‹ Manuel d'histoire naturelle médicale (volume 2)Chapitre 76 sur 155 · LUCILIES · texte numérisé non relu

LUCILIES

Les Lucilies faisaient aussi partie du groupe des Mouches de Linné, Robineau Desvoidy les en a séparées et leur donne pour caractères : tête déprimée; épistome assez saillant; troisième article des antennes quadruple du deuxième ; abdomen court, arrondi; ailes écartées; couleurs métalliques.

La Lucilie césar ( Luvilia Cœsiir, Rob. Des.) ou Mouche dorée a la taille de la Mouche ordinaire ou est un peu plus grande, 7 à 9 millimètres. Elle est d’un vert doré luisant avec les palpes ferrugineuses, les antennes brunes et les pieds noirs. Elle vit sur les charognes, et est très-commune. Selon Raspail (1), sa larve dévore les cadavres, même les cadavres injectés. C’est elle qui vit souvent dans les plaies des hôpitaux et les transforme en ulcères fétides.

La Lucilie iiominivore (Lucilia hominivorax, Coq.) ou mouche hominivore est plus grande que la mouche ordinaire, elle a 9 millimètres de longueur; la tête est très-large, et porte deux yeux latéraux d’un jaune marron, très-brillants, trois yeux simples sont sur le sommet ; les antennes placées l’une près de l'autre sur le milieu de la tête sont courtes, à trois articles, le troisième, beaucoup plus grand que les autres, porte à sa base et

(t) Raspail, Histoire naturelle île la entité et lie lu maladie, vol, U. p. 214

sur le côté extérieur un style dont tous les poils se dirigent en dehors (fig. 88). Toute la partie non occupée par les yeux est d’un jaune fauve garni de poils de même couleur ; le thorax est bleu avec des bandes longitutudiuales d'un bleu plus foncé à reflets pourprés ; l’abdomen est court, de la couleur du thorax et très-brillant, les bords inférieurs de chaque anneau sont plus foncés; les ailes sont incolores, transparentes, un peu brunes à la base; les cuillerons sont blancs et peu développés, les pattes sont noires.

La larve est d’un blanc opaque, longue de 14 à 1 5 millimètres et large de 3 à h ; elle est atténuée en avant et tronquée en arrière, formée de onze segments, et sa partie la plus large se trouve vers le

sixième ; la bouche présente deux mamelons dont la base porte un crochet corné très-aigu (tig. 88); les deux stigmates antérieurs sont de chaque côté du deuxième segment fig. 80. - Lajv^de Lucihe îiomi- antérieur, six autres stigmates sont

placés dans l’excavation qui termine le dernier segment, chaque segment est bordé inférieurement par un rang d’épines, excepté les huit derniers ou le rang d’épines est double sur la paroi ventrale (Coquerel).

C’est particulièrement à la Guyane que la Lucilie hominivore exerce ses ravages. Elle abonde dans les endroits malpropres et surtout les grands bois; l’odeur des charognes et des plaies semble l’attirer. Elle choisit le plus souvent les cavités nasales pour y déposer ses œufs, les larves qui en naissent « pénètrent dans les anfractuosités formées par les cornets, dans les sinus maxillaires et frontaux, s’avancent jusque dans l’arrière-gorge et même dans l’épaisseur des joues. Ces larves se nourrissent aux dépens des tissus du malheureux qui en est porteur. Quand elles ont atteint leur entier développement, ce qui a lieu ordinairement au moment où le malade succombe, quelquefois un ou deux jours avant, elles abandonnent leur proie, se répandent au dehors pour subir leurs métamorphoses ultérieures.

Fig. 88. — Lucilie liominivore.

INSECTES. — GLOSSINES, TSETSÉ. 213

Elles se transforment très-promptement en nymphes qui, après huit jours, donnent des mouches.

» Lorsque les larves séjournent dans les fosses nasales, elles produisent le gonflement de la face, du nez, des lèvres, des paupières, la teinte livide de ces parties, une douleur vive dans le pharynx, la gène extrême de la respiration et de la déglutition, des épistaxis, un écoulement séro-sanguinolenl parles fosses nasales, la bouche et quelquefois par les points lacrymaux. » Les lésions déterminées par ces larves sont presque toujours mortelles; les pansements immédiats avec la benzine ou l’essence de térébenthine sont les seuls qui, jusqu’à présent, aient amené quelques succès (1).

GLOSSINES.

Les Glossines (de ^Xûoaa, langue, parce que la trompe a la forme d’une langue) sont des Diptères chez lesquels on trouve la réunion des caractères suivants : une trompe courte, épaisse, des palpes de la longueur de la trompe, le style des antennes plumeux en dessus et en dessous.

C’est au genre Glossine que Weslwood a rapporté la mouche : si dangereuse connue en Afrique sous le nom vulgaire de Tsetsé I ou Tzetsé et qu’il a appelée Glossinia morsitans.

Elle n’est pas beaucoup plus grande que la Mouche domestique. Sa tête porte deux gros yeux composés à reflets jaunâtres et sa bouche est munie d’un suçoir filiforme, corné, ayant deux fois la longueur de la tête; les palpes égalent. la longueur du ! suçoir et lui servent de gaine; le thorax est développé, muni de poils gris et porte sur la face dorsale quatre lignes noires interrompues ; l’abdomen est un peu plus grand que le thorax, porte des taches ou des points noirâtres sur un fond jaune; les ailes sont transparentes, un peu enfumées à la hase.

La Tsetsé fait entendre un bourdonnement qui produit sur les animaux du désert l’effet que celui dos OEstrides produit sur nos animaux domestiques. Elle n’épargne pas l’homme, elle le harcelle et le pique, disent les voyageurs, à la manière des

(1) Audnuit , Thèse sur la Lucilie hominivore. Paris, 1804, n* 04.

Cousins. On affirme que sa piqûre est sans danger pour quelques animaux sauvages qui habitent les mêmes contrées qu’elle; mais les chiens, les chevaux, les bœufs piqués, meurent au bout de quelques jours et leur chair se putréfie avec rapidité (1).

STOMOXES.

Les Stomoxes (de aroy. a, bouche; èÇûj, pointu) diffèrent des Mouches en ce qu’ils ont la trompe allongée, solide et menue, le style des antennes n’est plumeux qu’en dessus seulement, le troisième article des antennes est triple du deuxième.

Le Stomoxe piquant ( Stomoxys calcitrans, Geoff.) est de la taille de la Mouche domestique avec laquelle on le confond aisément. Il est de couleur cendrée avec des palpes fauves; la face et le côté du front sont d’un blanc gris jaunâtre ; les antennes sont noires; l’abdomen porte des taches brunes, et le thorax des lignes noires.

Il est très-commun et très-incommode. On le rencontre en été et en automne; il s’attache aux jambes des bœufs et des chevaux surtout aux approches de l’orage, et les pique si fortement que le sang coule abondamment lors même que l’Insecte s’est retiré. Sa larve vit dans le fumier.

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