‹ Manuel d'histoire naturelle médicaleChapitre 1 sur 524 · Manuel d'histoire naturelle médicale · texte numérisé non relu

Manuel d'histoire naturelle médicale

Revue du groupe des Verbcnacécs, Recherche des types, organogénie, organographie, affinités, classification , description des genres. 1861-1863. 1 vol. in-4 de 186 pages avec 20 planches

gravées sur cuivre 15 fr.

Mémoire sur le groupe des Tiliacécs. 1867,1vol. in 4. 2 fr.

Anatomie et. physiologie des organes reproducteurs des

Champignons et des Lichens. 1869, in-4, avec 24 figures intercalées dans le texte et 2 planches gravées sur cuivre. 2 fr. 50

La Vie des plantes. 1869, in-18 jésus ( Bibliothèque des merveilles) 2 fr.

Paris. — Imprimerie de Iî. Martinet, rue Mignon, 2.

NUTRITION

Les bourgeons non ouverts et les organes colorés, en général, exhalent plus d’acide carbonique au soleil qu’à la lumière diffuse.

La quantité d’oxygène exhalé par les organes verts, au soleil, ne correspond pas à la quantité d’acide carbonique absorbé dans l’air; elle est plus considérable; ce qui indique qu’une certaine quantité d’acide carbonique est empruntée au sol par les racines (Vogel et Witwer).

La faculté respiratoire varie, pour chaque plante, avec son âge, avec la saison, avec son exposition, avec la chaleur, etc. Elle paraît être en rapport avec le nombre des stomates.

Des faits précédents, il faut conclure que l’air des appariements est vicié quand on y cultive des plantes, non-seulement par la présence des fleurs, mais aussi par celle des feuilles qui y reçoivent rarement les rayons solaires.

11 faut aussi conclure que les plantes cultivées dans l’obscurité, que celles sur lesquelles on empêche l’arrivée de l’air atmosphérique, n’absorbent pas d’acide carbonique. Ces sortes de plantes ne développent pas de chlorophylle; elles ne sont jamais colorées en vert; on a appelé étiolement ce résultat qu’amène la privation de lumière. Voilà pourquoi certaines salades d’hiver cultivées dans les caves ne sont pas vertes; voilà pourquoi les touffes de salade et de chicorée cultivées en plein champ, mais liées, ne sont jamais vertes au centre; ces plantes n’étant pas placées dans des circonstances favorables à la transpiration, contiennent ordinairement une forte proportion d’eau.

Il est certain que les phénomènes de transpiration et de respiration doivent modifier considérablement les liquides puisés par la plante, mais ces modifications sont loin d’être parfaitement connues. On a appelé sève élaborée la sève ascendante qui a été soumise à l’action de la transpiration et de la respiration, et, comme on a supposé que cette sève, élaborée dans les feuilles, descendait entre l'écorce etle bois jusque dans les racines, on I a appelée aussi sève descendante. La théorie de la sève descendante est loin d être confirmée par les faits. Les expériences telles que la décortication annulait'?, la ligature, les greffes, etc., qui semblaient lui donner gain de cause, n’avaient été envisagées qu’à un seul point de vue. Ce que les faits mieux examinés semblent bocouillon. 37

PHANÉROGAMES OU EMBRYONNÉES.

indiquer, c’est, que la sève, qu’elle quelle soit, riche ou pauvre en sucs nourriciers, se porte vers les points dont l’accroissement est nécessaire : tantôt elle s’y emmagasine pour l’évolution future des bourgeons ; tantôt elle s’écoule peu il peu vers les endroits où les besoins de la végétation se font sentir. On ne peut regarder comme sève descendante élaborée celle qui est si abondante dans la zone d’accroissement, au premier printemps, car, à cette époque, les feuilles ne sont pas encore nées et n’ont pu, par conséquent, être le siège de l’élaboration ; cependant cette sève est déjà le siège de phénomènes vitaux qui ont pour but la formation de nouveaux tissus.

Ce qu’on a appelé la circulation dans les plantes est loin de ressembler à la circulation des animaux élevés en organisation ; elle n’a pas de centre organique d’impulsion et peut se faire dans tous les sens. On rapporte à ce phénomène la marche de la sève. Ce liquide, avons-nous dit plus haut, passe du sol dans les racines, et, au premier printemps, alors même que les plantes n’ont pas de feuilles, monte par tous les tissus dans l’intérieur de la plante, pour se répandre ensuite dans tous les endroits où les besoins de la végétation se font sentir. C’est là ce que M. Trécul appelle la grande circulation (1). Selon cet habile anatomiste, le liquide qui se trouve dans les vaisseaux laticifères étant formé « de substances peu propres à l’assimilation immédiate», peutêtre comparé au sang veineux des animaux, et les vaisseaux qui le contiennent peuvent être assimilés aux veines; le suc propre passant ensuite dans les vaisseaux spiraux, réticulés, rayés et ponctués, comparables aux artères, s’y élabore avec l’oxygène de l’air et prend les qualités dont il a besoin pour concourir à la multiplication ulriculaire. On peut encore rapporter à la circulation ce mouvement particulier des granules qui se trouvent dans chaque cellule, mouvement connu sous le nom de rotation, que Costi découvrit le premier dans les cellules de Chara (1772).

Chaque plante agit à sa manière sur le suc qui circule dans ses tissus et prépare des substances particulières qui cheminent dans le végétal, qui s’amassent dans les espaces intercellulaires ou dans des réservoirs particuliers. Ces substances, qu’on peut

(t) Ti’écul, Comptes rendus de l'Institut, XLV, p. 402.

NUTRITION

regarder comme le résultat de sécrétions, ont été énumérées pour la plupart (page 520 et suivantes) ; c’est à elles que la thérapeutique emprunte ordinairement ses agents végétaux.

Le liquide nutritif introduit dans les plantes peut également s’amasser dans les différentes parties du végétal et constituer autant de réservoirs nourriciers ; il s’amasse aussi à l’aisselle des feuilles et subit, sous l’influence des agents extérieurs, et particulièrement sous celle de la chaleur, une élaboration qui le rend propre à devenir du tissu végétal. Cette matière capable d’être assimilée constitue ce qui est connu sous le nom de protoplasma on de cambium.

Théories sur l'accroissement des plantes,

l'n grand nombre de théories ont été proposées pour expliquer la formation du tissu qui augmente le diamètre des plantes dicotylédonées. Selon les unes, le tissu se forme sur place, à l’endroit qu’il occupera toujours; selon les autres, le tissu se forme successivement de haut en bas.

Les partisans de la formation sur place sont : Malpighi, qui admet que les arbres s’accroissent en diamètre par la transformation du liber en aubier ; Grew, qui pense que les libres qui doivent constituer le nouveau cercle ligneux se développent dans le parenchyme cortical ; Haies, qui admet que les nouvelles couches ligneuses sont formées par celles qui existaient déjà; Duhamel, qui admet que la couche la plus intérieure du liber se convertit en bois, quoiqu’il y ait apparence que cette couche ne soit pas de même nature que les autres couches corticales; Knight, qui affirme que l’écorce ne se change pas en aubier, que les vaisseaux sont formés dans une masse celluleuse molle qui devient le futur aubier ; pour cet observateur, le liquide qui forme la masse celluleuse est apparemment sécrété par 1 écorce; Kiescr, qui admet que les libres et les vaisseaux sont, formés par le cambium; de ülirbel, qui de 1802 à 1S 15, professe que le bois est une transformation du liber, que, le cambium, mucilage qui sort de l’écorce et du bois et qui est un tissu fluide comme le sang est une chair fluide, produit chaque année un nouveau liber, dont le tissu cellulaire, se portant vers la eircon-

Page 1