‹ Manuel d'histoire naturelle médicaleChapitre 166 sur 524 · TAMARINIER · texte numérisé non relu

TAMARINIER

Le genre Tamarinier (: Tamarindus , L.) comprend des plantes a fleurs irrégulières, â réceptacle floral plan. Les sépales sont au nombre de quatre, presque égaux, disposés en préfloraison imbriquée. La corolle est polypétale, trois pétales seulement sont bien développés, inégaux et disposés en préfloraison imbrifluée. L’androcée est réduit à trois étamines fertiles dont les fdets sont infléchis au sommet pendant la préfloraison, et les anthères basculantes, biloculaires et introrses. L’ovaire est unilo- < ulaire, allongé, terminé par un court style recourbé en crochet.

D1C0TYLÉD0NÉES.

Le fruit est line gousse indéhiscente, ordinairement allongée, bosselée au niveau des graines, pulpeuse, polysperme, à loges séparées par des cloisons. Les graines n’ont pas d’albumen, leur embryon a une radicule courte, droite, incluse. Les feuillessont pari-pennées, accompagnées de petites stipules caduques.

Le Tamarinier de l’inde (T. indica, L.) est un arbre originaire de l’Afrique tropicale, qui a été répandu dans tous les pays chauds. Les feuilles sont alternes, composées-pennées, comprenant 10 à Z|0 paires de folioles opposées, petites, elliptiques, partagées par la nervure médiane en deux parties inégales à la base. Les fleurs sont disposées en grappes. La gousse ou Datte de l'Inde est longue de 10 à 15 centimètres, un peu aplatie, marquée ;i la surface d’étranglements peu profonds, terminée au sommet par une pointe courte. Elle est remplie d’une pulpe rougeâtre qui devient d’un brun noir lorsqu’elle est desséchée; on l’emploie comme refraîchissante ou comme purgative sous le nom de pulpe de tamarin. Les Arabes, les Turcs, en garnissent les parois de leurs calebasses, lorsqu’ils se disposent il voyager dans le désert.

IIYMÉNÉE.

Le genre Hyménée ( Hymenea , L.) comprend des plantes dont les fleurs sont hermaphrodites et ont le réceptacle concave ; elles sont ordinairement accompagnées de deux bractées latérales imbriquées sur la fleur pendant la préfloraison. Le calice se compose de cinq sépales presque égaux, en préfloraison imbriquée. La corolle est formée de cinq pétales alternes, égaux, en préfloraison quinconciale. L’androcée se compose de dix étamines libres, fertiles; cinq sont superposées aux sépales et cinq aux pétales ; les filets sont infléchis dans la préfloraison. L’ovaire est attaché au fond de la coupe réceptaculaire, uniloculaire, surmonté d’un long style infléchi, ;i tète stigmatifère. Le fruit est une gousse indéhiscente, pulpeuse, contenant une série longitudinale de graines sans albumen, munies d’un embryon à radicule droite, incluse. Les feuilles sont bi-foliolées, munies de stipules latérales caduques.

L’IIyménée courbaril [II. Courbaril, L.) est un arbre de l'Amérique méridionale. Ses feuilles sont alternes, formées de deux

COPAYER.

folioles semblables, ovées, aiguës au sommet, partagées eu deux segments inégaux par la nervure médiane Les inflorescences consistent en cymes très-ramifiées. La gousse est grande, presque cylindrique et renferme cinq ou six graines épaisses, plongées dans une pulpe jaunâtre. Il découle du tronc une résine d’un blanc jaunâtre, farineuse à la surface, transparente il l'intérieur, d’une odeur aromatique, à laquelle on a donné les noms d e Résine animé occidentale, Animé tendre d’Amérique, Copal d’Amérique, Copal tendre. Selon la manière dont elle est récoltée et le pays qui la produit, cette résine présente des formes dissemblables; elle constitue dans les drogueries Y ambre blanc de Cayenne, du Brésil, V Animé tendre de Hollande, etc. Le bois, qui est de couleur rouge brun uniforme, estjrès-estimé pour sa solidité.

L’IIyménée VEimuQUEUSE (H. verrucosa, Gærtner), originaire de l’île de Madagascar, se distingue particulièrement de l’espèce précédente par ses fruits couverts de verrues et par ses folioles marquées de nervures saillantes. Il découle de son tronc une résine qui, extérieurement, ressemble assez au succin et qui est connue sous les noms de Copal d’Orient, de Madagascar, Copal dur ou demi-dur. Selon que ce copal est revêtu de la couche opaque, friable, qu’il doit à son exposition à l’air ou à l’humidité, ou qu’il est dépouillé de cette couche, il est dit de Bombay dans le premier cas ut de Calcutta dans le second. Le Copal d’Orient est la base de plusieurs vernis.

• COPAYER.

Le genre Copayeh (Copaifcra, L.) comprend des Légumineuses dont les fleurs se distinguent facilement de celles des Césalpiniées précédentes. Le calice se compose de quatre sépales égaux, disposés en préfloraison valvaire. La corolle manque. L’androcée se compose de huit étamines, sur deux vertieilles, ou en nombre indéfini. L’ovaire est globuleux, uniloculaire, bi-ovidé, surmonté d’un style infléchi. Le fruit est coriace, aplati, piriformc, indéhiscent et monosperme. La graine est suspendue au moyen d’un funicule, garnie d’une arille qui la recouvre en partie et ne renferme pas d’albumen. La radicule est courte, droite,

BOCQIJIM.OII. [\ 8

incluse. Les feuilles sont composées, impari-pennées et les stipules très-petites.

Le Copayer officinal (C. ofpcinalis, Jacq.) est un arbre de l’Amérique tropicale, dont les feuilles sont alternes et comprennent trois à huit folioles h court pétiolule, ovales, acuminées, lisses. Les inflorescences sont axillaires et consistent en longues grappes ramifiées. Lorsqu’on fait un trou dans le tronc du Copayer officinal, pendant l’été, il s’en échappe une sorte de térébenthine limpide et incolore à laquelle on a donné le nom de Copahu, baume de Copahu, qui s’épaissit et jaunit sous l’influence de l’air. Elle contient une résine particulière, une huile essentielle et de l’acide copahidique. L’odeur de ce produit est pénétrante, la saveur en est amère, désagréable. Le copahu est employé avec succès contre la diarrhée et particulièrement contre les blennorrhagies.

Plusieurs autres espèces de Copayers donnent aussi du Copahu ; ce sont, entre autres, le Copayer de la Guyane ( C . guyanensis, Desf.), le Copayer deMartius [C. Martii, Hayn.), le Copayer de Seli.ow (C. Sellowii, Ilayn) qui croissent au Brésil, etc., etc. On distingue, dans le commerce, trois sortes de Copahu : 1° Copahu ordinaire ou du Brésil ; 2° celui de Cayenne, qui est rare ; 3° celui de Colombie.

- Beaucoup d’autres Césalpiniées fournissent aussi des produits importants. Nous citerons, entre autres : Le Melanoxylon brauna, Schott., qui passe' pour fournir V ébène noire de Brésil ou de Portugal, bois brun foncé, marqué de lignes violettes.

Le Parlcinsonia aculeata, L., de l’Amérique méridionale, dont l’écorce est employée comme fébrifuge.

Le Bauhinia variegata, L., arbre de Malabar, dont les racines et les tiges sont vermifuges.

Le Bauhinia porrccta, Sw., de l'Amérique. tropicale, qui fournit le bois à barrique ou de la Martinique.

Le Brownea coccinea, L., de l’Amérique méridionale, qui fournit le bois rose de Vénézuela, dont les feuilles sont employées comme émollientes et les fleurs comme laxatives.

L 'Aloexylon Agallochum, Lour., de Cochinchine, dont le bois est l’un de ceux qui portent en droguerie les noms de bois d’aigle, de Calambac, d 'Aloès. Selon Endlicher, il constitue le

ANAGYRIS.

bois d’Aloès vrai. Le centre du tronc contient en abondance des matières oléo-résineuses réunies par fragments et qui exhalent une odeur suave. Le bois, réduit en poudre, est usité en Orieut contre les diarrhées, les vomissements et comme stimulant, etc.

Le Guilandina Bonduc, L., ou Bonduc ordinaire, plante asiatique cultivée en France, donne des semences amères appelées Œil-de-chat, qui fournissent une huile inodore ne rancissant pas.

Le Guilandina Bonducella, L., ou Bonduc rampant de l’Inde passe pour avoir une écorce et des graines antifébrifuges. Aux Antilles, les graines réduites en poudre sont employées comme vésicantes.

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