‹ Manuel d'histoire naturelle médicaleChapitre 85 sur 524 · ELLÉBORE · texte numérisé non relu

ELLÉBORE

vent persistant ; les pétales, qui ne sont probablement que des staininodes, sont tubuleux, glanduleux, plus courts que le calice; les étamines sont nombreuses, libres, disposées en spirale, et les anthères sont extrorses ou à déhiscence latérale. Le gynécée se compose de trois carpelles libres, multiovulés, surmontés d’un style simple ; les ovules sont disposés comme ceux del’Ancolie. Le fruit se compose de trois follicules. Les graines contiennent un petit embryon placé dans un albumen charnu abondant. Les Ellébores sont des plantes des régions froides ou tempérées; elles sont vivaces et ont une tige souterraine, charnue, d’où s’échappent les rameaux; les feuilles sont alternes, palmatiséquées.

L’Ellébore fétide [H. fœtidus, L.) ou Pied-de-griffon, se reconnaît à sa tige souterraine verticale et tronquée ; à ses fouilles inférieures alternes, longuement pétiolées et pluriséquées, tandis que les supérieures sont entières ou réduites à une gaine pétiolaire ; à ses fleurs nombreuses groupées en cymes à l’extrémité des rameaux ; à ses sépales verdâtres, bordés de pourpre. L’Ellébore fétide croît dans les lieux pierreux, les bois découverts, et fleurit en Février et Mars. Toutes les parties de la plante sont parsemées de glandes qui exhalent une odeur fétide. Les feuilles ont été administrées en poudre comme anthelminthique.

L’Ellébore a fleurs vertes [II. viridis, L.) a une tige souterraine oblique; le limbe de toutes les feuilles est plurilobé; les segments des feuilles inférieures sont plus nombreux que ceux des feuilles supérieures ; les fleurs sont solitaires ou peu nombreuses ; les sépales sont d’un vert pâle. L’Ellébore à fleurs vertes croît dans les lieux ombragés et fleurit en mars et avril. Son rhizome aune odeur forte et une saveur très-amère ; il étaitconnu dans les anciennes officines sous le nom d 'Ellébore noir.

L Ellébore noir [II. niger, L.), ou Pose de No'el, n’a que quelques feuilles radicales segmentées; les autres feuilles, qui se trouvent sur les rameaux, sont transformées en bractées; les fleurs sont ordinairement terminales et solitaires; les sépales sont grands, étalés, d’un blanc rosé. Le rhizome est ramifié; il poi le des traces de feuilles et de nombreuses racines adventives ; il est noir au dehors et blanc en dedans. L’Ellébore noir croît en Allemagne et dans les départements de l’est de la France : il

BOCQUILLON. h\

se plaît dans les bois montueux. On le cultive dans les jardins; il fleurit en hiver, de décembre il février. Le rhizome contient un principe âcre qui fait de cette plante un poison même à dose peu élevée.

L’Ellébore oriental (II. orientalis, Lamk) , ou Ellébore d’Anticyre, croît en Grèce et dans quelques îles de l’Archipel; les feuilles de la base sont très-larges, partagées en de nombreux segments profonds, celles du sommet sont beaucoup moins développées. Le rhizome a ordinairement un centimètre de diamètre ; il passait autrefois pour guérir de la folie ; on le trouve encore dans les vieilles drogueries sous le nom de Radix Hellebori Hippocratis.

L’Ellébore a trois feuilles [H. trifidus, L.), ou Coptis trifolia, Salisb . , diffère des espèces précédentes par ses carpelles et follicules en nombre variable de deux â cinq et stipités ; par ses pétales ou staminodes en godets ; par ses feuilles composées ou décomposées, ordinairement trifoliolées. Le rhizome fournit plusieurs rameaux terminés par une fleur ou un petit nombre de fleurs. Celte espèce croit dans l’Amérique du Nord. Aux États- Unis, on emploie le rhizome contre les stomatites simples.

DAUPIIINELLE.

Le genre Dauphinelle ( Delphinium , L.) rappelle, par la composition de sa fleur, celle des genres précédents, mais elle s’en distingue facilement par 1 irrégularité de son périanthe ; le sépale postérieur a une forme distincte de celle des autres sépales; la corolle est irrégulière en ce que les pétales sont dissemblables, les antérieurs manquent ou sont dédoublés, ou bien le pétale postérieur seul se dédouble. Le calice et la corolle sont colorés.

Le genre ainsi défini peut comprendre non-seulement toutes les espèces du genre Delphinium, L., mais encore celles du genre Aconitum, L., car celles-ci ne diffèrent guère de celles-là que par la forme du sépale postérieur, qui est en casque chez les Aconits et en éperon ches les Dauphinelles (1).

(1) Voyez, pour la discussion îles caractères, il. Bâillon, in Histoire des plantes , monographie des Renonculacccs.

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