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POIVRE

Le genre Poivre (P/per, L.) comprend des Pipéracées â fleurs hermaphrodites ou didines, placées à l'aisselle d’une bractée oblongue, sessile, décurrente. Les fleurs mâles sont le plus souvent composées de deux étamines latérales, à anthères réniformes. Les fleurs femelles sont réduites à un ovaire sessile, sur-

l'ÜIVKË.

monté d’un stigmate- également scssile, à trois, quatre ou cinq courts filaments. Les Heurs hermaphrodites réunissent les organes des fleurs mâles à ceux des fleurs femelles; les filets des étamines sont plus courts que l’ovaire. Le fruit est une baie. Les Poivres sont des arbrisseaux grimpants, originaires des Indes- Orientales et de l’Archipel Indien, à feuilles alternes et stipulées.

Le Poivre noir [P. nigrwm, L., P. aromalicum, Poir.) est un arbuste grimpant, à tige noueuse, originaire des Indes orientales, mais on le trouve à Java, à la Guyane, au Brésil, etc., dont les feuilles sont glabres, coriaces, les inférieures arrondies, ovées, avec 7-9 nervures partant de la base, les supérieures elliptiques, avec 5-7 nervures. Les chatons femelles et les épis hermaphrodites sont filiformes. Les étamines sont au nombre de deux et latérales, courtes. Les haies, séchées au soleil, sont sphériques, noires, ridées, de la grosseur d’un petit pois, et constituent le Poivre noir. Ces mêmes baies mondées, privées de leur péricarpe, constituent le Poivre blanc. Les fruits du Poivre contiennent, entre autres substances, un principe azoté, neutre, cristallisable, le Pipérin (C68II38Az2Üa). On les utilise comme condiments. Le Poivre pris en petite quantité facilite la digestion, il devient dangereux s’il est absorbé en trop grande quantité. Aux Indes orientales, en emploie le Poivre contre les paralysies de la langue, du voile du palais ; on l’unit à de l’eau-de-vie et on l’administre contre les fièvres intermittentes. Le Poivre blanc est moins âcre que le Poivre noir.

Le Poivre trioïque (P. trioicum, Roxb.) habite les memes contrées que le Poivre noir ; il se distingue de celte espèce par ses inflorescences qui sont des chatons mâles ou femelles, ou consistent en épis de fleurs hermaphrodites. Les feuilles sont oblongues, lancéolées, avec 5-7 nervures; la médiane se ramifiant. Le fruit a les propriétés de celui du Poivre noir, il passe même pour être plus âcre.

Plusieurs autres espèces sont usitées dans les pays où elles croissent et ont les propriétés du Poivre noir; telle est le Piper sylvestre, Larnk, des îles Maurice et Bourbon.

UOCQUILLON.

DICOTYLÉDONÉtS.

GUBÈBE.

Le genre Cubèbe ( Cubeba , Miq.) comprend des Pipéracées • dioiques, à fleurs sessiles, disposées en chatons solitaires opposilifoliés, placées isolément il l’aisselle de bractées oblongues, sessiles. Les fleurs mâles sont composées de deux étamines latérales, à fdet articulé et â anthères globuleuses, biloculaires. Les fleurs femelles ont un ovaire sessile, ové, surmonté de trois ou cinq stigmates triangulaires récurvés, couverts de poils roides. La baie est globuleuse, comprimée à la base et pédicellée. Les Cubèbes sont des arbrisseaux grimpants des Indes orientales et de l’Afrique australe. Les feuilles sont alternes, accompagnées de deux stipules latérales.

Le Cubèbe officinal [C. officinalis, Miq., piper Cubeba, L., , I\ caudatum, lloutt.), ou Poivre à queue, est un arbrisseau 1 1 grimpant originaire de Java, mais cultivé aux Indes, à 1 ile Maurice, en Amérique, etc. Les feuilles sont glabres; les inférieures ■ ovées, brièvement acuminées, les supérieures oblongues, plus • petites, arrondies à la base ; les feuilles des pieds femelles présentent, en général, plus de nervures que celles des pieds | mâles.

La baie qui se trouve dans le commerce sous le nom de Cubèbe se distingue facilement du Poivre noir par son pédoncule, . parles nervures saillantes qui descendent sur ce pédoncule, par sa couleur gris pâle, par son volume souvent plus considérable. I On extrait du Cubèbe un principe particulier, le Cubébin (C34ll17Ol0) et une huile volatile. Le Cubèbe est employé contre les blennorrhagies.

On trouve aussi parfois, dans les drogueries, sous le nom de Poivre à queue, les baies noires, elliptiques, surmontées d’une pointe, qui sont fournies par le Cubeba canina, Miq. ou Piper caninurn, ltumpli., plante qui croît dans les forêts humides et les finis montueux de Java, de Bornéo, de Sumatra, etc.

C1IAYICA.

Les CilAViCA [Chaoica, Miq.) sont des plantes dioiques comme

CHAVICA.

les Cubèbes et n’en diffèrent guère, ;i première vue, que par les bractées des (leurs qui sont, non sessiles, mais pédicellées, peitées ; les ovaires n’ont pas de stigmates ou en ont de sessiles. Les chatons femelles sont très-denses. Les baies mûres sont sessiles et restent sur l’inflorescence. Les Chavica sont originaires des parties tropicales de l’Asie.

Le Chavica officinal [C. officinarum, Miq., Piper longum, L., Rumph.), ou Poivrelong, est un arbrisseau ou un arbre grimpant des îles de la Sonde, des Philippines, propagé aux Indes orientales et dans tout l’Archipel indien. Les feuilles sont alternes, coriaces, elliptiques, lancéolées, partagées en deux segments inégaux, dont l’un s’avance plus que l’autre sur le pétiole, la nervation est pennée. Les bractées sont claviformes et enchâssent les fruits. Son ovaire est glabre et porte trois stigmates. Le Chavica officinal ou Poivre long des officines se distingue facilement du Poivre noir et du Cubèbe, il consiste en un petit cylindre roux grisâtre, qui n’est autre chose qu’une portion de chaton femelle muni de ses fruits mûrs. Les fruits de cette plante sont encore plus âcres que ceux du Cubèbe.

On désigne encore sous le nom de Poivre long les inflores- : cences frucliflées du Chavica be Roxburgh ( C . Boxburghn, Miq., Piper longum, h., P. longum orientale, Bauh.), qui habite le Ben- I gale et dont les feuilles sont cordées, un peu décurrentes â la base, aiguës au sommet, à cinq nervures réticulées, dont le cha- | ton mûr est rougeâtre.

Le Chavica Bétel (C. Belle, Miq. ; Piper Bctle, L.), ou Poivre '• Bétel, estoriginaire des îles de la Sonde, mais cultivé dans toute l’Asie orientale. Les feuilles sont alternes, glabres, partagées par la nervure médiane en deux segments inégaux à la base ; elles son! s légèrement cordées, aiguës au sommet, parcourues par sept ou neut nervures. L’ovaire est surmonté de cinq, six stigmates. Les chatons femelles sont courts, longuement pédoncules. Le Chavica fj Bétel est employé aux Indes orientales pour diminuer la sécrém lion delà sueur. Les feuilles mélangées avec la noixd’Aree et de Pi chaux constituent un masticatoire usité dans les contrées mé- P ridionales de l’Asie.

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