TRANSFORMATION VITREUSK DES MUSCLES
préparation. La iiiatière vitreuse, sous rinOiience des mouvements des libres musculaires restées saines, a subi une fragmentation dans tous les sens, et elle s'est séparée en blocs qui parfois ressemblent, par leur disposition, aux pierres d'un mur (voy. fig. 228).
A la fin du processus, les fragments deviennent de plus en plus petits et forment des granulations dont chacune a encore les caractères optiques de la substance vitreuse. A ce moment, la résorption commence, le sarcolemme revient sur lui-même, les noyaux sousjacents sont plus gros et plus nombreux. Beaucoup d'entre eux présentent des signes de multiplication par division. Cette prolifération des noyaux paraît être un phénomène consécutif à la dégénérescence.
Dans les fièvres graves, lorsqu'un certain nombre de faisceaux musculaires ont été détruits, on assiste à une nouvelle formation de fibres musculaires qui régénèrent les muscles d'une manière complète. Cette régénération a été suivie par Zenker qui en a donné une description minutieuse. Les cellules du tissu conjonctif qui avoisinent les faisceaux malades s'agrandissent; leurs noyaux se multiplient sans qu'elles-mêmes se divisent; puis elles s'allongent suivant la direction des faisceaux, et, avant qu'elles aient perdu le caractère de cellules pour prendre celui d'un faisceau primitif, elles présentent déjà une striation manifeste. C'est là un développement qui ne diffère pas essentiellement du développement physiologique des muscles striés.
Les muscles atteints par la dégénérescence vitreuse sont devenus friables et se rompent souvent. Ces accidents se produisent surtout dans les muscles qui travaillent encore, dans le muscle droit antérieur de l'abdomen par exemple, chez le malade alité. Les modifications qui surviennent dans un muscle rompu à la suite de cette dégénérescence seront étudiées plus loin, à propos des hémorrhagies des muscles.
La cause de la dégénérescence vitreuse est locale ou générale. Dans le premier cas, elle est limitée au siège de l'affection qui la détermine; c'est ce qui arrive au voisinage des tumeurs des muscles, des abcès et dans le phlegmon chronique. Lorsque la maladie survient sous l'influence d'une fièvre, elle se montre surtout dans les muscles internes de la cuisse et dans le grand droit de l'abdomen ; cependant elle peut se produire dans d'autres régions.
A l'œil nu, il est très difficile ou même impossible de reconnaître la
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îransformation vitreuse des muscles. Cependant Zenker a indiqué une coloration spéciale analogue à celle de la chair de poisson, mais cette couleur peut se montrer dans des muscles qui ne présentent pas cette transformation, de telle sorte que l'examen hislologique est nécessaire pour la déterminer.
Hémorrhagies des muscles. — Les congestions simples des muscles ne se manifestent par des signes évidents sur le cadavre qu'au voisinage des foyers inflammatoires et hémorrhagiques.
Les hémorrhagies des muscles ont été désignées par les anciens auteurs français et par les Allemands sous le nom d'infarctus hémorrhagique. Cette désignation n'implique nullement l'idée d'une oblitération vasculaire primitive.
Les hémorrhagies des muscles peuvent reconnaître pour cause une contusion, une plaie, une rupture musculaire, ou bien elles dépendent d'une affection générale hémorrhagique, telle que le purpura, le scorbut, les fièvres exanthématiques, la leucocythémie, etc.
Lorsqu'une hémorrhagie musculaire est récente, elle forme, au milieu du muscle, une masse rouge sombre qui tranche sur la couleur rouge clair de la substance musculaire. Cette masse, dont l'étendue et la forme sont très variables, peut être limitée ou diffuse. Comme le sang y est coagulé, le muscle est devenu, dans ce point, plus consistant et il a perdu son élasticité. Les faisceaux musculaires contenus dans ces foyers n'ont subi aucune altération, ou bien ils sont granuleux.
Pour étudier les rapports du sang avec les faisceaux musculaires et les vaisseaux, il faut faire durcir la pièce dans l'alcool à 40 degrés, et y pratiquer des coupes transversales minces, qui sont étudiées dans la glycérine, après avoir été colorées par le carmin. On voit alors que les faisceaux musculaires sont écartés les uns des autres et séparés par des amas de globules rouges du sang. Dans ces amas et entre les faisceaux, les capillaires sanguins et les vaisseaux de plus grand calibre sont dilatés et remplis de globules sanguins. Le sang a été coagulé dans les vaisseaux aussi bien que dans les espaces interfasciculaires, par suite de l'arrêt de la circulation.
Lorsque l'hémorrhagie esi, consécutive à une rupture musculaire, les fragments opposés du muscle rompu, en s'écartant, laissent entre eux un espace plus ou moins considérable qui se remplit de sang liquide d'abord, puis coagulé; les faisceaux déchirés du muscle font saillie dans ce foyer et le sang s'infiltre entre eux plus ou moins loin.