‹ Manuel d'histoire naturelle médicaleChapitre 310 sur 524 · MANCENILLIER · texte numérisé non relu

MANCENILLIER

Le genre Mancenillier ( Hippomane , L., Mancenilla, Plum.) comprend des arbres monoïques de l’Amérique équinoxiale. Les fleurs mâles ont un calice gamosépale à deux ou trois divisions i en préfloraison imbriquée. L’androcée est représenté par une : colonne centrale bifurquée, à branches terminées par une anthère biloculaire extrorse, à connectif prolongé. Les fleurs | femelles ont un calice cupuliforme à trois divisions imbriquées, et un ovaire à six ou huit loges uniovulées, surmonté d’un style à six ou huit branches radiées. Le fruit est charnu et les loges sont indéhiscentes. Les rameaux et les tiges contiennent un suc i laiteux abondant ; les feuilles sont alternes, simples, pétiolées et stipulées. Les inflorescences sont terminales et consistent en épis composés ; dans chacune, une fleur femelle occupe la base et les fleurs mâles sont groupées en glomérules de la base au sommet.

Le Mancenillier vénéneux [H. Mancinella, L., Mancinella venenosa. Tus.) est un arbre des Antilles et de l’Amérique méridionale, qui atteint une hauteur de 5 à 7 mètres et a été comparé, comme port, au Poirier. Les feuilles sont ovales, den- I telées en scie sur les bords, et portent deux glandes au sommet du pétiole. Le fruit a la forme et la grosseur d’une petite pomme B d’api. Toutes les parties de la plante contiennent un suc laiteux vénéneux dont on a exagéré les propriétés. 11 n’est pas vrai que l’odeur seule du Mancenillier soit mortelle. Le suc placé T sur la peau y détermine une vive démangeaison et une érupi lion de petites pustules ; avalé par un chien à la dose de 0Br,05,

■ il détermine la mort chez l’animal. L’écorce, le fruit sec, les H graines, ont été vantés comme vermifuges.

Lu grand nombre d’autres Euphorbiaeées sont utilisées en

ROCQUILLON, 58,

thérapeutique et dans l’industrie. Tels sont : L'Anda Gomesii, A. Juss., ou Anda de Pisqn, grand arbre du Brésil, à feuilles composées, à fleurs monoïques, munies d’une corolle et d’un androcée diplostémone souvent incomplet, rappelant la fleur des Curcas. Le fruit est gros comme le poing. Les graines ont la forme et le volume d’une châtaigne, le goût d’une noisette, et sont employées comme purgatives après avoir été broyées; elles fournissent une huile purgative. L’écorce jetée ii l’eau enivre les poissons qui la mangent. — L'Elœococcaverrucosa, A. Juss., ou Arbre à huile du Japon, qui croît au Japon, en Chine. Ses fleurs rappellent , par leur composition, celles des Jatropha, mais le calice n’a que deux, trois divisions irrégulières, et l’ovaire peut avoir A ou 5 loges uniovulées. L’huile extraite des graines est usitée pour l’éclairage, pour la préservation des bois, pour rendre les tissusimperméables.— L' Elœococcacordata, A. Juss., ou Abrasin du Japon, qui fournit au moyen deses graines une huile âcre et irritante. — Le Crozophora tinctoria, A. Juss. , ou Maurelle, Tournesol, Croton tinctorium, L., est une herbe cultivée dans le midi de la France, et croît naturellement en Espagne, en Italie, dans le Levant. Les fleurs sont munies d’une corolle et n’ont le plus souvent que huit étamines inégales, monadelphes. La décoction de la plante a été employée comme vermifuge. Les fruits et les sommités de la plante écrasés donnent un suc qui, mélangé à de l’urine, sert à imprégner des chiffons qu’il colore en bleu et qui deviennent le tournesol en drapeaux. Ces chiffons servent ensuite ;'t colorer les vins, les pâtes, et plus particulièrement la croûte des fromages de Hollande, etc. (1). — Le Siphonia elastica, Pers., ou Hevea guyanensis, Alibi. , est un arbre laiteux de l’Amérique tropicale, dont les fleurs diffèrent de celles des Jatropha en ce qu’elles n’ont pas de corolle et que l’androcée est formé le plus souvent de cinq étamines. Le suc contenu dans les vaisseaux laticifères s’échappe du tronc par des trous faits à coups de pic au-dessus d’une coupe d’argile placée pour le recevoir; il constitue le caoutchouc. Plusieurs autres Siphonies donnent le même produit. — Le Stillingia sebifera , A. Juss., ou Triadica sinensis, Lour., est un arbre de l’Asie cultive

(1) Voyez à eo sujet, N. Joly, thèse pourle doctorat èssciences. Montpellier, 1839.

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