MODIFICATIONS DES TISSUS CHEZ LES FŒTUS MACÉKÉS
graisseuses en certaine abondance. Cette conservation du muscle après la nécrose est fréquente, et nous avons observé, chez un adulte, un inCarctus d'un muscle dans lequel le tissu était blanchâtre, mais avait complètement conservé sa structure et sa striation.
Les cellules du foie des fœtus macérés sont détruites et remplacées par des amas de granulations protéiques et graisseuses, par des crisr taux de graisse et des granulations pigmentaires.
Les cellules des cartilages contiennent toutes quelques rares granulations graisseuses. Les cellules contenues dans les corpuscules osseux se colorent très-nettement par le carmin et sont bien conservées, ainsi que les noyaux des cellules connectives.
Dans la gangrène sèche, ainsi qu'il résulte de ce que nous avons dit plus haut, les tissus présentent des altérations analogues à celles que nous venons d'étudier dans les fœtus macérés; mais dans la
P[g 20. Cristaux de choies tériue et d'acide stéarique. Les cristaux représentés à gaucho
du dessin sont des lames de cholestérine.
gangrène humide, des modifications ultérieures qui surviennent amènent rapidement la décomposition des tissus qui s'infiltrent de sérosité ou de pus venus des parties voisines. Le tissu fibreux, même le plus dur comme celui des tendons, finit par se dissocier en filaments. Le tissu osseux seul, en tant que charpente, persiste pendant des années sans s'altérer. Nous avons observé un exemple de nécrose de l'humérus datant authentiquement de trente ans, et dans lequel la structure de l'os était conservée comme sur un os macéré, c'est-àdire avec la disparition des cellules vivantes des corpuscules osseux, mais avec la conservation parfaite des lamelles et des corpuscules étoiles. Cependant, dans ces cas, la surface des os est noire, ce qui est dû à la présence d'un sulfure de fer, le fer venant du sang, le soufre des matières protéiques décomposées.
64 GÉNÉRALITÉS SUR l'HISTOLOGIE PATHOLOGIQUE,
Les métamorphoses ultérieures de la graisse dans la gangrène humide donnent lieu à des cristaux de margarine, d'acide stéarique et de cholestérine. Les cristaux de leucine et detyrosine qu'on y trouve presque constammenl dérivent probablement des matières proléiques.
Enfin, on y rencontre des granulations anguleuses et des cristaux bruns ou noirs dérivant des globules rouges, et qui sont formés d'hématine ou de matières colorantes analogues.
2° Mortification des tissus par altération initiale des cellules. — La mort des tissus peut être due à une altération initiale des cellules. C'est ce qui arrive dans les dégénérescences graisseuses primitives des cellules,, telles qu'on les observe dans l'athérome artériel, la carie, etc., et dans les dégénérescences consécutives aune inflammation. Un grand nombre de cellules étant frappées de mort, le tissu qui en dépend meurt aussi. Divers ordres de phénomènes en sont la suite : il peut y avoir une véritable élimination des parties mortifiées par inflammation des tissus périphériques, comme, par exemple, dans la carie. Quelquefois la substance mortifiée persiste à sa place normale en s'infiltrant de sels calcaires, comme cela s'observe dans les plaques athérom^ateuses de l'aorte. Enfin la partie mortifiée se ramollit, tombe en détritus granuleux, et elle est reprise par la circulation.
B. Lésions occasionnées par une nutrition insuffisante des éléments (atrophie).
L'atrophie par nutrition insuffisante a été étudiée en tant qu'elle porte sur les organes, bien plus qu'en ce qui touche les éléments et les tissus. On ne connaît que très-peu d'exemples d'atrophies des éléments qui ne soient pas liées à l'une des dégénérescences que nous étudierons dans les paragraphes suivants.
L'atrophie est physiologique dans les circonstances suivantes : dans le développement embryonnaire, un certain nombre de vaisseaux, la veine et les artères ombilicales, le canal artériel, etc., s'atrophient. Le thymus subit le même sort pendant les premières années de la vie ; mais alors on y observe le plus souvent des dégénérescences graisseuses, colloïdes ou calcaires. Les organes génitaux s'atrophient dans la vieillesse. Chez l'homme, la fonction génitale est continue.