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DÉGÉNÉRESCENCES SECONDAIRES DE LA MOELLE ÉPINIÈRE

ramollie, opaque, blanchâtre ou jaunâtre dans l'étendue qui correspond à la tumeur, c'est-à-dire dans un segment horizontal plus ou moins limité.

Lorsqu'un de ces segments est ainsi détruit, les parties de l'axe spinal situées au-dessus et au-dessous subissent des altérations qui, d'après les faits observés par Tiirck, Charcot, Vulpian, Bouchard, et par nous, paraissent constantes et qui sont les suivantes :

Les cordons postérieurs s'altèrent au-dessus de la partie ramollie (voy. fig. 278), et les cordons latéraux au-dessous. Dans les cordons postérieurs, cette lésion se localise bientôt dans les cordons de Goll; qui sont dégénérés dans toute leur hauteur et dans leur totalité jusqu'au plancher du quatrième ventricule (voy. fig. 278). La lésion descendante envahit d'abord, au voisinage du foyer de ramollissement, toute l'étendue des cordons antéro-latéraux (voy. fig. 275, D); puis elle se limite à la partie la plus reculée des cordons latéraux, au niveau des cornes postérieures (fig. 275 E. c', et F, c"); elle n'atteint jamais la surface de l'écorce de la moelle. La partie dégénérée va en s'effîlant à mesure qu'on l'examine plus bas. Les parties dégénérées contiennent des tubes nerveux qui ont subi la transformation graisseuse et qui sont atrophiés. Entre eux se trouvent de nombreux corps granuleux.

Fig. 279. — Dégénérescence secondaire des faisceaux postérieurs de la moelle dans un cas de compression des nerfs de la queue de clieval : d, lésion du cordon postérieur à la partie inférieure du renflement lombaire; d', la même lésion à la partie supérieure du renflement lombaire; d", lésion au niveau delà région dorsale; d'", la même lésion très restreinte au niveau du renflement cervical.

Dégénérescences de la moelle consécutives à la compression des

nerfs de la queue de cheval far une tumeur. — Dans un cas de sarcome que nous avons observé dans les nerfs de la queue de cheval, ces nerfs, comprimés et dégénérés au niveau de la tumeur, et les cordons postérieurs de la moelle, avaient subi une dégénérescence analogue (fîg. 279).

Plusieurs autres faits observés depuis ont montré que les cordons de Goll subissent cette dégénérescence par suite de la compression des nerfs de la queue de cheval.

Quelle est la cause des dégénérescences secondaires ascendantes dans les cordons postérieurs, descendantes dans les cordons latéraux? Elles tiennent à ce que les tubes nerveux coupés en un point de leur trajet deviennent granuleux dans la portion séparée de leur centre trophique. En effet les expériences de Waller ont montré que si l'on coupe les racines antérieures ou motrices des nerfs spinaux, les nerfs moteurs s'altèrent dans leur distribution périphérique, tandis que le segment central, conservant ses relations avec les cellules nerveuses des cornes antérieures de la moelle, reste normal. Le même expérimentateur a montré que la lésion des nerfs suit un trajet inverse lorsqu'on coupe les racines postérieures; la partie de ces racines restée en relation avec les cellules des ganglions rachidiens est normale, tandis que le segment central devient granuleux.

On a expliqué par la séparation d'avec leurs cellules trophiques les altérations que présentaient les tubes nerveux de la moelle dans ces dégénérescences secondaires.

Mais il n'en est pas moins vrai qu'il règne encore sur cette question une certaine obscurité qui tient surtout à ce que le trajet des fibres nerveuses dans la moelle est loin d'être complètement élucidé.

Dans leurs premières expériences physiologiques, Vulpian et Westphal n'ont pas réussi à reproduire des lésions ascendantes et descendantes dans la moelle des cochons d'Inde et des pigeons par la destruction d'un segment de l'axe spinal; mais dans des expériences plus récentes faites sur les chiens, ils ont vu des phénomènes de dégénérescence comparables à ce qu'on observe chez l'homme. Schiefferdecker, ayant réussi à faire vivre pendant plusieurs semaines des chiens à qui il avait coupé la moelle au niveau de la douzième vertèbre dorsale, a toujours constaté des lésions ascendantes et descendantes. Il en existait déjà des traces à la fin de la première semaine, et le plus haut degré de l'altération était atteint au bout de quatre ou cinq semaines. La dégénération ascendante se montrait^

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