MUSCADIER
bres, ovales, elliptiques, aiguës à la base, acuminées au sommet; les nervures latérales sont au nombre de huit, neuf, sur chaque côté. L’androcée se compose de neuf à douze étamines. L’arille est laciniée, entoure la graine ou Muscade, est d’abord d’un beau rouge, puis, avec la dessiccation, elle devient jaune-orange, fragile, d’aspect corné. Dans le commerce, on appelle Muscade royale , Muscade femelle, la Muscade la plus grosse, dont le macis dépasse le sommet de la graine. On appelle Muscade verte. Muscade mâle ou sauvage, la petite Muscade dont le macis n'atteint pas le sommet de la graine. On extrait de la Muscade et de son arille deux huiles; l’une fine, jaune, presque solide, qui a reçu les noms d’huile de macis, baume, beurre de Muscade; l’autre, volatile, appelée V huile de Muscade. Le macis et la Muscade sont employés comme toniques et stimulants; Ja dernière est usitée comme condiment.
Le Muscadier a suif (A/, sebifera, Sw.; Virola sebifera, Aubl.) atteint aussi 10 à 12 mètres de haut. Il croît à la Guyane. Ses feuilles sont tomenteuses, ovées, aiguës, cordées à la base et présentent de douze à dix-huit nervures latérales. Les fleurs mâles n’ont ordinairement que six étamines. L’arille est grise. Il sort des entailles faites au tronc une matière rouge, âcre, employée à Cayenne pour guérir les aphthes et pour calmer les douleurs dans les caries dentaires. Les graines donnent une huile jaunâtre, épaisse, qui sert â faire des bougies et du savon.
Parmi les autres Muscadiers qui fournissent quelques produits employés, on peut encore citer : le M. ofjicinalis, Mart., et le M. bicuhyba, Schott., qui croissent au Brésil et dont l’arille est tiès-aiomatique; le M.spurta, BL, du Japon, qui, au moyen d incisions laites sur son tronc, fournil une matière rouge employée à la manière du sang-dragon; le M. ou Pyrrhosatingens, BL, dont le macis rouge sert aux habitants d’Amboine pour là coloration de leurs dents. On a trouvé récemment au Gabon un grand nombre de Muscadiers dont les graines donnent une matière grasse analogue au suif; les bois servent à faire des pirogues, des crayons; la sève donne du kino, suc astringent.