INFILTRATIONS MUQUEUSE ET COLLOÏDE
Entre la matière muqueuse et la matière colloïde, on rencontre des intermédiaires, de telle sorte que la distinction entre elles n'est pas assez nette pour qu'on puisse la faire dans tous les cas, ce qui justifie notre description dans un chapitre commun.
On rattache à une transformation muqueuse le ramollissement et la destruction de la substance fondamentale des cartilages costaux chez les vieillards. Partant de ce seul fait, quelques observateurs, Rindfleisch entre autres, ont supposé que toutes les fois que la substance fondamentale est détruite et que les cellules sont mises en liberté, cela est dû à une transformation muqueuse de la substance fondamentale ; mais cette manière de voir n'est pas appuyée sur des observations suffisantes.
Il n'y a pas de dégénérescence muqueuse ou colloïde pathologique qui ne trouve son analogue dans les exemples d'évolution muqueuse ou colloïde physiologique que nous venons de rapporter.
La matière muqueuse ou colloïde se forme dans l'intérieur des cellules. On l'observe dans les cellules épithéliales des muqueuses affectées de catarrhe.
Elle apparaît sous forme d'amas globuleux autour des novaux ou
FiG. 31. — Cellules en transfurmalioii muqueuse, pi-ovoiiant d'une inflammation calaiTlialo do la muqueuse des voies aériennes. — 1, cellules cylindriques en de'générescenco muqueuse ; 2, globule de pus; 3, le même traite par l'acide acétique; 4, cellule cylindrique dont les cils vibratiles sont en mouvement; 5 et 6, petites cellules vibratiles arrondies; 7, 8 et 9, cellules des fosses nasales en dégénérescence muqueuse dans le coryza. — Grossissement de 450 diamètres.
à côté de ceux-ci dans le protoplasma. Lorsque cette matière s'accumule dans une cellule, elle rejette le noyau à la périphérie,
ainsi qu'on le voit à l'état physiologique dans les cellules caliciformes. D'après Foerster, et nous nous rangeons à son opinion, une partie des corps appelés physalides par Virchow résultent de la transformation colloïde des cellules. Les globes colloïdes formés dans l'intérieur des cellules peuvent présenter des couches concentriques. Ils se colorent facilement par le carmin, se rétractent quelquefois sous l'influence de l'acide acétique. Nous verrons bientôt comment on les distingue des globes calcaires, amyloïdes et graisseux.
La sécrétion de la mucine s'exagère dans les catarrhes ou inflammations superficielles des muqueuses et dans les inflammations articulaires, en particuHer dans le rhumatisme aigu. Elle est liée à une activité plus grande des cellules.
L'exagération de la formation de la substance colloïde acquiert son maximum d'intensité dans les tumeurs du corps thyroïde appelées goitres. Dans certains goitres, en effet, il n'y a rien autre que l'exagération de cette formation, qui aboutit à donner des kystes plus ou moins volumineux, pouvant communiquer les uns avec les autres.
La transformation colloïde des cellules s'observe quelquefois dans les ganglions lymphatiques chez les vieillards. On voit alors toutes les cellules lymphatiques d'un follicule devenir colloïdes et donner naissance à des kystes nombreux, comparables aux follicules de la glande thyroïde de l'adulte.
Dans le rein, chez les vieillards surtout, certains kystes sont rem-
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FiG. 32. — Coupe de deux tubes urinifères kystiiues remplis de matière colloïde a, au milieu de laquelle on voit des cylindres hyalins de même nature 6, 6'. —Grossissement de 100 diamètres.
plis par une substance colloïde qu'on peut voir naître aux dépens des cellules épithéliales des tubuli. Ceux-ci se dilatent et se transforment en kystes dont le centre est occupé par une masse colloïde festonnée à ses bords et montrant des cellules en train de subir cette dégénérescence, comme dans le corps thyroïde.