‹ Manuel d'histologie experimentale (volume 2)Chapitre 17 sur 199 · TISSU NERVEUX · texte numérisé non relu

TISSU NERVEUX

n'en possèdent pas (fibres nerveuses sans myéline). Ces dernières existent seules dans l'embryon au débat de la formation des nerfs. C'est durant le cours du développement que la su])stance médullaire s'ajoute aux fibres nerveuses.

Les tubes nerveux à myéline peuvent être distingués en deux espèces : ceux des nerfs péripliériques et ceux des centres nerveux^ Les premiers sont limités par une membrane anhiste résistante, membrane de Scliivann. A des distances régulières, ces tubes présentent des étranglements (étranglement s annulaires), comme s'ils avaient été pris dans une ligature {a, fig. 22). Il en résulte qu'ils sont formés de segments égaux (segments interannulaires). La longueur de ces segments varie avec le diamètre des tubes nerveux. Sur les plus gros elle dépasse 1 millimètre. D'un segment à l'autre la myéline n'est pas continue; elle est interrompue au niveau de cbaque étranglement. La membrane de Schwann semble se poursuivre sur tous les segments d'un même tube nerveux, mais en réalité elle est formée d'autant de fractions qu'il y a de segments, car le nitrate d'argent révèle une soudure régulière au niveau de chaque étranglement.

Tout Inhc nerveux à myéline est parcouru suivant son axe par un cylindre qui semble homogène, vitreux, et dont le diamètre est en rapport avec celui du tube nerveux qu'il contient. Ce cylindre (cylinder axis, cylindre-axe, cylindre de l'axe, ruban primJtif) est continu, c'est-à-dire qu'il se poursuit dans le tube nerveux depuis son origine jusqu'à sa terminaison, sans subir d'interruption ni de soudure au niveau des étranglements annulaires.

Ceci étant dit, nous pouvons considérer maintenant la structure d'un segment interannulaire. A peu près en son milieu, on distingue au-desf.ous de la membrane de Schwann un noyau ovalaire aplati, logé dans une dépression de la myéline. Il est environné d'une lame protoplasmique granuleuse qui s'étend au-dessous de la membrane de Schwann et qui la double dans toute son étendue, jusqu'aux deux étranglements annulaires voisins. A leur niveau, cette lame se replie et se réfléchit sur le cylindre-axe, auquel elle constitue une gaine spéciale , gaine dont Mauthner avait depuis longtemps reconnu l'existence sans saisir sa signification et que nous avons cependant désignée sous le nom de g aîné de Mauthner.

De cette disposition il résulte que la myéline de chaque segment interanuulaire est contenue dans un sac protoplasmique formé par une lame extrêmement mince, munie d'un seul noyau. Entre la lame protoplasmique qui enveloppe le cylind/'e-axe et celle qui double la.

gaîne de Schwann, s'étendent des cloisons extrêmement minces, obliques, qui divisent le cylindre de myéline en une série de segments courts emboîtés les uns dans les autres, et qui, surtout après Faction de certains réactifs, paraissent séparés par des incisures décrites dans ces derniers temps par Schmidt, par Lanterman, par Franz Boll, etc.

La myéline est formée d'une substance liquide oléagineuse, qui

FiG. 21. — Fibres nerveuses. — aa, cylindre-axe enveloppe en partie par la yaine niodullairo.

s'écoulerait facilement des tubes nerveux si elle n'était retenue par la membrane de Schwann, et qui s'accumulerait probablement dans les parties déclives, sans les nombreuses cloisons qui la maintiennent.

En dissociant un fragment de nerf dans l'eau, on observe, au niveau de la section des tubes, et dans les points où la membrane de Schwann a été déchirée, l'issue de la myéline. Elle s'échappe sous la forme de filaments pelotonnés qui bientôt se soudent les uns aux autres, se gonflent et donnent naissance à des boules plus ou moins arrondies, plus ou moins volumineirses, dont la limite est marquée par un double contour. C'est là un des caractères les plus importants de la myéline. L'acide osmique la colore en noir bleuâtre, aussi bien quand elle est encore contenue dans les tubes nerveux que lorsqu'elle s'en est échappée. Le môme réactif donne à la graisse une teinte brune plus ou moins foncée.

Le cylindre-axe se colore par le carmin, et, bien qu'il paraisse d'habitude homogène et vitreux, il se montre, dans certaines circonstances, sous la forme d'un faisceau de fibrilles fines et délicates.

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