COLCHIQUE
Le genre Colchique ( Colchicum , L.) est caractérisé par lesfleurs naissant directement sur le bulbe et munies d'un périanthe double à très-long tube ; les divisions du périanthe externe sont plus grandes que celles du périanthe interne ; les étamines paraissent insérées sur la gorge du périanthe; l’ovaire est formé de trois carpelles réunis à la base, libres au sommet, et terminés-
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chacun par un style. Le bulbe est solide ; les feuilles sont simples, alternes, entières, sans pétiole, embrassantes â la base et naissent après les fleurs.
Le Colchique d’automne [C. aulumnale, L.) ou Safran des prés, Tue-Chiens, etc., a les feuilles larges, entières, lancéolées, atténuées au sommet, dressées, entourant le fruit. Les fleurs naissent du bulbe, sont solitaires ou au nombre de deux h quatre, entourées de bractées engainantes ; elles ont une couleur lilas rosé, sont privées de taches et longues de 10 à 15 centimètres. Le bulbe, de la grosseur d’un marron, est recouvert d’une membrane noirâtre; il est de forme conique, sillonné, creusé d’un canal longitudinal qu’occupaient les périanthes tubuleux des fleurs. Le Colchique d’automne est très-commun dans nos prés ; il montre ses fleurs d’aoùt à octobre, et ne produit ses feuilles que plus tard ; il fructifie en mai et juin. Chaque année, il se forme un bulbe nouveau et latéral, tandis que l’ancien se dessèche. Les bulbes solides ou tubercules de Colchique contiennent, entre autres matières, de la fécule et une substance cristalline très-amère et très-vénéneuse, la Colchicine (C46 H31 Az O22) . On fait avec les fleurs, les graines et particulièrement avec les bulbes diverses préparations employées comme diurétiques, comme drastiques, dans la goutte, le rhumatisme.
Le Colchique varié ( C . variegatum, L.) se distingue de l’espèce précédente par ses feuilles ondulées, par ses fleurs roses marquées de panachures pourpres disposées en damier, par son tubercule non sillonné, parfois dactyliforme. Cette plante croît dans la Grèce continentale et les îles des environs, ainsi que dans la Turquie d’Asie. 11 paraît certain que ses bulbes constituaient VHermodactylus des Grecs et les Ilermodactes de nos officines. Les renflements connus sous le nom de Hermodactylus tuberosus ne sont que des portions de rhizomes de VIris tuberosa.
VÉRATRE.
Le genre Veratrk ( Veratrum , Tourne!’.) se distingue des Colchiques par le pcrianthe de la fleur, qui est formé de six folioles libies, dentées, glanduleuses, disposées sur deux verticillcs ; par
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les anthères qui sont extrorses et s’ouvrent transversalement ; par les trois styles qui sont courts et divergents ; par les graines munies d’une arille en forme d’aile; par le tubercule, qui est garni de nombreuses racines adventives ; par l’inflorescence, qui consiste en un très-grand nombre de fleurs disposées en grappes ou en épis composés de cymes. Quelques fleurs sont unisexuées par avortement.
Le Vératre blanc (F. album, L.) ou Ellébore blanc, V araire, a les feuilles grandes, sans pétiole, engainantes à la base, ovales, pointues au sommet, plissées, parcourues par des nervures parallèles. Les fleurs sont verdâtres au dehors, blanches au dedans. Celte plante croît dans les pâturages des montagnes et fleurit en Juillet et Août. La partie usitée delà plante est la base renflée de sa tige garnie ou non de racines adventives ; elle est connue dans les officines sous le nom de racine d’Ellébore blanc ; elle contient, entre autres substances, de la Vératrine (C64IlS2Az2016) et de la Jervine (C60H45Az2O5), qui en font un vomitif trèsviolent.
Le Vératre noir ( V . nigrum, L.), dont les dimensions de la tige, des feuilles, des bractées, sont moins grandes que celles du Vératre blanc; dont les folioles du périanthe sont presque unies, noires et étalées. 11 donne des graines qui ne sont plus usitées en thérapeutique; son tubercule possède fies propriétés analogues à celles du Vératre blanc. Cette espèce croit dans les mêmes lieux que la précédente.
SCI IOENOCAULE .
Le genre Schoenocai le [Schœnocaulon, Asa Cray) comprend des plantes dont les fleurs ont un périanthe de six folioles libres, persistantes, non glanduleuses, et qui se rapprochent ainsi beaucoup de celles des Vératres. La base de la tige porte un bulbe tuniqué d’où part un faisceau de feuilles linéaires et une hampe élevée, terminée par l’inflorescence. Les Schœnocaules sont des herbes de l’Amérique du Nord, communes au Mexique.
L’espèce usitée est le Schamocaulc officinal {S. officinales, Asa Cray) ou Sabadilla officinalis, Brandi, Asagrœa officinalis,
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I Liiicll. Les feuilles linéaires et rcctinerviées rappellent celles I des Graminées en général ; la hampe est élevée, terminée par un 1 long épi simple; chaque fleur est à l’aisselle d’une courte bractée. Les fruits sont de petites capsules de couleur jaune sale ou I rouge gris, formés de trois loges réunies à la base, libres et I vertes au sommet ; les graines sont peu nombreuses dans chaque loge, noirâtres, allongées, avec une arille en casque; elles con- I stituent la Cévadille du Mexique. La grande quantité de Véra- I trine que ces graines contiennent les fait rechercher pour l’ex- I traction de cette substance ; elles constituent un médicament I très-âcre et même dangereux, employé rarement à l’intérieur; à I l’extérieur, on l’emploie en poudre comme-insecticide.
Les graines appelées semences de Cévadille des Antilles sont | fournies non par une Cévadille, mais par une espèce de Véralre, | le T. sabadilla, Relz.
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Les I ridées (Indes, Juss.) ont des fleurs régulières ou irrégulières, à réceptacle floral concave. Le périanthe est double, coloré. L’androcée se compose de trois étamines opposées aux folioles du verticille externe ; les anthères sont biloculaires et extrorses. L’ovaire est infère, triloculaire à l’époque de l’anthèse, surmonté d un style a trois divisions stigmatiques colorées, opposées aux étamines; les ovules sont nombreux, insérés sur deux séries dans l’angle interne de la loge et se tournent le raphé. Les fruits sont des capsules à déhiscence loculicide ; les gi aines ont un embryon court, plongé dans un albumen abondant, charnu ou corné. Les Iridées ont pu être définies avec raison | des Âmaryllidées à trois étamines, si l’on ne considère que les fleurs dans les deux groupes, mais les Iridées ont un aspect général tout particulier que leur donnent leurs feuilles alternes, ensiformes, équitantes, engainantes à la base, à nervures parallèles; leur lige est souterraine, renflée, et consiste en un rhizome ou en un bulbe duquel naissent des rameaux aériens. Les infloî eseences sont terminales, les fleurs sont recouvertes par une spatne pendant la préllQraison.