‹ Manuel d'histologie experimentale (volume 2)Chapitre 25 sur 199 · I. Infiltration uratique · texte numérisé non relu

I. Infiltration uratique

J. Lésions causées par un excès de nutrition.

GO GÉNÉRALITÉS SUR l'hISTOLOGIE PATHOLOGIQUE.

A. Lésions occasionnées par la mort des éléments et des tissus (nécrose).

La mort de certains éléments est un fait physiologique et quelquefois même nécessaire à la fonction : par exemple, presque tous les épithéliums sont soumis à une mue incessante. Il est probable que certains éléments qui nous paraissent permanents se détruisent à des intervalles éloignés pour être remplacés par des éléments plus jeunes. C'est ce qu'on observe dans les fibres musculaires de la grenouille, où, chaque hiver, un certain nombre de faisceaux primitifs se détruisent (Wittich), tandis qu'il s'en forme de nouveaux au printemps, suivant le type du développement embryonnaire. Nous pouvons croire que des phénomènes analogues se produisent chez l'homme, bien que chez celui-ci on n'ait observé celte destruction des muscles que dans les maladies graves suivies de leur néoformation pendant la convalescence. Lorsque des cellules se sont formées en grande quantité sous l'influence d'une irritation, un certain nombre d'entre elles se détruisent faute de nutrition suffisante. C'est ce qui a lieu toutes les fois que l'apport des sucs nutritifs est insuffisant pour le nombre des éléments nouveaux. De tous les éléments du corps humain, les cellules et les tubes nerveux ont la plus grande longévité; ils résistent énergiquement à la plupart des processus pathologiques, et jusqu'à présent on ne leur connaît pas de destruction physiologique.

La mort des éléments histologiques survient dans deux conditions : 1° sous l'influence d'un arrêt de la circulation; 2° consécutivement à une lésion initiale des cellules.

1° Mort des éléments et des tissus par suite de l'arrêt de LA CIRCULATION. — Quaud il y a arrêt de la circulation dans une partie de l'organisme celle-ci meurt. Il se produit autour d'elle une inflammation suppurative, ou bien il s'établit une sorte de tolérance. La partie nécrosée (1) se décompose, se résout lentement en corps solubles, qui sont repris peu à peu par la circulation; on

(1) Nous employons ici le mot de nécrose, contrairement à l'usage, dans son sens le plus général, qui est celui de mort (vÉxpwaiç ou vexpô;, mort). Le mot de nécrose amsi compris a un sens plus général que celui de gangrène. Ce dernier, en effet, exprime l'idée de mort, puis de décomposition et d'élimination par une inflammation suppurative.

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