‹ Manuel d'histologie experimentale (volume 2)Chapitre 16 sur 199 · TISSU MUSCULAIRE · texte numérisé non relu

TISSU MUSCULAIRE

le noyau devient ovoïde et se multiplie, dont le protoplasma sid)it des niodilications nutritives qui le transforment en substance striée. En môme temps il se développe autour de la cellule une membrane amorphe, résistante, qui devient le sarcolemme. Au début de cette formation, le protoplasma subit, seulement dans sa portion périphérique, les transformations qui aboutissent à la structure musculaire. Autour des noyaux, qui finalement, chez les mammifères, sont transportés à la périphérie de la substance musculaire, il reste toujours une partie du protoplasma non transformée; ces noyaux se montrent

PiG. 18. — Fibres musculaires du cœur, A, B, séparées par des lignes transversales qui indiquent la limite des cellules constitutives.

au-dessous du sarcolemme entourés d'une petite masse fusiforrne de protoplasma. Cette masse protoplasmique s'étend, du reste, sous forme de. lames extrêmement minces, dans toute l'épaisseur du faisceau et le partage en colonnes longitudinales (cylindres primitifs de Léydig) ; ces colonnes elles-mêmes sont divisées par le protoplasma en cylindres dont le diamètre dépasse à peine i y. (fibrilles primitives).

Telle est l'origine de la strialion longitudinale de la fibre musculaire. Quant à la strialion transversale, qui est beaucoup plus nette, qui frappe au premier abord les yeux de l'observateur, et qui a fait donner aux faisceaux musculaires le nom de fibres striées, elle doit être considérée comme une distribution en quelque sorte géométrique des particules contractiles de la substance musculaire. Ces

32 GÉNÉRALITÉS SUR l'hISTOLOGIE NORMALE.

particules, sur lesquelles Bowman a le premier attiré l'attention, ont été décrites par lui sous le nom de sarcous éléments. D'après Bowman, la substance contractile serait essentiellement constituée par de petits prismes placés régulièrement bout à bout et les uns à côté des autres; entre eux se trouverait un ciment. Celte manière de com-

FiG. i'J. — Fibre musculaire str ée.

prendre la constitution des fibres musculaires striées fut corroborée par l'action de certains réactifs dont les uns (alcool, acide chromique, bichromate) favorisent la division longitudinale des faisceaux primitifs en fibrilles, tandis que les autres (suc gastrique, acides organiques dilués, alcalis caustiques) produisent la séparation des mêmes faisceaux en disques superposés comme les pièces d'une pile de monnaie.

Suivant la théorie de Bowman, il n'y avait, dans le faisceau musculaire, ni fibrilles longitudinales, ni disques transversaux, mais des sarcous éléments réunis par un ciment longitudinal dissous par l'alcool, l'acide chromique, etc., et par un ciment transversal dissous par le suc gastrique, les acides organiques dilués et les alcalis caustiques.

Catte conception de Bowman a régné pendant plus de dix ans, bien qu'elle eût dû être ébranlée par des observations déjà anciennes d'Amici, qui ont été confirmées et étendues par Krause, par Hensen et par nous-même.

Dans les lignes transversales qui séparent les sarcous éléments, il existe constamment une strie fine qui possède les qualités optiques des sarcous eux-mêmes. En outre, les sarcous éléments sont divisés transversalement en deux parties égales par une strie claire.

De ces observations il résulte que la structure des faisceaux striés n'est pas aussi simple que Bowman l'avait supposée, et qu'en réalité ils possèdent une structure extrêmement complexe.

Si nous considérons une fibrille isolée comme on les obtient facilement en dissociant les muscles des ailes des insectes, nous y voyons, après coloration au moyen du picrocarminate d'ammoniaque ou de l'hématoxyline, se succéder : 1" un disque épais divisé en

YISSU NERVKUX. 33

deux parties égales par une slrie incolore; 2° un espace clair; 3" un disque mince; 4" un nouvel espace clair, puis un disque épais, et ainsi de suite.

Cette disposition, qui existe dans tous les muscles striés, est en rapport avec leur mode de contraction, où interviennent deux facteurs : 1" la contractilité, qui appartient aux disques épais ; ^2" l'clasticité, qui semble dépendre des disques minces et des portions intermédiaires entre les disques minces et les disques épais.

Tissu nerveux. — Les éléments du tissu nerveux sont des cellules et des tubes.

Les cellules nerveuses sont très-variables dans leur forme et dans leurs dimensions qui oscillent, entre iO [j. et 100 p.; elles présentent toujours des prolongements simples ou ramifiés qui les unissent entre elles et avec les tubes nerveux. Parmi ces prolongements, il en est un partant de chacune des cellules nerveuses motrices de la moelle et du cerveau, qui a été découvert par Deiters et qui porte son nom. Il est homogène, vitreux; il ne se ramifie pas et donne évidemment naissance à un cylindre-axe de tube nerveux à myéline. C'est pourquoi il est également désigné sous le nom de prolongement cylindraxile (voy. a, fig. 20).

Les cellules nerveuses des centres sont bien manifestement dépourvues de membranes. Leur substance fondamentale est finement granulée et contient souvent des granulations pigmentaires en plus ou moins grande proportion; elle est striée à la périphérie de la cellule. Toutes les cellules nerveuses possèdent un noyau limité par un double contour, pourvu d'un ou de deux nucléoles. Telle est la disposition des cellules de la substance grise du cerveau, du cervelet et de la moelle épinière.

Dans tous les ganglions spinaux, les cellules nerveuses sont globuleuses; elles possèdent un seul prolongement et sont entourées d'une capsule mince dont la face profonde est tapissée de cellules endothéliales.

Les cellules nerveuses et les cellules de la névroglie se développent aux dépens des cellules du névro-épithélium primitif de la gouttière vertébrale.

Les tubes nerveux sont de deux espèces : ceux qui contiennent delà myéline (tubes nerveux à myéline ou à double contour) et ceux qui

CORNIL ET RANVIER. 1—3

FiG 20. — CellulB nerveuso multipolaire des cornes antérieures de la moelle épinière du bœuf (d'après Deiters). — a, prolongement cylindraxilc ; b, b, prolongements dits protoplasmiiiues. — Grossissement de 300 diamètres.

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