LYMPHADÉNOMES DU TISSU OSSEUX
réticulé de nouvelle formation, et, au-dessous d'elles, le même tissu qui remplace le chorion de la muqueuse.
Bœttcher a décrit des tumeurs adénoïdes dans le poumon; mais il ne donne pas de renseignements bien précis sur la structure du tissu nouveau, et si nous tenons compte des faits observés par nous, nous pouvons supposer qu'il s'agissait là d'une apoplexie de globules blancs ou de noyaux de pneumonie catarrhale, plutôt que d'une production nouvelle de tissu adénoïde. On conçoit néanmoins qu'il puisse se produire des tumeurs de ce genre dans les poumons.
Dans les os, les lymphadénomes sont caractérisés par un tissu
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FiG. 141. — Coupe d'un lymphadénome du testicule (grossissement de 40 diamètres): a, a, lumière des tubes séminifères. Tout le tissu appartenant à la paroi de ces tubes et le tissu conjonctif propre du testicule sont transformas en un tissu réticulé, ainsi que ie montre bien nettement la figure 142 dessinée à un plus fort grossissement.
réticulé bien développé dont les mailles sont remplies d'éléments lymphatiques (voy. fig. 1-44).
Les lymphadénomes sont communs dans les divers organes que nous venons de passer en revue, mais on peut en rencontrer aussi dans d'autres parties de l'organisme, le testicule, la peau, le tissu conjonctif sous-cutané ou intermusculaire, etc.
Uûe forme singulière de lymphadénie est celle qui débute dans la peau et qui peut y rester parfaitement limitée. C'est la lymphadénie cutanée appelée longtemps mycosis fongoïde. Cette affection est
caractérisée par des tumeurs de volume très variable, dont quelques-unes subissent à un moment donné une régression complète, tandis que d'autres restent stationnaires ou qu'il s'en développe de nouvelles. Ces tumeurs sont constituées par une néoformation de tissu
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FiG. 142. — Coupe d'un lymphadénome du testicule, passant à travers un tube séminifère (grossissement do 300 diamètres) : n, coupe du tube séminifère dont la paroi très épaissie est transformée en tissu adénoïde et dont la lumière très étroite présente quelques cellules libres ; e, libres du tissu réticulé ; n, cellules lymphatiques. (D'après une préparation de M. Malassez.)
lymphatique complet situé dans l'épaisseur du derme ; le nouveau tissu se développe entre les faisceaux préexistants du tissu conneclif qu'il écarte pour s'y loger (voy. fig. 143.)
On conçoit dès lors que si le néoplasme disparaît, les éléments du derme reviennent simplement à leur structure primitive sans qu'il se forme de cicalrice.
Une tumeur isolée de lymphadénie cutanée n'a donc pas de tendance absolue à persister et à s'accroître. Dès lors elle paraît ne pas rentrer dans la définition des tumeurs en général telle que nous l'avons formulée ; mais ce n'est là qu'une exception apparente, caria néoplasie
DEVELOPPEMENT DES LYMPIIADENOMES.
considérée dans son ensemble persiste, et même elle a une tendance marquée à s'étendre.
Le développement des lymphadénomes ne peut être bien suivi que
FiG. 143. — Coupe de la peau atteinte de lymphadénie cutanée (grossissement de 20 diamètres) : l, m, couches épiJermiques présentant au-dessous d'elles des papilles tuméfiées. Dans le tissu du derme et dans le tissu cellulo-adipeux, il existe un tissu .idénoïde dans lequel o.t reconnaît encore les éléments de la peau, les glandes sudoripares s, et les vaisseaux v. L'épaisseur du derme est considérable.
dans les organes où le tissu adénoïde n'existe pas à l'état physiologique, dans le foie, les reins, les testicules, la peau et les os, par exemple.
La première phase de ce développement consiste dans la production d'une masse de tissu embryonnaire aux dépens du tissu conjonctif interstitiel des organes et peut-être aussi aux dépens des globules blanc^ sortis des vaisseaux.
Fie. 144. — Tissu adénoïde développé dans l'os iliaque : a, cellules plates appliquées sur les travées b, fibrilles du stroma naissant; c, quelques-unes des cellules contenues dans les mailles du réticulum. — Grossissement de 500 diamètres.
Mais bientôt on voit se produire les trabécules du tissu lymphatique dans les mailles duquel les cellules restent emprisonnées. Telle est au moins l'interprétation la plus naturelle des faits qu'il est donné d'observer dans les tissus dont la structure est simple, dans la moelle des os par exemple (voy. fig. 144).
Les lymphadénomes sont sujets à diverses modifications de leur tissu.
On y observe fréquemment des hémorrhagies diffuses. Celles-ci se montrent seulement dans les lymphadénomes, ou bien elles existent en même temps dans ces tumeurs et dans les organes qui n'en sont pas le siège. C'est ce qui arrive surtout dans la leucocythémie. Les apoplexies s'expliquent alors par la rupture des capillaires à la suite d'une accumulation des globules blancs dans leur intérieur. En effet, les globules blancs jouissent d'un pouvoir adhésit qui a été démontré par Poiseuille, et si leur nombre devient considérable (dans certains cas, il est plus grand que celui des globules rouges), on conçoit que la circulation puisse être entravée, et que la tension sanguine devienne assez grande pour déterminer la rupture des vaisseaux. Le sang épanché subit alors ses modifications régressives habituelles.
Quelquefois aussi la stagnation du sang dans les vaisseaux en amène la coagulation, et il se forme alors des infarctus (voyez les altéra-