‹ Manuel d'histologie experimentale (volume 2)Chapitre 30 sur 199 · INFILTRATIONS SÉREUSE ET ALBUMINEUSE · texte numérisé non relu

INFILTRATIONS SÉREUSE ET ALBUMINEUSE

liîuix, les cellules épithéliales se gonilenl, se remplissent d'un liquide albumineiix conlcnant des gninulalions fines soliibics dans l'acide acétique. C'est là ce qu'on appelle la tuméfaction trouble des cellules. Les noyaux et les nucléoles peuvent aussi présenter des altérations

FiG. 30. — Cellules épithéliales du corps muqueux de Malpighi dans un cas d'irritation le'gère. Les noyaux sont deve:ius vésiculeux par la dilatation de leurs nucléoles. — 1, noyau et nucléole normaux ; 2, nucléole dilaté; 3 et 4, la même altération à un degré plus avancé.

analogues. Ainsi le nucléole des cellules du corps muqueux de Malpighi peut se remplir de liquide et prendre une forme franchement vésiculeuse.

Les faisceaux musculaires subissent une altération analogue; ils se gonflent, s'infiltrent d'une substance albumineuse grenue ; entre cet état et celui décrit par Zenker sous le nom de dégénérescence cireuse, on observe tous les intermédiaires. La dégénérescence cireuse de Zenker, parfaitement bien connue dans ses caractères physiques, ne l'est pas suffisamment au point de vue chimique. On ne sait si elle consiste simplement dans une infiltration séreuse ou albumineuse, ou dans une transformation colloïde avec laquelle, comme nous le verrons bientôt, elle présente certains points communs. Nous pouvons en dire autant d'une altération des cellules épithéliales de la bouche, du pharynx, du larynx et de la trachée, décrite par E. Wagner, et qui constitue une lésion importante de la diphthérite (voy. p. 72).

Dans les œdèmes, quelle que soit leur cause, on observe une infiltration séreuse ou albumineuse du tissu conjonctif aréolaire dans lequel le liquide exsudé occupe les espaces laissés libres entre les faisceaux. Lorsqu'on pique alors ce tissu, le hqr.ide s'écoule en grande abondance, parce que les espaces interfasciculaires artificiellement distendus communiquent nécessairement l es uns avec les autres. Dans ce cas, les préparations du tissu conjonctif s'effectuent très facilement, car il suffit d'en enlever une portion avec les ciseaux, de la placer sur une lame de verre et de la recouvrir d'une lamelle. On constate alors que ses fibres ne présentent aucne altération.

Il n'en est pas de même des cellules connectives. Ces cellules qui, à l'état normal, sont aplaties et présentent des prolongements plus ou moins étendus, se sont rapprochées de la forme globuleuse, et sont tuméfiées. Dans leur intérieur il existe des granulations albumino-graisseuses. Des granulations analogues se sont développées dans le protoplasma marginal des cellules adipeuses. Les cellules lymphatiques qui, comme on le sait, cheminent à l'état normal entre les fibres du tissu conjonctif, y sont en nombre plus considérable.

Dans l'œdème du poumon, la sérosité s'épanche dans les alvéoles qui, au point de vue de leur signification morphologique, sont les analogues des cavités lacunaires du tissu conjonctif.

D. Infiltrations muqueuse et colloïde.

Lorsqu'on traite du mucus ou de la synovie par l'acide acétique, on obtient un précipité blanc, filamenteux, qui ne se redissout pas dans un excès d'acide. Virchow a donné le nom de mucine à la substance qui se précipite ainsi. L'alcool précipite aussi bien la mucine que l'albumine, mais le précipité de mucine se gonfle dans l'eau. La mucine provient d'une élaboration de certaines cellules épithéliales des muqueuses ou des cellules de revêtement des membranes synoviales. On peut, en effet, retrouver dans ces cellules un liquide possédant les caractères de cette substance.

On connaît en outre dans l'organisme une matière gélatineuse, colloïde, plus consistante, qui résulte également d'une élaboration physiologique des cellules ; on l'observe en particulier dans le corps thyroïde . On voit, en effet, dans les cavités folliculaires de cet organe une masse réfringente qui est le produit des cellules qui les tapissent. Ces cellules paraissent produire la substance colloïde par une dégénérescence physiologique qui aboutit à leur destruction. La matière colloïde se colore facilement en rouge par le carmin et conserve cette coloration qui est moins forte que la coloration des noyaux, mais plus intense que celle du corps des cellules et de la substance intercellulaire; l'acide acétique ne la gonfle pas ou ne le fait que très légèrement et ne la rend jamais grenue.

La substance colloïde diffère donc de la mucine, en ce qu'elle ne se précipite pas par l'acide acétique. Celte substance colloïde a des rapports tels avec les substances protéiques, que Virchow est arrivé à la produire artificiellement, en traitant du sérum sanguin par le sel de cuisine calciné.

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