CROTON
Le genre Croton ( Croton , L.) comprend des plantes monoïques ou dioïques. Les fleurs mâles ont un calice gamosépale ordinairement â cinq divisions en préfloraison quinconciale. La corolle se compose de cinq pétales alternes, onguiculés, à limbe déchiqueté sur les bords. Le disque est formé de cinq glandes alternes avec les divisions du calice. Les étamines sont au nombre de dix, vingt, trente, disposées par verticilles de cinq, superposées les unes aux sépales, les autres aux pétales ; les filets sont infléchis dans la préfloraison ; les anthères sont, ii l’époque de l’antlièse, biloculaires et introrses. Les fleurs femelles ont le calice des fleurs mâles, une corolle et un androcée rudimentaires. L’ovaire est triloculaire, surmonté d’un style â trois branches bifides ou multifldes; les ovules sont coiffés d’un obturateur bilobé. Le fruit se partage en trois coques bivalves, monospermes. Les inflorescences sont des épis ou des glomérules. Les feuilles sont alternes ou opposées.
Le Croton cathartique (C. Tiglium, L., Tiglium officinale, KL) est un arbrisseau des Indes orientales, de la Chine, de Ceylan, des Moluques. Ses feuilles sont alternes, longuement pétiolées, ovales- acuminées, dentées, couvertes de poils étoilés microscopiques, portant â la base Æ du limbe deux petites glandes arrondies, munies de deux stipules subulées. Les inflorescences Kjf V
sont terminales ; les fleurs mâles sont placées ISS k&jji
au-dessus des fleurs femelles. Les divisions des styles sont bifides, enroulées et sligmatifères. Fig 366 firain0 Les graines sont ovoïdes, oblongues, presque du croton cathartique, quadrangulaires, roussâtres ou noirâtres, à odeurnulle ; elles sont connues sous les noms i\e graines de Tillij, graines des Moluques, petits pignons d'Inde • On en extrait une huile de consistance paisse, soluble dans l’éther, de couleur jaunâtre transparente, d une odeur désagréable, d’une saveur âcre, brûlante, employée comme rubéfiante â l’extérieur, et â l’intérieur comme purgative.
beaucoup d’autres espèces de Croton sontusitées en thérapeuhque dans les contrées qui les produisent : tel est, entre au-
très, le Croton Eleuteria, Sw., de Haïti, des Lucayes, qui donne une écorce roulée de petit diamètre, de couleur brun obscur, jaunâtre, ü saveur aromatique, amère, âcre, connue sous le nom de cascarille, et est employée comme tonique, stimulante, antiseptique, fébrifuge. On en mêle la poudre avec le tabac pour lui communiquer une odeur agréable. Le C. Cascarilla, L., C. cascarilloïdes, Yahl, d’Haïti, le C. balsamiferum, L. , des Antilles, le C. humile, L., de la Jamaïque, etc., etc., fournissent des écorcesemployées comme stimulantes, antiseptiques, contre la diarrhée, . le vomissement. Le C. pseudo-China, Sch., du Canada, fournit i une écorce dite écorce de Copalclii roulée, â saveur amère et ! térébinthacée, employée comme fébrifuge. Le C. antisyphilicum, Mart., du Brésil, donne des feuilles âcres, amères, employéescomme diurétiques et excitantes.