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MOUT DES ÉLÉMENTS ET DES TISSUS

dil alors qu'il y a infarctus et nécrobiose, tandis que dans le premier cas on dit qu'il y a eschare et gangrène.

Les premiers phénomènes qui suivent la nécrose s'observent dans les parties les plus délicates. Les globules du sang abandonnent leur matière colorante, laissent échapper sous forme de granules leur graisse de composition, et finalement se résolvent en un détritus granuleux. Des granulations colorées jaunes, brunes ou d'un rouge plus ou moins intense, et même des cristaux rhomboédriques d'un beau rouge orangé (cristaux d'hématoïdine), peuvent se montrer à la longue dans les parties nécrosées. Toutes les fois que le sang échappé des vaisseaux s'épanche dans une cavité naturelle ou artificielle il subit des modifications analogues.

Les globules blancs présentent une résistance beaucoup plus grande : ils se dessèchent, deviennent granuleux, irréguliers, anguleux; ils montrent des granulations graisseuses et même quelquefois des granulations pigmentaires; leurs noyaux et leur protoplasma se fondent en une masse commune. C'est là ce qu'on appelle un état caséeux (dessiccation et transformation granuleuse). Ces éléments ayant subi la métamorphose caséeuse persistent pendant un temps extrêmement long dans certaines circonstances déterminées que nous indiquerons plus loin.

Le tissu conjonctif, les os, les cartilages, les ligaments, etc., persistent presque indéfiniment dans les parties privées de la circulation, si la gangrène est sèche. Dans ce cas, la conservation des tissus, même de ceux qui s'altèrent facilement, est due à ce que leur eau de constitution s'évapore, et qu'elle est remplacée par la graisse échappée des cellules adipeuses. La graisse imprègne alors les tissus à mesure qu'ils se dessèchent, et les conserve parce qu'elle empêche l'apport de l'oxygène et de l'eau,, condition nécessaire à la putréfaction. La graisse infiltrée donne aux parties sèches et gangrenées leur translucidité qui apparaît sur les sections, tandis que leur coloration brune est liée à la présence des granulations colorées qui proviennent de la matière colorante du sang.

La gangrène humide survient lorsque le plasma sanguin continue à arriver au contact des parties mortifiées, ainsi que cela s'observe dans les gangrènes consécutives à l'inflammation et aux oblitérations veineuses. Dans le poumon, la présence de l'air est une condition qui la favorise. Quand les parties gangrenées sont profondes et ne peu-

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vent se dessécher, la gangrène est aussi forcément humide ; la graisse se réduit en granules, mais elle ne peut s'infiltrer dans des tissus dont l'eau n'a pas disparu. Lorsque l'oxygène n'arrive pas dans ces parties, comme cela s'observe dans le ramollissement cérébral et dans les infarctus spléniques, il n'y a pas de putréfaction possible, tandis qu'au contraire elle survient très vite à la surface du corps et dans le poumon. On doit donc distinguer à la gangrène deux phases, la mortification et \3l putréfaction. ■

Un exemple de mortification sans putréfaction s'observe très souvent chez les embryons morts et qui ont séjourné plus ou moins longtemps dans l'utérus. Certains de ces fœtus sont presque secs et ils résistent même à la putréfaction lorsqu'ils sont abandonnés à l'air après leur expulsion. Voici les altérations que montrent leurs éléments et leurs tissus :

Les globules rouges du sang sont généralement détruits, et, dans l'intéi'ieur des vaisseaux, on retrouve des globules blancs devenus €aséeux, tels que nous venons de les décrire, des granulations pigmentaires (hématine), arrondies ou anguleuses, et des granulations graisseuses.

Le cerveau et la moelle sont réduits en une bouillie dans laquelle on trouve des granulations de matière grasse, des cristaux de cholestérine et des cellules nerveuses dont les noyaux ne sont plus apparents; les tubes nerveux ont complètement disparu. Les nerfs périphériques sont très bien conservés; seulement la myéline, peu abondante à cet âge, est rassemblée sous forme de fines granulations graisseuses.

Les faisceaux musculaires du tronc et des membres ne contiennent pas de granulations graisseuses, mais seulement des granulations pigmentaires brunes provenant probablement de la matière colorante des muscles.

La substance musculaire elle-même, admirablement striée, se décompose en 5afcoit.s' éléments (1) ou en disques, sur lesquels on aperçoit encore très nettement la striation longitudinale; par contre, les fibres musculaires du cœur présentent toutes des granulations

(1) Cette macération est le seul moyen à nous connu pour obtenir en même [temps la dissociation des fibres musculaires dans le sens des stries longitudinales et des stries transversales. L'acide chromique, l'alcool, le sublimé, décomposent le faisceau musculaire en fibres longitudinales ; les acides acétique et chlorhydrique faible le décomposent en disques, mais nous ne connaissons pas de substance cbimique qui jouisse de ces deux propriétés à la fois.

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