‹ Manuel d'histologie experimentale (volume 2)Chapitre 8 sur 199 · TISSU CONNECTIF LACHE. — SES CELLULES · texte numérisé non relu

TISSU CONNECTIF LACHE. — SES CELLULES

Dans ces préparations on dislingue de grandes cellules connectives membraneuses et ramifiées et, à côté d'elles, des faisceaux de tissu conjonclif, des libres élastiques et des cellules lymphatiques. Ces dernières n'occupent pas dans le tissu conjonctif une situation fixe.

FiG. 9. — Tissu cellulaire sous-cutanû do la région inguinale du chien. — a, faisceaux connectifs gonfles par l'acide forraique et présentant des fibres annulaires; b, fibres élastiques; c, cellules plates du tissu conjonctif vues de face ; c' les mômes vues de profil; n, cellules lymphatiques.

Elles appartiennent au plasma qui remplit les mailles comprises entre les faisceaux connectifs.

Les cellules lymphatiques possèdent, comme toutes les cellules de la même espèce, des mouvements amiboïdes. Lorsqu'elles sont vivantes et placées dans des conditions favorables, elles donnent naissance à des prolongements protoplasmiques qui s'implantent sur les surfaces voisines, reviennent ensuite sur eux mêmes tandis, que d'autres prolongements amiboïdes ou pseudopodes se forment, s'accroissent et se fixent comme les premiers. C'est surtout par ce mécanisme que les cellules lymphatiques se déplacent et cheminent. Aussi constituent-elles des éléments essentiellement migrateurs, alors même qu'elles ne sont entraînées par aucun courant de liquide.

La migration des cellules au sein même des tissus a été découverte

par Recklinghausen, et c'est là un fait qui est devenu d'une importance considéra])le en anatomie pathologique.

Le tissu connectif lâche peut être considéré comme du tissu muqueux à une phase plus avancée du développement. C'est ainsi que chez l'embryon, dans tous les points où se formera plus tard du tissu connectif, il existe du tissu muqueux. A la naissance, le cordon ombilical et le corps vitré sont les seules parties qui en soient formées.

Dans la composition du tissu connectif fibreux (aponévroses et tendons) il entre les mêmes éléments constitutifs que dans le tissu connectif lâche, c'est-à-dire des faisceaux de tissu connectif, des fibres élastiques et des cellules plates; seulement les faisceaux connectifs,au lieu d'être, comme dans le tissu connectif lâche, dirigés dans tous les sens et jusqu'à un certain point indépendants les uns des autres, son? tous parallèles ou entre-croisés d'une manière simple, suivant des plans perpendiculaires ou plus ou moins obliques. S'ils sont tous parallèles, les cellules plates qui sont situées à leur surface sont disposées en séries rectilignes et portent les empreintes plus ou moins nombreuses et parallèles entre elles des autres faisceaux connectifs qui sont appliqués sur leur surface. Lorsque les faisceaux connectifs sont perpendiculaires entre eux comme dans certaines aponévroses de la grenouille, par exemple celle du triceps crural, entre les deux couches de fibres on observe des cellules aplaties et garnies de crêtes d'empreinte qui correspondent aux interstices des faisceaux et qui sont perpendiculaires entre elles, les unes correspondant au plan superficiel, les autres au plan profond.

Dans les tendons, les ligaments et les aponévroses on ne rencontre pas de cellules lymphatiques ; le plasma qui en baigne les éléments constitutifs ne contient pas d'éléments figurés.

Le tissu adipeux résulte de l'accumulation de la graisse dans les cellules du tissu muqueux ou du tissu conjonctif lâche. La graisse forme d'abord des granulations distinctes au sein du protoplasma de la cellule. Peu à peu ces granulations deviennent plus volumineuses; elles se fondent les unes dans les autres. Le noyau est refoulé à la périphérie ; il se forme une membrane secondaire qui enveloppe l'élément tout entier, de telle sorte qu'une cellule adipeuse complètement développée est formée de trois parties distinctes : en dehors la membrane enveloppante, au-dessous d'elle une lame de proLoplasma con-

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tenant le noyau de la cellule, et tout à fait en dedans une grosse gouLle dégraisse. Chez l'homme cette graisse est liquide à la température ordinaire. Après la mort il s'y forme des aiguilles de margarine. Les cellules conncctivcs devenues des cellules adipeuses ne sont pas disposées au hasard au sein du tissu conjonctif. Elles forment des groupes, des lobules de dimension variable possédant chacun un réseau capillaire distinct et très-caractéristique, chacune des mailles vasculaires englobant une ou plusieurs vésicules adipeuses.

Dans le tissu réticulé, les fibres de tissu conjonctif sont extrêmement grêles. Elles s'accolent, se séparent pour s'unir ensuite à de nouvelles fibrilles et forment par leur réunion un réticulum délicat

FiG. 10. — Coupe de la substance médullaire d'un ganglion lymphatique du bœuf; a, subslaiice folliculaire ; b, travées flbrcusos ; c, \oies do la lymphe; d, vaisseaux sanguins. Grossissement de 300 diamètres. (Figure empruntée à M. Recklinghausen.)

dont les travées affectent toutes les directions et sont recouvertes par des cellules minces, plates, qui s'étendent sur leur surface, se moulant sur elles à la manière d'un vernis. Les mailles du tissu conjonctif réticulé sont parcourues par des vaisseaux et sont comblées par du plasma chargé de cellules lymphatiques.

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