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HISTOLOGIE NORMALE DES GANGLIONS LYMPHATIQUES

La limite enlrc les follicules et le système caverneux lymphatique se montre assez nettement dessinée soit sur les préparations faites après injection interstitielle de bleu de Prusse, soit sur des préparalions obtenues après le durcissement par l'alcool et l'action du pinceau. Dans le tissu caverneux, les mailles du réticulum étant plus larges et les cellules lymphatiques moins nombreuses que dans le système folliculaire, le pinceau les dégage d'abord et le système caverneux forme autant d'espaces clairs, mais on ne distingue pas entre ces deux systèmes de véritable membrane limitante. On peut du reste démontrer par l'expérience qu'il y a un passage assez facile entre la substance folliculaire et le système caverneux. Pour cela on introduit chez un lapin du vermillon en poudre fine, délayé dans l'eau, au milieu du tissu conjonctif profond qui entoure le nerf sciatique. L'animal étant sacrifié quarante-huit heures après cette opération, on trouve les vaisseaux lymphatiques qui partent de la région où le vermJllon a été répandu, remplis comme si on les avait injectés eux-mêmes. Les ganglions lombaires où se rendent ces vaisseaux contiennent aussi du vermillon, qui est surtout fixé dans le système caverneux, de telle sorte que les follicules apparaissent à la surface de l'organe comme des cercles blancs entourés de lisérés rouges. Sur des coupes faites après durcissement, on voit que les grains de vermillon sont contenus dans des cellules. Ces cellules sont de deux espèces : des cellules lymphatiques et des cellules endolhéliales qui recouvrent les travées du réticulum. Mais on observe aus^ù des grains de vermillon dans quelques-unes des cellules lymphatiques de la substance folliculaire.

Dans un phénomène physiologique, le transport du chyle à travers les ganglions du mésentère pendant la digestion, on trouve des gra-

par piqûre 1 centimètre cirbe de solution d'acide osmique à 1 pour 100, puis on fait durcir ce ganglion en le soumettant à l'action successive de l'alcool, de la gomme et de Talcool; on en fait ensuite des coupes qui sont traitées au pinceau. On y reconnaît le long des travées ou au niveau de leur entre-croisement des noyaux ovalaires bien dessinés. L'autre ganglion est placé pendant vingt-quatre heures dans Talcool au tiers, puis il est durci par la gomme et Talcool. Les coupes que l'on en fait ensuite sont plongées dans l'eau et traitées au pinceau, et le réticulum, tant de la substance réticulée que du système caverneux, s'y montre complètement dépouillé de tout élément cellulaire. On peut donc à volonté faire deux préparations différentes pour montrer la structure du réticulum. Dans l'une tous les noyaux sont conservés, dans Tautre tous les noyaux ont disparu. Dans la première de ces préparations, sous l'influence de l'acide osmique, les éléments cellulaires endothéliaux ont été fixés ; dans l'autre, au contraire, ils ont été décollés des travées sur lesquelles ils reposaient, sous l'influence de l'alcool dilué qui agit comme liquide dissociateur. On doit donc conclure que les noyaux existaient à la surface des travées et qu'ils en ont été chassés par le pinceau, qui eût été sans action si ces noyaux en avaient occupé l'épaisseur

nulations graisseuses, non seulement dans les espaces du système caverneux lymphatique, mais encore dans les cellules du système folliculaire, bien qu'elles y soient en moindre proportion. Il est donc probable que les mailles du tissu réticulé des follicules sont en communication avec les mailles du système caverneux, d'où l'on doit conclure qu'un ganglion lymphatique n'est autre chose qu'une cavité lymphatique compliquée ou une cavité séreuse placée sur le trajet des vaisseaux lymphatiques.

Les vaisseaux afférents entrent dans cette cavité par différents points de la surface du ganglion lymphatique, et les vaisseaux efférents en sortent au niveau du bile. Là, ils sont logés à côté des artères et des veines qui possèdent des parois distinctes, tandis que les lymphatiques efférents sont de simples canaux creusés au milieu du tissu conjonctif et recouvert d'endothélium.

Si la circulation de la lymphe est facile dans le système caverneux, il n'en est pas de même dans le système folliculaire. Il est probable que les organes qui le composent, follicules et cordons folliculaires, jouent un rôle important dans la formation des cellules lymphatiques. Celles-ci, après s'être développées dans la substance folliculaire pénétreraient dans le système caverneux, et entreraient ainsi dans la grande circulation lymphatique.

§ 18. — Histologie pathologique des ganglioms l^inphatiqnes.

Pigmentation des ganglions. — On observe très souvent une coloration noire des ganglions lymphatiques péri-bronchiques de l'adulte et du vieillard. Une coloration analogue peut se montrer dans d'autres ganglions, lorsque les régions d'où proviennent leurs vaisseaux afférents ont été le siège d'infiltrations de sang ou de matières étrangères granuleuses et colorées. C'est ainsi que lorsque des poudres colorées ont été introduites dans le derme par la pratique populaire du tatouage, les ganglions lymphatiques correspondants présentent dans leur intérieur des particules colorées. Si la matière colorée, au lieu d'avoir été déposée dans le tissu conjonctif, existe ou est introduite dans le sang, la pigmentation des ganglions lymphatiques n'a pas lieu, ou bien elle est très limitée : c'est ce qui résulte des expériences de Langerhans. Nous avons relaté plus haut avec quelle rapidité se fait la pénétration des particules colorées dans les ganglions lymphatiques lorsqu'elles sont déposées

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dans le lissa conjonclif. On a vu également que, lorsque du sang sorti des vaisseaux séjourne dans l'intérieur des tissus, il subit une série de métamorphoses qui aboutissent à la formation de granules jiigmentaires. Ceux-ci repris par les lymphatiques viennent se fixer dans les ganglions.

Comme on vient de le voir, les particules colorées qu'on remarquedans les ganglions sont de deux espèces : elles procèdent du sang, ou bien elles sont étrangères à l'organisme. Les premières sont jaunes, rouges, brunes ou noires, elles sont arrondies ou anguleuses; quelques auteurs disent même avoir trouvé à côté d'elles de vrais cristaux d'hématoïdine (Rebsamen). Les secondes, formées par des matières opaques, paraissent toujours noires ou foncées à la lumière réfractée. Ces substances sont du charbon, du vermillon, des poudres métalliques, etc.

Les ganglions infiltrés de pigment sont gris ardoisés ou noirs ou marbrés de gris, de blanc et de noir. La pigmentation siège surtout dans le système caverneux lymphatique; le système folliculaire est plus faiblement coloré. Lorsqu'il n'y a que quelques stries noirâtres dans les ganglions, elles occupent exclusivement les fentes du système caverneux.

En général, les ganglions infiltrés de pigment sont plus volumineux et plus consistants qu'à l'état normal. L'augmentation devolume d'un ganglion sous l'influence de la pénétration du pigment peut être facilement reproduite par des expériences sur les animaux. Chez un rat, si, comme nous l'avons déjà dit, on injecte avec une seringue de Pravaz un demi-centimètre cube d'eau tenant en suspension des grains de vermillon, dans le tissu conjonctif péri-sciatique, on voit, au bout de vingt-quatre heures, un des deux ganghons lombaires fortement coloré par le vermillon présenter un diamètre deux fois plus considérable que celui du ganglion symétrique. Cette augmentation de volume ne tient pas seulement à l'accumulation de particules étrangères, mais surtout à la congestion et à l'ioflammation qu'elles déterminent.

Chez l'homme, certains des ganglions pigmentés sont durs et présentent une surface de section sèche, luisante, dont on ne fait sortir aucun suc par la pression.

Ces derniers ont subi, sous l'influence de l'irritation lente déterminée par la présence de la matière pigmentaire, une véritable transformation fibreuse. Sur des coupes, on constate que les arières

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sont entourées de zones fibreuses épaisses efque les cellules comprises dans le tissu connectif qui les entoure sont infiltrées de pigment. Les travées du réticulum de la substance caverneuse sont hypertrophiées, leurs cellules endothéliales contiennent des granulations pigmentaires ; les cellules lymphatiques qui comblent les mailles du réticulum en renferment aussi. La substance folliculaire n'est plus distincte de la substance caverneuse, et partout le ganglion se montre avec faspect que nous venons de décrire. Il peut même arriver que le tissu réticulé ait disparu d'une manière complète, et que le tissu conjonctif périvasculaire infiltré de pigment occupe tout l'organe. Mais ce sont là des exemples de transformation complète des ganglions et d'adénite interstitielle avec pigmentation qui n'existent que chez les vieillards ou chez les ouvriers mineurs.

Les ganglions qui ne sont que peu pigmentés, comme par exemple les ganglions bronchiques à la suite des pneumonies, les ganglions des plis articulaires à la suite des phlegmons ou des hémorrhagies du tissu conjonctif des membres, se montrent avec des caractères bien différents. Ils sont hypertrophiés ; ils donnent un suc abondant dans lequel on trouve des cellules petites, sphériques, contenant des granulations pigmentaires jaunes, rouges ou brunes. Lorsque l'altération est ancienne, toutes les granulations pigmentaires sont absolument noires. Dans ce suc, il existe aussi de grandes cellules ramifiées ou anguleuses contenant plusieurs noyaux ovalaires et des grains de pigment.

Sur des coupes, on constate que la substance caverneuse est principalement le siège de la pigmentation, et que, à côté des cellules lymphatiques pigmentées, il en est d'autres qui sont incolores. Les cellules endothéliales du réticulum de la substance folliculaire contiennent aussi des granulations colorées. Elles sont alors légèrement tuméfiées et se détachent plus facilement.

Adénite aiguë. — Les ganglions enflammés sont quelquefois augmentés considérablement de volume; ils tendent à prendre une forme sphérique, ou bien, s'ils se trouvent au contact des ganglions voisins également tuméfiés, ils s'aplatissent les uns contre les autres. Le tissu conjonctif qui les entoure est le siège d'un œdème inflammatoire; ses vaisseaux sont dilatés et autour d'eux il se produit de petites ecchymoses. Dans les adénites intenses, ce tissu conjonctif œdémateux présente des îlots purulents, ou bien il s'y forme un abcès, de telle sorte que le ganglion lymphatique peut être complète-

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ment, entouré d'une couche de pus. Cette lésion doit ôlre désignée sous le nom de pèriadénite.

Dans le ganglion lui-même on trouve des altérations qui varient suivant le degré de l'inflammation. Dans une première période, il se fait un œdème inflammatoire qui est surtout bien marqué dans le système caverneux lymphatique ; les follicules et les cordons folliculaires sont beaucoup plus accusés que d'habitude, parce qu'ils Ibrment des taches ou des traînées opaques sur un fond légèrement translucide.

Dans certains cas, l'hypérémie et les sufîusions sanguines qui l'accompagnent déterminent, avec l'augmentation de volume, une coloration rouge ou rouge brun de tout le ganglion; celui-ci ressemble alors au tissu splénique. Telle est la lésion observée d'habitude dans les ganglions bronchiques à la suite de la pneumonie ou de la bronchite intense et capillaire. Le suc de ces ganglions contient, à côté de cellules lymphatiques ordinaires, d'autres cellules lymphatiques dans lesquelles se montrent des globules rouges ou des fragments de ces derniers. Un grand nombre de globules rouges nagent aussi dans le liquide de la préparation.

A une période plus avancée, la distinction entre les deux substances des ganglions n'est plus possible, et lorsqu'on en racle la surface de coupe, on en fait sortir un suc très abondant comme celui du carcinome mou. Sur la section des ganglions normaux, vingtquatre heures après la mort, on obtient un suc légèrement lactescent analogue à celui que donne un sarcome encéphaloïde ; mais dans le cas d'inflammation, ce suc est beaucoup plus abondant et plus lactescent.

Examiné au microscope, ce suc montre un grand nombre de cellules lymphatiques et de grosses cellules endothéliales tuméfiées, contenant un ou plusieurs noyaux. Quelquefois ces dernières cellules, qui atteignent jusqu'à trois centièmes de millimètres, ressemblent aux cellules à noyaux multiples de la moelle des os; cependant elles sont moins volumineuses et elles contiennent encore moins de noyaux que dans certaines formes d'inflammation subaiguë ou chronique que nous étudierons plus loin.

Dans la suppuration diffuse des ganglions, leur surface de section donne par le raclage du pus crémeux; les vaisseaux lymphatiques afférents et efférents sont remplis et distendus par le même liquidé.

L'inflammation suppurative des ganglions peut aller jusqu'à la formation de foyers franchement purulents ou jusqu'à l'infiltration purulente complète. Elle est quelquefois accompagnée d'hémorrhagies plus ou moins étendues ; le sang s'infiltre alors dans le parenchyme du ganglion enflammé.

Les globules de pus qui occupent les foyers purulents ne diffèrent pas notablement des cellules lymphatiques normales; cependant ils contiennent un plus grand nombre de granulations graisseuses, et, à côté d'eux, se montrent de gros corps granuleux.

Des coupes faites sur un ganglion enflammé durci par l'acide picrique et traité par le pinceau, laissent voir dans la première période de l'inflammation (gonflement et œdème), les modifications des cellules que nous avons indiquées, notamment le gonflement et la multiplication des noyaux des cellules endothéliales. Les travées du système caverneux sont tuméfiées ; au lieu d'être formées par une substance homogène, elles paraissent constituées par une substance fibrillaire et granuleuse. Ces travées ont atteint jusqu'à cinq et même dix fois leur diamètre normal.

Dans la substance folliculaire, les travées du stroma réticulé, moins notablement gonflées, sont simplement parsemées de granulations.

Lorsque le ganglion enflammé affecte la couleur rouge de la rate, les capillaires de la substance folliculaire sont fortement dilatés, remplis de globules rouges du sang, et," entre les éléments lymphatiques qui comblent les mailles du stroma réticulé, on observe des îlots de globules rouges ou des globules rouges disséminés. Pour observer nettement cette dernière disposition, il faut faire durcir le ganglion dans l'alcool a 40" Cartier, y pratiquer des coupes minces, les colorer au carmin et les examiner dans la glycérine. Les globules rouges apparaissent alors comme autant de petits cercles à bords nets et non colorés par le carmin.

Lorsque l'adénite arrive à la suppuration, on observe sur les coupes, au niveau des foyers purulents, des pertes de substances irl'égulièi'es à la limite desquelles on peut suivre le processus de la destruction des fibrilles du stroma réticulé. Celles-ci se gonflent, se ramollissent et forment finalement un détritus granuleux qui est absorbé par les cellules lymphatiques voisines.

Il faut noter encore que le tissu conjonctif lâche qui accompagne les gros vaisseaux est infiltré de globules de pus.

L'adé.uite aiguë est rarement primitive. Le plus souvent, elle se

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montre dans des ganglions dont les racines lymphatiques ?ont plongées dans un loyer inllammatoirc. Il est très probable que l'inflammation du ganglion est alors liée au transport de substances irritantes encore mal déterminées, élaborées dans le foyer inflammatoire ou provenant de l'extérieur. Comme foyers inflammatoires causes d'adénites, nous devons citer les pneumonies, les bronchites, les eczémas impétigineux, le chancre mou, la blennorrhagie, les excoriations et ulcérations, les ulcérations de l'intestin, celles de la fièvre typhoïde notamment. On observe aussi des adénites dans les maladies infectieuses (syphilis, peste, scarlatine, variole, etc.), maladies dans lesquelles il y a, selon toute probabilité, transport de matières virulentes dans les voies lymphatiques.

Adénite chronique. — On a l'habitude de rattacher à l'inflammation chronique des ganglions lymphatiques la transformation fibreuse simple, la transformation caséeuse simple ou scrofuleuse, enfin les dégénérescences calcaires.

La transformation fibreuse est assez commune dans les ganglions bronchiques et inguinaux des sujets avancés en âge. Le plus souvent elle s'accompagne d'une hypertrophie légère et de pigmentation. Elle consiste dans une augmentation d'épaisseur du tissu conjonctif périvasculaire du système caverneux. Les travées réticulées de ce sys!-;me sont doublées ou triplées de volume, et dans nombre de points elles paraissent fibrillaires.

Le parenchyme folliculaire présente par contre une atrophie plus ou moins considérable et pouvant aller jusqu'à sa disparition complète. Le plus souvent on n'en trouve plus que des îlots disséminés de forme irrégulière, siégeant particulièrement à la périphérie du ganglion.

Chez les sujets lymphatiques ou scrofuleux l'engorgement des ganglions qui succède d'habitude aux inflammations catarrhales des muqueuses ou aux éruptions humides de la peau aboutit à une transformation des ganglions préalablement hypertrophiés. On a souvent l'occasion d'examiner, soit après la mort, soit à la suite d'opérations chirurgicales, des ganglions cervicaux hypertrophiés et strumeux. Ils sont, en général, réunis en une masse volumineuse; ils présentent chez le même individu des variétés d'aspect dues à ce que les uns sont plus anciennement atteints que les autres et ils

montrent les différentes phases de l'évolution de l'adénite scrofuleuse. Les uns sont simplement hypertrophiés et congestionnés. Les autres, et ce sont les plus caractéristiques de l'adénite scrofuleuse dans sa période d'état, tout en conservant leur forme, sont extrêmement volumineux, de couleur gris-jaunâtre, pâles, de consistance mollasse, élastique.

Leur surface de section est généralement sèche; en regardant avec attention à l'œil nu ou armé d'une loupe, on y voit une foule de petits grains ou points opaques sur un fond gris semi-transparent.

Ces petits points opaques forment par leur accroissement et leur réunion de petits îlots caséeux, jaunes, plus ou moins résistants.

Dans une seconde période, ces îlots se fondent les uns dans les autres et donnent une masse opaque, blanchâtre, grumeleuse, dont la consistance et la sécheresse varient suivant que la lésion est plus ou moins ancienne.

Lorsque cette transformation est de vieille date, le ganglion hypertrophié paraît constitué par une substance crayeuse, sèche, non vasculaire, qui se détache par grumeaux, et qui est enveloppée par la capsule du ganglion plus ou moins épaissie.

Comme dernier terme de cette lésion, on voit survenir la transformation calcaire.

On trouve assez souvent chez les vieillards des ganglions formés par une capsule fibreuse contenant une pierre légèrement lobulée et retenue à la capsule par des filaments fibreux qui pénètrent dans son intérieur. Cette pierre est friable, ou bien elle est assez consistante pour rebondir, si on la laisse tomber sur une surface dure. Il est rare cependant que la pétrification soit aussi complète; le plus souvent les ganglions pétrifiés renferment seulement une ou plusieurs petites masses calcaires dont le volume et la forme sont très variables.

Lorsqu'on examine au microscope les ganglions strumeux dans leur période d'état, c'est-à-dire lorsqu'ils sont hypertrophiés , de couleur gris jaunâtre et qu'ils sont parsemés de petits points ou îlots opaques, on y trouve deux lésions : un épaississement des cloisons fibreuses, et une dégénérescence granulo-graisseuse des éléments cellulaires du système folliculaire.

Tout au début, les tractus fibreux, qui de la périphérie du ganglion se dirigent vers le hile, sont épaissis et ils forment des bandes

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de tissu conjonclif qui accompagnent les vaisseaux sanguins et divisent le tissu adénoïde en îlots distincts.

A mesure que le tissu conjonclif devient plus abondant, les îlots de tissu adénoïde qu'il limite prennent une forme sphérique. Il se produit là le même phénomène que dans certaines cirrhoses du foie où le lobule hépatique est divisé et subdivisé en petits groupes de cellules qui sont ronds et entourés de bandes de tissu fibreux.

Les coupes colorées au picro-carminate d'ammoniaque montrent alors, à un faible grossissement, de petits îlots colorés en rouge orangé formés par du tissu réticulé des follicules et entourés par de larges bandes de tissu conjonctif embryonnaire ou fibreux coloré en rouge carmin.

On trouve, dans les petits îlots, de grosses cellules possédant un noyau ovoïde volumineux muni d'un nucléole et formées d'un protoplasma délicat, mou, granuleux, renfermant souvent des granulations graisseuses. Ces cellules, dont le noyau se colore facilement par le carmin, ont une forme allongée, un peu aplatie ou globuleuse. Elles contiennent rarement deux nojaux.

Sur des coupes aussi minces qu'on peut les obtenir sur la pièce à l'état frais, et traitées avec ménagement par le pinceau, puis colorées au picro-carminate, on peut étudier au mieux la structure des îlots; ils sont constitués par un réticulum dont les fibrilles sont plus molles, plus épaisses, plus grenues et plus friables que les fibres normales du tissu réticulé folliculaire. Au bord des fibrilles, lorsqu'on les examine à un fort grossissement, on voit de petites granulations, et leur surface est grenue. Ce sont des fibrilles du tissu réticulé imbibées, tuméfiées et ramollies. Les mailles qu'elles forment sont beaucoup plus larges qu'à l'état normal, et ces mailles enserrent les grosses cellules granulo-graisseuses, à noyau ovoïde, que nous venons de décrire. Dans les points où les cellules ont été tout à fait chassées par l'action du pinceau, il reste encore quelques granulations graisseuses fixées aux fibrilles du réticulum.

Sur les coupes faites après le séjour du ganglion dans de l'alcool faible, coupes qu'on débarrasse complètement de leurs cellules par l'agitation dans l'eau, on voit à l'œil nu, à la place de chaque point opaque, un espace clair. Celui-ci montre au microscope la charpente du tissu réticulé avec ses vaisseaux capillaires.

Le tissu fibreux qui entoure les îlots opaques est formé de fibrilles appartenant au tissu réticulé primitif. Mais ces fibrilles sont épaissies et rigides; elles affectent une direction parallèle à la sur-

LESIONS DES GANGLIOiNS LYMPHATIQUES.

face des petits îlots, et elles laissent entre elles de petites cellules rondes.

Les coupes obtenues après durcissement complet par le liquide àe MûUer, la gomme et l'alcool montrent très bien les îlots et les bandes de tissu fibreux qui les séparent. On peut aussi reconnaître que la capsule fibreuse des ganglions est épaissie ; mais le tissu réticulé des îlots ne peut plus être déblayé par l'action du pinceau.

Lorsque les îlots caséeux sont plus anciens, les vaisseaux qui les traversent sont oblitérés, et, sur des coupes perpendiculaires à leur direction, ils se montrent comme autant de cercles parsemés de noyaux et affectent ainsi une forme qui les fait ressembler à des cellules géantes. Les cellules contenues dans le réticulum deviennent iilors de plus en plus grenues et finalement elles s'atrophient.

Les îlots devenus caséeux se séparent plus ou moins complètement du tissu qui les entoure et ils paraissent alors limités par une fente.

Par suite de la confluence d'îlots devenus caséeux ou par la caséiiîcation en masse d'un groupe de ces derniers et du tissu conjonctif qui les entoure, une partie plus ou moins considérable du ganglion devient linalementjaune et friable. Les parties caséeuses sont presque toujours sphériques et entourées d'une coque fibreuse. Elles ne laissent plus voir que des cellules rondes atrophiées, un peu transparentes ou grenues, en contact les unes avec les autres. Le tissu fibreux est dense, homogène, semi-transparent; il fait corps avec la capsule très épaissie du ganglion. L'athmosphère cellulo-adipeuse de celui-ci a disparu; elle est remplacée par du tissu scléreux qui souvent funit intimement aux parties voisines, aux glandes sousmaxillaires et à la parotide, par exemple.

Cette altération, qui diffère très notablement des tubercules proprement dits des ganglions lymphatiques qui seront décrits plus loin, est du même genre que les transformations caséeuses qui surviennent dans d'autres organes chez les scrofuleux. Il est possible que dans certains cas elle se rattache à la tuberculose, car, ainsi que nous l'avons dit (page 234 et 235) cette maladie peut se traduire nonseulement par des tubercules bien caractérisés, mais aussi par des inflammations qui ont une tendance à se terminer par la dégénérescence caséeuse; la syphilis aussi se traduit à la fois par des gommes et par des néoplasmes inflammatoires variés nboutissant à l'état caséeux et qui diffèrent essentiellement de ceux de la tuberculose

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