GOMART
Le genre Gomart ( Bursera , Jacq.) comprend des plantes qui diffèrent des Boswellies par leurs fleurs polygames. Les fleurs • mâles sont pentamères et les fleurs femelles ou hermaphrodites trimères. La préfloraison du calice, comme celle de la corolle, est valvaire. L’androcée est diplostémone. L’ovaire renferme ordinairement trois loges. Le fruit est une drupe à un, trois noyaux monospermes attachés à la columelle centrale. Les cotylédons sont contortupliqués, non divisés. Les feuilles sont imparipennées. Les inflorescences sont des grappes de cymes axillaires ou terminales.
Le Gomaht porte-gomme (B. gummifera, L.), des Antilles, de la Guyane, du Mexique, fournit la résine de Gomart, et passe pour donner les résines èlémi, tacahamaque jaune terne, tacahamaque de Guatemala, chibou.
BALSAMODENDRON.
Le genre Balsamodendron ( Balsamodendrum , Ktlil comprend des plantes polygames, à réceptacle floral légèrement concave et à ovaire libre. Les fleurs sont tétramères ; les divisions du calice et les pétales sont en préfloraison valvaire; les étamines sont périgynes. L’ovaire est. bi- ou triloculaire. Le fruit est une drupe à un, deux, trois noyaux monospermes, déhiscente par division du sarcocarpe. Les Balsamodendrons se rencontrent aux Indes orientales, dans l’Afrique australe et tropicale. Leurs feuilles sont imparipennées, et les inflorescences sont descymes terminales ou axillaires.
BALSAMODENDRON.
Le Balsamodendron d’Afrique (B. africanum, Arn., Ileudelotia africana, Ricli.) croît en Abyssinie, en Sénégambie, etc. Ses rameaux sont épineux ; ses feuilles sont trifoliolées, à folioles obovées, irrégulièrement dentées. Cette espèce fournit, au moyen des cellules vivantes de son écorce, le bdellium d’Afrique, gomme-résine qu’on trouve dans le commerce en grosses larmes ovoïdes, gris jaunâtre ou verdâtres, demi-transparentes, à cassure roussàtre, à saveur amère et odeur sui generis. C’est un excitant peu usité.
Le Balsamodendron de la Mecque (B. Opobalsamum, Kth, B. gileadense, DC., Amyris Opobalsamum, Forsk., A. gileadensis, L., Proliurn gileadense, AV. et Arn.), ou Baumier blanc , de Judée, de Gilead, d’Égypte, du Grand-Caire, de Constantinople, Térébenthinier de Judée, est un arbre d’Arabie, d’Éthiopie, de l’Inde. Les feuilles sont trifoliolées, â folioles dissemblables; la terminale est ovale, les latérales sont obovales, insymétriques. Le suc épais, aromatique qui sort de l’écorce incisée ou non incisée de l'arbre constitue Y opobalsamum, ou baume de la Mecque, du Caire, de Judée. Le œylobalsamum des anciens était constitué par le bois des jeunes branches ; le carpobalsamum en était les fruits. Le baume, ou mieux la térébenthine de la Mecque, dont on a vanté autrefois les propriétés merveilleuses, n’est plus usité chez nous aujourd’hui.
Le Balsamodendron porte-myrrhe (B. Myrrha, Nees) est un petit arbre de l’Arabie et des Indes orientales. Les rameaux sont terminés en épine. Les feuilles sont rapprochées sur de courts rameaux, trifoliolées, à folioles inégales arrondies, obtuses, entières ou dentées; les deux latérales sont plus petites ou même rudimentaires. L’écorce laisse exsuder la gomme-résine appelée la myrrhe. Celte substance est sous forme de larmes demi-transparentes, rougeâtres, à cassure vitreuse, à odeur aromatique, agréable, â saveur âcre, amère, résineuse. Elle est tonique, excitante et sert au pansement des ulcères; elle entre dans la composition de l’élixir de Garus, du baume de Fioravanli, etc.
Le Balsamodendron de P.oxburgu ou Agalloche {B. Boxburghii, Arn., B. Agallocha, W. ctArn., Amyris Commiphora, Hoxb., A. Agallocha, Itoxb., Commiphora madagascariensis, Jacq.), ou Googool, Googid, Googula du Bengale, a les feuilles souvent bocquillon. 56.
réduites à une foliole; il fournit le bdellium de l'Inde ou myrrhe de l'Inde, qui est en masses noirâtres ou en larmes ovoïdes, jaune brunâtre.
Le Balsamodendron Mukul (/>. MuJcul , Ifook.), des Indes orientales, ne diffère de l’espèce précédente que par les trois folioles presque égales de chaque feuille ; il fournit le bdellium de l’Inde.
Enfin, les Balsamodendrum Kataf, Kth, ou Protium Kataf , W. et Arn., B. pubescens, Ilook., fournissent aussi des substances médicamenteuses.
Beaucoup de plantes appartenant aux genres Marignia, Commers., lcica , Aubl., présentent entre elles des différences spécifiques plutôt que génériques ; elles ont été rapportées au genre Bursera par MM. Bentham et Ilooker, et au genre Protium, W. et Arn., par M. Marchand. V lcica altissima, Aubl., ou Iciquier Cèdre, fournit la gomme car ana blanche \ 17. Carana, Aubl., donne, dit-on, la résine carana brune ou d’Orïnoco ; 17. enneandra ou decandra, Aubl., donne le chipa, oléo-résine employée comme l’encens dans les églises; 17. Aracouchili donne la résine aracouchili ou alouchi, employée comme topique ; 17. Tacamahaca, H. B. Iv., donne de la résine tacamahaque ; 17. guianensis, Aubl., donne la résine tacamahaque incolore et l’encens de Cayenne; 17. Icicariba , 1)C., donne Vélémi d’Amérique, du Brésil ; le Marignia obtusifolia, Connu., donne la colophane bâtarde.— On cite aussi le Canarium Mauritianum, ou Bursera paniculata, Link, de l’île de France, comme donnant la résine, de Madagascar â odeur de camphre; le C. commune, L., comme donnant une gomme-résine ayant les propriétés du copahu; VElaphriumî tomentosum, Jacq., comme fournissant la résine tacamahaque de l’Amérique.
AMYRIS.
Le genre Amyris (Amyris, II.) est, pour un certain nombre de botanistes, le type de la petite famille des Amyridées, qui différerait principalement des Burséracées, en ce que ses représentants auraient un ovaire uniloculaire, avec un placenta unique portant deux ovules anatropes, descendants, à micropyle supérieur et externe. Les fleurs des Amyris sont tétramères, â divi-
ANACARDIER.
sions du calice et à pétales imbriqués. Le fruit est une drupe ii noyau monosperme. Les feuilles sont composées-pennées.
L’Amyris a baume [A. balsamifera, L., A. toxifera, W.), des Antilles et de la Caroline, exhale une odeur forte ; on la regarde comme vénéneuse. L’Amyris des forêts (A. sylvatica, Jacq.), des Antilles, donne le bois de citron du commerce.