‹ Manuel d'histoire naturelle médicaleChapitre 95 sur 524 · TULIPIER · texte numérisé non relu

TULIPIER

ont un limbe irrégulier à quatre lobes sinueux. L’écorce de la tige, ainsi que celle de la racine, contient de la liriodendrine, substance soluble qui la rend amère, aromatique, et permet de l’employer comme succédané du quinquina. On l’administre en poudre, en extrait alcoolique, ou on l’unit à du vin.

BADIANE.

Le genre Badiane [Illicium, L.) diffère des genres précédents par le petit nombre de ses carpelles, qui sont tous uniovuléset paraissent former un seul verticille sur le réceptacle floral convexe et peu élevé. Le périanthe est formé d’un nombre considérable de folioles inégales, disposées en préfloraison imbriquée, d'autant plus petites et verdâtres, qu’elles sont plus extérieures; les étamines sont très-nombreuses; le filet est d’autant plus large et l’anthère, qui est introrse, d’autant plus petite, que les étamines sont plus rapprochées du périanthe. Les carpelles sont libres. L’ovule est ascendant, avec micropyle inférieur et externe, l.c fruit est composé des carpelles devenus secs; chacun d’eux s’ouvre le long de la suture ventrale. La graine est couverte de téguments lisses. Les Badianes sont des arbustes originaires de l’Amérique du Nord et de l’Asie orientale; leurs feuilles sont alternes, glabres, aromatiques, à stipules caduques.

L’espèce usitée est la Badiane anisée (/. anisatum, L. . ou -1/n’s étoile, originaire de la Chine et du Japon. C’est un arbuste toujours vert, ii feuilles alternes, courtement pétiolées, elliptiques, entières. Les fleurs sont d’un blanc jaune verdâtre dans leur portion externe. Le gynécée se compose ordinairement de huit carpelles, qui deviennent des capsules et forment les rayons d'un fruit étoilé dont le sommet du réceptacle est le centre. Toutes les parties.de cette plante sont aromatiques; les fruits sont les plus employés : on les donne comme stimulant en poudre, en tisane, etc. ; ils entrent dans la composition de l’anisette de Bordeaux.

OUIMYS.

Le genre Drimys, Forst., a de nombreuses folioles au pcrianthe, et les carpelles paraissent disposés en verticille sur un

CANNELLIEli.

réceptacle convexe surbaissé, comme dans le genre Badiane; mais les folioles externes et verdâtres du périanthe sont en préfloraison valvaire ou constituent un sac, tandis que les inférieures affectent la préfloraison imbriquée; les étamines ont des anthères extrorses; les ovules sont en nombre indéfini dans chaque carpelle, groupés dans l’angle interne, suspendus, avec micropyle supérieur et externe; les carpelles deviennent charnus, de sorte que le fruit se compose de plusieurs haies. Les Drimys sont des arbres ou des arbrisseaux toujours verts et glabres de l’Amérique australe et de quelques îles océaniennes. Leurs feuilles sont alternes; les fleurs sont axillaires, solitaires ou groupées.

Le Drimys de Winter ( D . Winteri, Forst.) est l’espèce la plus employée. C’est un grand arbre qui croît sur les terres qui bordent le détroit de Magellan. Les feuilles sont ovales-allongées, obtuses, glabres, et portent à la base de leur pétiole la trace de deux stipules caduques. La partie employée est l’écorce. On la trouve dans le commerce en plaques roulées d’environ 30 centimètres de largeur sur un demi-centimètre d’épaisseur; elle est rouge en dedans, grise à l’extérieur, et désignée par les noms d'écorce de Winter ou de Magellan, Costus âcre. On l’emploie comme tonique et stimulant.

On trouve aussi dans le commerce une écorce dite de Chachaca ou dePalo piquante, qui est fournie, dit-on, par le Drimys du Mexique [D. mexicana, DC.) ; et une autre, connue sous les noms de Casca d'anta ou écorce de tapir, fournie par les Drimys de la Nouvelle- Grenade D. granatensis, L.). Elles sont en fragments enroulés, de la grosseur du doigt, et ont une saveur aromatique, mais trèsâcre; on les emploie comme toniques et stimulantes.

A ces genres viennent s’en joindre deux autres qui, jusque dans ces derniers temps, formaient une famille à part, celle des Canellacées, mais ils se rapprochent assez des Drimys pour que MM. Miers et Bâillon les aient rangés parmi les Magnoliacées (1).

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