CLUSIACÉES ou GUTTIFÈRES
Les Clusiacées ou Guttifères [Clusiaceœ, LindL, Guttifereœ, .luss.) sont des plantes ligneuses, exotiques, dont les fleurs sont régulières, mais souvent polygames ou dioïques. Le calice est gamosépale ou polysépale, â éléments imbriqués, parfois déçusses. Les pétales sont ordinairement en même nombre que les sépales, alternes, imbriqués, tordus ou déçusses. Les étamines sont en nombre très-variable, libres, monadelphes ou polyadcl-
GARCINIE.
phes, à anthères de forme et h déhiscence variables. Dans les fleurs hermaphrodites et dans les fleurs femelles, l’ovaire est sessile ou pédonculé, pluriloculairc, à loges ordinairement multiovulées, surmonté de divisions stigmatifères souvent sessiles. Les ovules sont anatropes. Le fruit est le plus souvent charnu, les graines ont un arille plus ou moins considérable et ne renferment pas d’albumen. Les feuilles sont opposées. La plupart des C.lusiacées laissent découler par incisions faites h leur tronc une grande quantité de gomme-résine.
MORONOBÉE.
Le genre Moronobée ( Moronobea , Aubl.) comprend des ar bres de l’Amérique tropicale dont les fleurs sont hermaphrodites. Les sépales sont au nombre de cinq, disposés en préfloraison imbriquée. Les pétales sont en même nombre, beaucoup plus grands, eonvolutés. Les étamines sont groupées en cinq faisceaux superposés aux pétales, insérées à la base d’un disque globuleux à cinq lobes, et portant en dehors cinq, six lilets trèsallongés, tordus, terminés par une anthère biloculaire et extrorse. L’ovaire est libre, à cinq loges pauciovulées, surmonté d’un style qui se partage à son sommet en cinq lobes stigmatifères rayonnants. Les ovules sont ascendants, anatropes, à micropyle inférieur et externe. Le fruit est presque charnu, indéhiscent. Les graines sont ordinairement solitaires dans chaque loge.
La Moronobee écarlate (M. coccinea, Aubl.) est un grand arbre de l’Amérique tropicale et en particulier de la Guyane. 11 découle de son tronc, naturellement ou h la suite d’incisions, une gomme-résine jaune très-abondante, qui noircit à l’air et qui est connue dans les drogueries sous le nom de résine de Man, confondue souvent avec la résine caragne. Cette résine sert en Amérique pour goudronner les barques, les cordages, pour l’éclairage.
GARCINIE.
Le genre Garcinie (Gamma, L.', Cambogia, L., Mangostana, GuTtn.) comprend des plantes de l’Asie et de l’Afrique tropicales. Des fleurs sont ordinairement polygames. Les sépales sont au
nombre de quatre et déçusses. Les pétales sont en même nomlire et ordinairement imbriqués. Dans les Heurs mâles, les étamines sont nombreuses, tantôt libres, tantôt ‘groupées en quatre faisceaux superposés aux pétales ; les anthères sont biloculaires et la déhiscence s’opère par des pores on des fentes. Le gynécée est rudimentaire. Dans les fleurs femelles, les étamines sont réduites à desstaminodes libres ou réunis; l’ovaire estbi-ouplu-iloeulaire, surmonté d'un stigmate sessile, entier, étalé ou divisé. Les loges sont uniovulées ; l’ovule est ascendant A micropyle dirigé en bas et en dehors. Le fruit est une baie. La graine est entourée d’un arille charnu. Les feuilles sont opposées, coriaces. Les fleurs sont axillaires, solitaires ou groupées en cymes. Le tronc et les rameaux fournissent une gomme-résine jaune.
La Garcinie Mangostan [G. Mangostana, L., Mangostana Garcinia, Gærtn., est un arbre de l’archipel indien, de l’ile de la Réunion, à feuilles opposées, pétiolées, coriaces, ovalcs-aiguës, entières. Les fleurs sont terminales, solitaires. L’ovaire contient de quatre A huit loges. La baie est de la grosseur d’une orange, remplie d’une pulpe blanche et est regardée comme un des meil- • leurs fruits de l’Inde. L’écorce est employée dans le tannage.
La Garcinie du Cambodge (G. Cambogia , Desv., Mangostana Cambogia, Gærtn., Cambogia Gutta, L.) ou Mangostan guttier, est un arbre des Indes orientales, à feuilles opposées, pétiolées, ovales-aigues à la base et au sommet, épaisses, luisantes, à nombreuses nervures secondaires fines, pennées et parallèles. Les fleurs sont terminales, disposées en petites cymes. L’ovaire contient huit loges. Le fruit est de la grosseur d’une orange, marqué de huit grosses côtes, et partagé en huit loges par des cloisons membraneuses. La gomme-résine qui s’écoule de l’écorce naturellement ou ii la suite d’incisions est connue sous le nom de gomme-gutte. On la trouve dans le commerce en masses presque cylindriques, creusées de cavités à l’intérieur; la cassure est nette, un peu brillante; l'odeur est nulle, la saveur Acre à la gorge. La gomme-gutte colore l’eau en jaune, on l’emploie en teinture. Elle constitue un violent purgatif drastique.
MAMMÉE.
XANTIIOCIIYME.
Le genre Xanthochyme [ Xanthochymus , Roxlt.) comprend des arbres de l’Asie et de l’Afrique qui ne diffèrent guère des Garcinies que par leurs fleurs pentamères. Les étamines sont disposées en cinq faisceaux superposés aux pétales, cinq glandes sont alternes. Dans les fleurs femelles, l’ovaire a cinq loges superposées aux sépales. Le fruit est une baie. Le port des Xantliochymes est le même que celui des Garcinies.
Le Xanthochyme a peinture (Ar. pictorius, Roxb., Don, le A', tinctorius, DG.) donne une gomme-résine grise non usitée en France.
CALOPI1YLLF.
Le genre Calophylle ( Calophyllum,L .) comprend des plantes polygames des tropiques, à réceptacle floral conique. Le calice comme la corolle se compose de quatre folioles en préfloraison imbriquée. Les étamines sont nombreuses, indéfinies, légèrement monadelphes à la base, à anthères biloculai res et inlrorses. L’ovaire est uniloculaire, uniovulé, à style allongé, terminé par un stigmate aplati. L’ovule est dressé, orthotrope. Le fruit est une baie. Les feuilles sont coriaces, à nervures pennées, trèsfines, entières. Les inflorescences consistent encymes axillaires ou terminales.
Le Calophylle ïacahamaque (C. Tacahamaca, Willd., C. Inophyllum, Lamk) est un grand arbre de Bourbon, de Madagascar, qui donne une gomme-résine employée et connue sous les noms de résine tacahamaque de Bourbon, baume vert, baume Marie; gomme-résine de couleur vert foncé qui rappelle l’odeur du Eenugrec.
Le Calophylle Calada (C. Calaba, Jacq.) des Antilles donne .une gomme-résine solide, d’un brun verdâtre, à odeur forte, connue sous les noms de. galba des Antilles, baume de Marie.
MAMMÉE.
Le genre Ma.m.v.kh ( Mamme.a , L.) comprend des arbres de l’Amé- BOCQU1LI.ON. 5‘J.
rique et de l’Asie tropicales. I.es Ileurs sont polygames. Le calice est complètement clos et se sépare lors de l’anthèse en deux folioles. La corolle se compose de 4-7 pétales' inégaux, imbriqués. Les étamines sont nombreuses, libres, à anthères introrses, à déhiscence longitudinale. L’ovaire est ordinairement biloeulaire, à loges Inondées, surmonté d’un style à extrémité bilobée et stigmatifère. Les ovules sont ascendants, anatropes, ;i micropyle inférieur et externe. Le fruit est une baie. Les fleurs sont solitaires ou disposées en cymes.
La Mammée d’Amérique ( M . americana, L.) est un arbre des Antilles plus connu sous le nom iV Abricotier de Saint-Domingue. Le fruit est une drupe de la grosseur d’un abricot, dont la saveur est douce, agréable lorsqu’il est pelé, et a une odeur particulière. Les fleurs sont distillées pour fournir la liqueur appelée eau des créoles.