‹ Manuel d'histoire naturelle médicale (volume 2)Chapitre 93 sur 155 · II. Poissons cartilagineux · texte numérisé non relu

II. Poissons cartilagineux

...... , . (7 Sturoiniens. Ex.: Es-

Branchies libres, une seule paire d ouïes. . j turgeons

{Mâchoire inférieure f 8 Sélaciens. Ex.: Squales, mobile. ( Raies, Torpilles.

Mâchoires soudées ( 9 Cyclostomes.Ex.: Lamen cercle. ( proies.

Plusieurs autres classifications ont été proposées; l’une d’elles, celle de M. Agassiz, a été adoptée par plusieurs auteurs; elle est fondée plus particulièrement sur les caractères tirés de la dispo-

(1) Acanlhoptérygicns (do axavOoc, cpino, ot nTcpvyiov, petite aile). Malacoplôrygiens (de p.a),7.xo;, mou, etc.). Lopliohranches (de \ctp oç, aigrette, et Ppoty^ia, branchies). Plectognates (do ■nTtxQb;, entrelacé, et yvâOoç, mâchoire). Cyclostomes (de xvx).oç, cercle, et uropa, bouche).

sition et de la forme des écailles (l) et admet quatre ordres nui sont:

1° L ordre des Placoi'des, pour les Poissons à peau grenue, à bouclesil correspond aux Poissons cartilagineux de Cuvier, moins les Sturioniens!

2“ L’ordre des Ganoïdes, qui comprend les Plectognates de Cuvier et les Sturioniens.

3° L’ordre des Cténoïdes, qui comprend les Poissons à écailles pectinées, comme beaucoup d’Acanthoptcrygiens,

4° L ordre des Cycloides, qui comprend les Poissons à écailles à bords entiers ; il correspond à la plupart des Malacoptérygiens abdominaux.

^ De tous ces groupes, le plus élevé est celui qui est formé par les Raies, les Squales, les Chimères, etc., que les auteurs réunissent sous le nom de Sélaciens ou Plagiostcmes. Cesanimaux ont nonseulement l’encéphale plus parfait que celui desaulres Poissons, mais il l’est encore plus que celui des Batraciens; les mâlesontle plus souvent une verge, et il y a copulation, tandis que chez les autres Poissons et même chez les Batraciens, la verge manque. Leur queue est hétérocerque, c’est-à-dire formée de deux segments inégaux comme chez les Poissons de la période primaire.

On t attache encore à la classe des Poissons des êtres singuliers qui n’ont, il est vrai, aucune application thérapeutique, mais qu’il nous paraît nécessaire de mentionner. Les uns sont à peine des Vertébrés, les autres sont presque autant des Batraciens que des Poissons.

Amphioxus ou Branchiostome. — La plupart des naturalistes placent aujourd hui parmi les Poissons un animal singulier I’Amphioxus ou Bp. ANcmosTOiiE, pour lequel 1. Geoffroy Saint- Hilaire avait créé l’embranchement des Myélaires.

C’est un petit animal d’une longueur de G centimètres enviion, lancéolé, aplati, transparent, qui habite les bancs de sable et les étangs marins. Une bordure en forme de nageoire existe sur la ligne médiane du dos; sur le ventre, elle est interrompue vers le tiers postérieur, où se trouve un orifice connu sous le nom de porc abdominal. La bouche est en avant du corps, son ouverture est longitudinale, elliptique, bordée par un anneau cartilagineux et environnée de cirres.

( 1 ) Ag.issiz, On a new classif. nf Fishes , in the Edinburgh new philos, journ' 1835, p. 175. Voyez aussi Duménl, Ichthyologie analytique. 185G.

L’Amphioxus n’a pas de squelette, la colonne vertébrale est représentée par une corde dorsale fibreuse, creusée d’un canal qui s’étend de l’extrémité antérieure à l’extrémité postérieure de l’animal.

L’axe du système nerveux n’est pas sous le ventre, comme chez les Invertébrés, il remplit le canal de la corde fibreuse; c’est une moelle épinière formée de ganglions très- rapprochés, mais qui ne se renfle pas en cerveau; cinq paires de nerfs naissent à sa partie postérieure; elle est creusée elle-même d’une cavité qui en occupe l’axe.

La cavité buccale est tapissée par une membrane couverte de cils vibratiles; elle est suivie d’une autre cavité, la cavité branchiale, qui communique avecla première par une ouverture rétrécie. Au fond delà cavité branchiale, naît un tube court, étroit, ou œsophage, qui débouche dans un intestin plus large, lequel aboutit à un anus situé sous le ventre, vers le cinquième postérieur du corps. Le tube digesiif contient sur ses parois internes des cils vibratiles qui font circuler l’aliment. Le foie est rudimentaire quant à sa structure, il forme un long cæcum placé à droite de l’intestin. 11 n’y a ni vaisseaux chylifères, ni vaisseaux lymphatiques.

Le sang est incolore, les seuls globules qu’il contienne sont des globules blancs ou plasmiques. La circulation se rapproche singulièrement de celle des Annélides ; elle se fait dans de nombreux vaisseaux, mais il n’y a pas de cœur central; on voit des ■ renflements en grand nombre qui sont contractiles. Müller avait donné improprement le nom de cœur à un gros vaisseau médian qui se contracte d’arrière en avant, üe ce vaisseau partent en grand nombre de petits canaux (artères branchiales) munis de petits bulbes h leur base et qui vont se distribuer aux arcs bran- I chiaux, etc. (1).

La respiration est branchiale ; elle se fait dans la cavité buccale, cavité h laquelle on a donné le nom de boyau ou canal branchial, qui s’étend jusque vers le milieu du corps. Cette cavité est maintenue au moyen d’une charpente formée de cartilages ayant la forme de côtes et revêtus de cils vibratiles ; il en

(1) Voyez Je Qualrefogcs, in Ann. sc. nat., 1845, vol. IV, p. 208;

résulte de chaque coté de la bouche une sorte de grille composée de plusieurs traverses. Entre deux traverses voisines est une fente qui fait communiquer la cavité branchiale avec la grande cavité abdominale dans laquelle flotte l’intestin, le foie, etc. L’eau entre librement dans la bouche, de là elle est poussée par le jeu des cils vibratiles dans la cavité branchiale et baigne les arcs branchiaux dans lesquels se trouve le sang amené par les artères branchiales. C’est donc en cet endroit que se fait la respiration. L’eau passe ensuite entre les arcs branchiaux, tombe dans la grande cavité viscérale et s’échappe par le pore abdominal.

M. de Quatrefages admet que les deux points colorés qui sont à l’extrémité antérieure du corps font fonction d’yeux, qu’ils renferment un cristallin et qu’ils reçoivent un nerf optique. On a regardé comme organe olfactif une petite cupule qui apparaît en dehors entre les deux yeux.

Les Amphioxus sont unisexués, les organes génitaux sont placés dans la cavité viscérale et n’ont pas de conduit excréteur; les œufs, comme lesperme, sont expulsés par le pore abdominal.

Si l’on remarque que le sang de l’embryon des Poissons est incolore, que ce qui représente le squelette de l’Amphioxus ressemble à du tissu osseux en voie de formation, que la moelle épinière est percée d’un canal comme celle des embryons, etc., ne pourra-t-on pas émettre l’opinion que l’Amphioxus n’est qu’une larve? Les Ammocèles n’ont-elles pas été longtemps regardées comme des Poissons adultes, tandis qu’elles ne sont que des larves de Lamproies?

On sait que les organes génitaux ne se montrent bien développés chez les animaux qu’à l’àge adulte. Si l’Amphioxus n’est qu’une larve, ces organes devront ou manquer ou n’êlre que rudimentaires ; mais tous les naturalistes qui se sont occupés de ce singulier animal signalent des organes complets ; plusieurs ont vu des œufs et des spermatozoïdes caractéristiques....

Lépidosiken. — Si l’Amphioxus établit le passage entre les Invertébrés et les Poissons, le Lépidosiuen l’établit mieux encore entre les Poissons et les Batraciens.

C’est une Anguille pour la forme ; son corps est tout couvert d’écailles et muni d’une longue queue aplatie, garnie d’une nageoire membraneuse médiane. Il ne possède que deux petites

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