‹ Manuel d'histologie experimentale (volume 2)Chapitre 7 sur 199 · TISSU CONNKCTIF LACHE. — SES CELLULES · texte numérisé non relu

TISSU CONNKCTIF LACHE. — SES CELLULES

ccaiix de tissu conjoncLil', qui daus le tissu muqucux sont toujours peu développés, ont pris un très-grand accroissement. Ils sont trèsnombreux et la plupart d'entre eux ont acquis un diamètre considérable. Ces laisceaux sont constitués par des fibrilles réunies entre elles par une substance cimentante molle qui leur permet de glisser les unes sur les autres. C'est de là que résulte leur aspect ondulé qui les lait ressembler à des cheveux. Les cellules connectives ne sont jamais dans l'intérieur des faisceaux; elles sont toujours situées à leur surlace. Elles sonl plates, ramifiées et présentent souvent des prolongements également plats qui les unissent les unes aux autres comme dans le tissu muqueux. A leur surface se voient aussi des sortes de crêtes résultant de l'empreinte des faisceaux voisins, crêtes qui, décrites récemment par Waldeyer, sont analogues, mais non semblables à celles que l'un de nous avait déjà décrites pour les tendons. Ces cellules sont munies d'un noyau également aplati.

Dans la première édition de ce manuel nous avions adopté sur la structure du tissu conjonctif la manière de voir de Virchow modifiée par Recklinghausen, et nous pensions que ce tissu est constitué par une substance fondamentale fibrillaire au sein de laquelle sont creusés des canaux (canaux plasmatiques, canaux du suc). Les cellules plasmatiques ou cellules connectives se trouvaient comprises dans l'intérieur de ces canaux.

Cette fausse interprétation provenait de ce qu'on examinait surtout le tissu conjonctif sur des coupes transversales après dessiccation ou après durcissement par l'acide chromique ou l'alcool et après l'action de l'acide acétique. Aussi Henle, qui continuait à avoir recours à la dissociation pour étudier le conjonctif, s'est toujours élevé contre la conception de Virchow et de ses élèves. Sa description des faisceaux de tissu conjonctif est parfaite. Il a reconnu leur constitution fibrillaire et il a décrit autour d'eux des fibres annulaires ou en spirales qui les enlacent et les consolident. Seulement Henle n'a pas reconnu dans le tissu conjonctif l'existence de cellules actives, et il ne restait dans ce tissu que des éléments dérivés des cellules primitives, ce qu'il appelait fibres de noyaux (fibres annulaires, spirales ou élastiques).

Les fibres annulaires et spirales se colorent en rouge par le carmin et gardent celte coloration après l'addition de l'acide acétique ou de l'acide formique, tandis que les fibres élastiques restent incolores. Les noyaux des cellules connectives, la surface des laisceaux de tissu conjonctif, sont colorés par le carmin de la même façon que

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les fibres spirales. Yirchow, qui, dans ses préparations, avait reconnu l'existence des noyaux, les croyait compris dans des cellules analogues aux corpuscules osseux, parce qu'ils sont nécessairement

FiG. 8. — Tissu conjonclif. — a, faisceaux connectifs coupes transversalement ou obliquement à leur direction ; b, cellules de tissu conjonctif. — Grossissement de 200 diamètres. (Coupe obtenue après la dessiccation, colorée au carmin et traitée par l'acide acétique.)

limités par la surface des faisceaux accusés aussi par la coloration qu'ils présentent.

Bien que Virchow se soit mépris sur la forme, les rapports et la signification des cellules de tissu conjonctif, il n'en a pas moins le mérite d'avoir affirmé leur existence.

Pour reconnaître la structure du tissu conjonctif, c'est-à-dire la forme des cellules qui lui appartiennent et le rapport de ces cellules avec les faisceaux de fibres, la dissociation simple dans l'eau, comme on la faisait jadis et comme la pratiquait Henle ne suffit pas. Lorsque, en effet, après avoir enlevé une petite masse du tissu sous-cutané chez l'homme ou chez un mammifère, on la dissocie dans l'eau avec les aiguilles, les faisceaux se mêlent dans tous les sens, de telle sorte qu'il est difficile de les distinguer les uns des autres et de voir les parties comprises entre eux. Cette élude doit être faite à faide des injections interstitielles. Voici comment on procède : Au moyen d'une seringue hypodermique munie d'une canule à extrémité tranchante, on injecte au sein du tissu connectif un liquide indifférent, tel que le sérum simple ou faiblement iodé, ou bien une solution qui a la propriété de fixer dans leur forme les éléments délicats (nitrate d'argent à 1/1000, acide osmique à i/100, alcool au tiers). Il se fait une boule d'œdème artificielle qui grossit au fur et à mesure qu'on injecte du liquide sans que sa forme soit notablement modifiée. De celte boule, on enlève, au moyen de ciseaux bien tranchants, des fragments minces du tissu œdématié qui sont mis tout de suite sur un verre et recouverts d'une lamelle.

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