NIGELLE
Le genre Nigelle [Nigella, L.) a, comme les Ancolies, des fleurs hermaphrodites et régulières ; un réceptacle floral conique ; un calice de cinq sépales caducs, à préfloraison quinconciale ; mais les cinq pétales, de forme variable, sont simples ou doubles et superposés aux sépales.
Les étamines paraissent disposées sur le réceptacle, non en verticille, mais en spirale; leurs anthères sont introrses. Les carpelles, en nombre variable, sont unis plus ou moins par leur suture ventrale, et contiennent des ovules qui ont la position de ceux de l’Ancolie; les follicules, également réunis par leur suture ventrale à la base, ne s ouvrent qu’au sommet. Les Nigelles sont des herbes annuelles des régions tempérées de l’ancien continent; leurs oui es sont alternes, sans stipules, à limbe partagé en un grand
Fig. 314. — Fleur de la Nigelle gandellc privée des sépales.
nombre de petits segments ; les fleurs sont terminales et solitaires.
La Nigelle des champs [N. arvensis, L.), ou Nielle, se reconnaît ii sa corolle de huit pétales, dont six sont superposés par deux aux sépales, tous ont leur partie inférieure surmontée d’un lilet renflé au sommet. Les follicules sont au nombre de cinq à sept, réunis presque jusqu’au sommet. Les graines sont lisses, noirâtres, chagrinées. Cette espèce se trouve dans les moissons et fleurit pendant tout l’été. La racine est regardée comme apéritive.
La Nigelle cultivée (N. saliva , L.), ou Nigelle romaine, Poivrette commune, Cumin noir, a souvent jusqu’à dix pétales superposés par deux aux sépales, munis d’un petit tubercule. Les follicules sont au nombre de trois à six, réunis jusqu’au sommet, parsemés de tubercules, terminés parles styles persistants. Les graines sont noires, triangulaires, ridées transversalement; elles répandent une odeur forte qui a été comparée à celle du Citron unie à celle de la Carotte. Elles sont emménagogues ; les Orientaux s’en servent pour saupoudrer les pains, les gâteaux : de là le nom de Toute-épice donné à ces graines.
La Nigelle de Damas [N. Damascena, L.), ou Cheveux de Vénus, Barbe-de-capucin, Patte-d’araignée, est l’espèce ordinairement cultivée dans les jardins. Elle se distingue facilement des espèces précédentes par l’espèce d’involucre que forment autour de sa fleur les feuilles multifides et métamorphosées ; par les pétales non surmontés d’une pointe ; par le gynécée formé de cinq carpelles réunis, ce qui constitue un ovaire à cinq loges, surmonté de cinq styles divergents ; par son fruit, qui estime capsule à déhiscence loculicide ; par le dédoublement de son péricarpe, qui forme cinq fausses loges derrière les loges véritables. Les graines sont aromatiques.