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ÉTUDE SYNTHÉTIQUE DE L'INFLAMMATION; SES FORMES CLINIQUES

Maintenant que nous avons analysé les divers phénomènes qui rentrent dans l'inflammation, nous pouvons faire la synthèse de ces différents états et étudier leur groupement naturel dans les maladies inflammatoires de l'homme.

En premier lieu, tous les auteurs ont divisé les inflammations en aiguës et chroniques. Le type des premières est le phlegmon; le type des secondes est la cirrhose du foie. Mais s'il y a une grande distance entre ces deux extrêmes, on observe entre eux tous les intermédiaires, et, dans un même tissu, il est souvent difficile de saisir la limite entre les inflammations aiguës et les inflammations chroniques. Par exemple, les phénomènes histologiques du catarrhe chronique des muqueuses sont très voisins de ceux de la même maladie à l'état aigu et n'en diffèrent que par l'épaississement plus considérable de ces membranes et par leur pigmentation.

Une division plus utile et plus anatomique est basée sur la forme des lésions mêmes, sur leur siège, leur degré d'intensité et leur cause. C'est ainsi qu'on peut admettre les groupes suivants :

I. Inflammations congestives. — Tels sont les hyperhémies inflammatoires, les érythèmes cutanés, l'érysipèle, toutes les inflammations catarrhales aiguës des muqueuses, les inflammations rhumatismales des articulations, etc.

Dans toutes ces lésions, on trouve, avec la congestion, des proliférations, des exsudats muqueux contenant des globules de pus, mais c'est toujours la congestion qui domine.

II. Inflammations exsudatives. — Nous renvoyons pour leur étude générale à ce qui a été dit des exsudats. On devrait faire autant de formes différentes d'inflammations qu'il y a d'cxsudats distincts; mais, dans la réalité, presque tous ces exsudats sont

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mixtes, et contiennent de la fibrine, de l'albumine, du mucus et des globules de pus, et ils rentrent presque tous dans ce que les médecins allemands appellent exsudât croupal : tels sont les exsudats de la pneumonie aiguë, la pleurésie, la péricardite, la péritonite, etc.

HI. Inflammations purulentes. — Appartiennent à cette variété les infections purulentes, l'infection puerpérale, etc. Ces inflammations exigent pour se produire une plaie suppurante, traumatique ou physiologique, comme les ulcères sanieux de la muqueuse utérine au niveau de l'insertion du placenta. Dans ces infections, du pus se montre, dans la plupart des organes, avec une facilité et une abondance extraordinaires, et, par contre, les phénomènes congestifs sont relativement peu accusés. Ainsi, une articulation sera pleine de pus avec une membrane synoviale à peine injectée. L'hypothèse de Gohnheim rend bien compte de cette facilité de la suppuration, bien qu'on comprenne diflicilement qu'une masse aussi énorme, plusieurs litres, par exemple, de pus, puisse préexister dans le sang et en sortir dans l'espace de quelques jours.

D'après les recherches de M. Pasteur, l'infection purulente serait produite par un vibrion qui vit dans l'eau commune, et qui est à la fois aérobie et anaérobie, c'est-à-dire pouvant vivre dans l'air ou sans air. Par l'inoculation de ces microbes il se produit du pus au bout de quelques heures et un véritable abcès quelques jours après. Si le microbe générateur trouve dans l'économie un milieu de culture favorable, il détermine des foyers de suppm^ition dans divers organes et la mort (communication à l'Académie des sciences et à l'Académie de médecine, avril 1878).

tV. Suppurations infectieuses et septicémie. — D'après M. Pasteur, la septicémie est due à un autre vibrion ou microbe seplique qu'il est parvenu à cultiver et à reproduire dans des cultures successives, comme il l'avait fait pour le microbe de l'infection purulente, Ce microbe est tué par l'oxygène ; il est anaérobie. Cependant il faut faire une distinction entre le vibrion adulte et les corpuscules germes. Ces derniers peuvent, en effet, conserver leurs propriétés malgré le contact de l'air.

Les bactéries qu'on rencontre constamment dans le sang des nnimaux atteints de charbon (Davaine, Toussaint, etc.), sont aérobies, d'après M. Pasteur, et ne peuvent se passer du contact de l'oxygène.

On trouverait des microbes possédant des caractères et des [)ro-

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priélés spéciales dans la plupart des maladies contagieuses et infectieuses, suivant MM. Pasteur, Coze et Feltz, Hallier, Colm, Klebs, Tiegel, Tigri, etc. Mais ces recherches ont donné lieu à trop de débats contradictoires et de dénégations pour qu'on puisse encore regarder leurs conclusions comme démontrées.

V. Inflammations hyperplastiques ou interstitielles. — Ce sont celles qui débutent d'emblée, soit à l'état aigu, soit à l'état chronique, par une végétation de tissu embryonnaire qui passe peu à peu à l'état de tissu conjonctif adulte ou de tissu osseux. Tels sont les cirrhoses du foie, du rein, la pneumonie interstitielle, les scléroses, les périostoses, les exostoses, etc.

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