leurs nids. Les poils excessivement légers sont amenés sur la peau par les courants d’air. On a conseillé, comme traitement, des frictions répétées avec du persil. Les anciens, selon Dioscoridc, employaient ces chenilles pour faire des sinapismes.

Les Pyrai.es, dont les ailes sont en toit écrasé ou presque horizontales. Leur bord extérieur est arqué à la base, et se rétrécit vers l’extrémité libre. Leurs chenilles ont le corps nu ou fort velu. On leur a donné le nom de lordeuses, parce qu’elles enroulent la feuille des végétaux et s’en font une

(t) Ainsi nommé, parce que les larves, en changeant de domicile, sc suivent à la file les unes des autres pour aller s’établir ailleurs.

sorte de tuyau où elles vivent. On en trouve sur beaucoup d’arbres fruitiers. L’une des plus malfaisantes est la Pvralede la vigne. On la reconnaît à ses ailes supérieures d’un vert foncé, avec trois bandes obliques noirâtres. Elle pond sur les ceps de vigne, à l’automne, des œufs blancs, allongés, qui éclosent au mois de mai de l’année suivante. Les chenilles qui en sortent s’attaquent aux jeunes bourgeons, rongent les grappes naissantes et font manquer les récoltes.

Les Aglosses, dont les ailes forment un triangle aplati; les ailes supérieures n’ont point d’échancrure à leur extrémité. Les espèces les plus connues sont I’Aglosse de la graisse ( Aglossa pinguinalis, Lat.), dont les ailes sont grises avec des points noires. Sa chenille vit dans le vieux beurre, dans la graisse. On a des exemples d’accidents assez graves produits par ces Aglosses ingérées. L’Aglosse de la farine et I’Aglosse des cuirs indiquent par leurs noms les subslanees dont elles font leur nourriture.

Les Teignes, dont la plupart des espèces dévorent les étoffes et les céréales, ont les ailes en triangle ou roulées autour du corps, les antennes écartées, la tête huppée. Réaumur appelait Teignes proprement dites, celles dont les chenilles se construisent des fourreaux d’habitation qu’elles emportent avec elles, et fausses Teignes, celles dont le fourreau reste en place.

La chenille de la Teigne des tapisseries ( Tinea tapezella, Lat.) et celle des draps ( Tinea sarcitella, Fab.) vivent dans les étoffes de laine, coupent les fils avec leurs mandibules, s’en nourrissent et en forment aussi un fourreau dans lequel elles- ! subissent leurs métamorphoses. Une autre Teigne {Tinea pellionella, Lalr.) vit sur les pelleteries; la Teigne a front jaune se trouve sur les animaux des collections d’histoire naturelle. L’une des Teignes les plus nuisibles est celle desblés; on la désigne sous le nom de Teigne des grains ou Alucite des céréales. A l’état de chenille elle dévore l’intérieur des grains et se sert de l’enveloppe pour se faire un fourreau en attachant plusieurs grains à la suite les uns des autres. Lorsque les ouvriers remuent les las de blé infestés de celte Teigne, ils éprouvent bientôt des démangeaisons cuisantes sur toutes les parties du corps exposées à l’air. Doyère pense que ces démangeaisons insupportables

INSECTES. — DIPTÈRES PROPREMENT DITS, sont produites par les petites écailles ou aiguilles qui garnissent le bord des ailes. Ces écailles seraient lancées dans l’air par le remaniage du blé et viendraient se déposer sur la peau des ouvriers(l). On a conseillé, pour détruire ces insectes malfaisants, de soumettre le blé aux émanations du sulfure de carbone.

Nous sommes bien loin d’avoir épuisé la liste des Hyménoptères nocturnes; il n’est presque pas de végétal qui n’ait son papillon particulier. Nous renvoyons, pour plus amples connaissances, aux Traités d'entomologie.

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