‹ Manuel d'histoire naturelle médicaleChapitre 307 sur 524 · RICIN · texte numérisé non relu

RICIN

Le genre Ricin (. Ricirms , T.) comprend des plantes monoïques. Les fleurs mâles ont un calice gamosépale de cinq divisions disposées en préfloraison volvaire. La corolle manque. Les étamines sont groupées en nombreux faisceaux : les uns opposés aux divisions du calice; les autres alternes, formant dans le centre de la fleur adulte une colonne multidivisée, à divisions partagées en filets grêles, terminés par une anthère biloculaire et extrorse à déhiscence longitudinale. La fleur femelle a le calice de la fleur mâle et un ovaire sessile à trois loges uniovulées. Le fruit est une capsule à trois coques lisses ou épineuses. Les graines ont la surface mouchetée et une caroncule volumineuse. Les Ricins sont des arbres ou arbrisseaux â rameaux fisluleux, à leuilles alternes, dont le pétiole porte à la base deux stipules adnées, et le limbe est ordinairement palmé ii divisions inégalement dentées. Les inflorescences sont en grappes de | cymes terminales; les fleurs mâles sont souvent placées audessous des fleurs femelles.

Le Ricin commun (/?. communis, L.) est une plante qui est h annuelle dans notre pays et dont la lige s’élève â une hau- I teur de 2 à g mètres. Les feuilles sont alternes, longuement

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pétiolées, à limbe palmé et à lobes dentelés. Les capsules sont garnies de piquants. Les graines renferment un albumen oléagineux dont on tire l’huile de llicin ou huile de Palma-Christi, soluble dans l’alcool et employée comme médicament purgatif. Ces graines ont quelque ressemblance avec un coléoptère dont la tête serait représentée par la caroncule. Celles dites ricins de France sont petites, pâles, à marbrure peu prononcée ; celles dites Ricins d’Amérique sont beaucoup plus grosses, foncées, ù marbrure prononcée ; celles dites Ricins du Sénégal ont le volume des Ricins de France et la couleur des Ricins d’Amérique.

JATROPHA.

Le genre Jatropha ( Jatropha , L.) comprend des plantes à fleurs monoïques. Les fleurs mâles ont un calice gamosépale ;i cinq divisions en préfloraison quinconciale ; une corolle composée de cinq pétales alternes, disposés en préfloraison tordue; un disque de cinq glandes superposées aux sépales ; dix étamines sur deux verticilles ; cinq plus extérieures et plus petites superposées aux pétales, cinq plus grandes et plus internes superposées aux divisions du calice; les filets sont monadelphes à la base seulement; les anthères sont biloculaires, extrorses lors de l’anthèse (les anthères des petites étamines sont introrses dans le bouton). Les fleurs femelles ont le calice, la corolle, le disque des fleurs mâles, dix staminodes et un ovaire à trois loges monospermes, surmonté d’un style à trois divisions stigmatiques bifurquées. Le fruit est tricoque, â coques monospermes, bivalves. Les feuilles sont alternes, palminervées, stipulées. Les inflorescences sont axillaires ou terminales et consistent en cymes dont les fleurs femelles sont au centre et les fleurs mâles il la périphérie.

Le Jathopua a feuilles de Cotonnier (/. gossypifolia, L.), ou Médicinier sauvage, est un arbrisseau de l’Amérique tropicale, à feuilles cordiformcs, partagées en trois ou cinq lobes actionnés, finement dentés. Les fruits sont arrondis. Les graines ont une grande ressemblance avec celles du Ricin, mais ne portent pas l’écusson caractéristique de ces dernières. Files sont

MANIHOT.

usitées comme purgatives sous le nom de semences de Médicinier sauvage.

Le Jatropha multifide (J. multifida, L .), ou Médicinier multifide, est un arbrisseau de l’Amérique méridionale. Il se distingue facilement de l’espèce précédente par ses grandes feuilles partagées en neuf lobes profonds. Les fruits atteignent la grosseur d’une noix, et contiennent trois graines grosses comme des avelines, anguleuses du côté de leur insertion, purgatives, connues sous le nom de semences de Médicinier multifide.

MANIHOT.

Le genre Manihot ( Manihot , Plum., Janipha, KL), autrefois confondu avec le genre Jatropha, diffère de ce dernier en ce que ses fleurs n’ont pas de corolle, que les étamines ont les filets libres, que les anthères sont introrses, et que le disque est central.

Le Manihot comestible [M. utilissima, Pohl, Jatropha Manihot, L.), ou Manioc, est un arbrisseau de l’Amérique méridionale, dont les feuilles sont alternes, palmées, à cinq lobes lisses, lancéolés, entiers. Toute la plante contient un suc vénéneux. Les racines sont fasciculées, renflées, volumineuses, et contiennent, avec le suc vénéneux qui est volatil, destructible par la fermentation, une grande quantité de fécule à grains polyédriques ou monosphériques, qui constitue la farine alimentaire de Manioc. Cette farine prend, selon la préparation qu’elle a subie, les noms de couaque, de cassave, de moussache ou cepipa et de tapioca. La couaque est de la racine de manioc râpée, exprimée, séchée sur des claies exposées à la vapeur, puis chauffée dans des chaudières de fer et légèrement torréfiée. La cassave diffère de la couaque en ce qu’après avoir été râpée, exprimée, elle n’est pas séchée, mais disposée en petits gâteaux placés sur une plaque de fer chauffée. La moussache, ou cepipa, est de la fécule pure extraite de la racine avec le suc sorti au moment de la compression ; celle fécule est ensuite lavée et séchée. Elle se présente sous forme de petits grains polyédriques, parfois sphériques, chez lesquels on reconnaît le petit point central appelé à tort le hile des grains de fécule. Le tapioca est de la moussache dont t les grains se sont agglomérés, dilatés, pendant qu'elle était encore

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DICOTYLÈDONÉES.

humide, et qu’on la chauffait sur des plaques de fer; on n’y reconnaît plus la forme ni la caractéristique des grains de fécule. La racine de Manioc est la nourriture ordinaire d’un grand nombre d’habitants de l’Amérique du Sud. Les diverses préparations de fécule forment avec de l’eau ou du bouillon des potages nourrissants.

Le Manihot Aipi ( M . Aypi, Pohl), ou Manioc doux, Juca dulce du Brésil, ne contient pas, dit-on, de principe vénéneux dans sa racine.

Le Manihot Janipiia [M. Janipha, Pohl, Jatropha Janipha, h.)} du sud de l’Amérique, fournit aussi de la racine de Manioc.

CURCAS.

Le genre Curcas ( Curcas , Adans.) comprend des plantes monoïques ou diclines confondues aussi autrefois avec les Jatropha. Les fleurs se distinguent de celles de ce dernier genre et de celles du Manioc en ce qu’elles ont une corolle gamopétale campanulée ou urcéolée. Les étamines sont le plus souvent au nombre de dix (parfois huit), extrorses, et sont monadelphes à la base. Un disque de cinq glandes entoure l’androcée. La fleur femelle a le même périanthe que la fleur mâle. Le fruit est capsulaire à deux ou trois coques bivalves et monospermes. Les Curcas sont des arbustes de l’Amérique tropicale. Les feuilles sont alternes, pétiolées, stipulées.

Le Curcas cathartique ( C . purgans, Med., Jatropha Curcas, L.), ou Médicinier cathartique, est un arbrisseau des lieux humides de l’Amérique tropicale, à rameaux riches en suc laiteux. Les feuilles sont alternes, anguleuses, cordées. Le fruit est ovoïde, delà grosseur d’une noix, etcontient trois graines noirâtres, ellipsoïdes, de 16 à 18 millimètres de long sur 11 â 12 de large, luisantes, a caroncule charnue, bilobée, à arête peu saillante sur la face de l’insertion. Ces grainessont connues sous les noms de Curcas purgatif, de pignons d’Inde, graines de Médicinier. Elles sont purgatives, et fournissent, au moyen de l’albumen, une huile fortement drastique.

Fig. 365. — Graine du Curcns cathartique

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