‹ Manuel d'histologie experimentale (volume 2)Chapitre 89 sur 199 · KYSTES DU REIN · texte numérisé non relu

KYSTES DU REIN

en tube et des glandes acineuses (voy. p. 344, et Polypes muqueux de Veslomac et de l'Intestin).

Le foie présente quelquefois des kystes contenant de la bile ou de la matière colorante de celle-ci, ou simplement un liquide séreux. Ces substances solides ou liquides s'accumulent dans des conduits biliaire: dilatés au-dessus d'un obstacle au libre cours de la bile (voy. Foie).

Le rein est très fréquemment le siège de kystes dont la cause et l'origine sont très variables. Tels sont les kystes congénitaux, parfois très volumineux, provenant de l'atrésie des papilles, suivant

FiO. 173.-- Kyste coiigénita; au rein, d'aprJs Vircliow.

Virchow. Cet auteur a trouvé dans le liquide de ces kystes des urates nous avons nous-mêmes trouvé de l'urée dans des kystes de même nature. Tel;- sont encore les kystes séreux ou colloïdes, plus ou moins volumineux, observés cbez l'adulte, les uns à la suite delà maladie de Bright, les autres dans la néphrite interstitielle, contenant soit un liquide séreux, soit des concrétions colloïdes, et développés par suite de la distension des tubes urinifères ou des capsules des glomérules (voy. Kystes du rein).

Le testicule \ivît\iQwiQ, souvent de pareilles formations, soit en dehors des éléments glandulaires, soit aux dépens de l'hydatide do Morgagni,

soit aux dépens des tubes séminifères distendus. Leur contenu contient fréquemment des spermatozoïdes (voy. Kystes du testicule). Les formations kystiques de Vutérus sont presque normales dans •ce qu'on a désigné sous le nom (ïœufs de Nahoth (voy. Utérus).

F:g. 174. — Kyste coIloÏLie et alliéromaleiix du rein.

Dans la mamelle il existe des kysles qui sont développés, d'après Virchovv, aux dépens des conduits galactophores. Ils sont quelquefois remplis d'un détritus caséeux et souvent ils sont tellement distendus qu'avant de les ouvrir on croirait avoir affaire à une tumeur solide. Des productions analogues se montrent aussi dans les diverses tumeurs de celle glande.

c. Les kysles formés de toutes pièces et ne résultant plus, comme les précédents, de la distension de cavités préexistantes, se montrent avec les caractères suivants :

4" Dans le tissu conjonclif sous-culcmé ou profond, i\s sont icinlol formés d'une membrane mince contenant un liquide séreux, tantôt d'une paroi beaucoup plus épaisse , irrégulière , anfractueuse et tapissée d'un épilhélium cylindrique à cils vibratiles. Fôrster avait déjà observé un revêtement de cellules à cils vibratiles dans certains kystes. M. Dumoulin a décrit des kystes pérllaryngiens et péritrachéaux qui possèdent un revêtement de celte nature.

Nous avons eu l'occasion d'observer plusieurs kystes à épilhélium vibratile, notamment un kyste prolifère du péritoine enlevé par M. Maisonneuve.

2° Des kystes formés de toutes pièces se montrent, rarement il pM vrai, dans les muscles, les tendons, les os, le cerveau, etc.

KVSTKS rM',oi,iFi':r.Ks iiK r,'ov,\ip.E. 357

3" Dans les ovaires où ils sonl 1res lVc(|iiciUs, ces kystes constiLiiciil la vaiicté désignée sous le nom de kystes prolifères.

Depuis les recherches de Plluger et de Waldeyer, on sait que les ovules proviennent primitivement des cellules du revêtement épithélial péritonéal de l'ovaire.

L'épithélium de la surface de l'ovaire envoie dans le stroma de cet organe des bourgeons épithéliaux pleins qui y végètent et s'isolent ensuite pour constituer les follicules de de Graaf. Le follicule de de Graaf n'est donc autre chose qu'un kyste physiologique développé aux dépens de l'épithélium germinatif qui recouvre l'ovaire.

L'origine des kystes prolifères paraît être aussi dans l'épithélium de la surface de l'ovaire. Cette opinion, soutenue d'abord par Waldeyer, a été développée dans ces derniers temps par Malassez et de Sinéty. Suivant ces derniers, on voit se produire à la surface de l'ovaire et pénétrer dans l'intérieur de son stroma des bourgeons épithéliaux analogues à ceux qui constituent chez l'embryon les tubes de Pfluger. Ils végètent, se ramifient, deviennent creux et forment des culs-desac tapissés d'épithélium. Ces tubes de nouvelle lormation présentent à leur intérieur des cellules épithéliales qui sont cylindriques ou cubiques, souvent pourvues de cils vibratiles, caliciforraes, etc. Cette polymorphie des cellules les distingue de celles qui tapissent les tubes de Pfluger aussi bien que les follicules de de Graaf. La surface des cavités de nouvelle formation qui deviennent le point de départ des kystes prolifères est villeuse ; le revêtement épithélial donne naissance à une végétation et à des bourgeons épithéliaux qui pénètrent dans la paroi et ont de la tendance à devenir le point de départ de nouveaux kystes.

Ces kystes prolifères ont des caractères qui les distinguent de toutes les variétés précédentes : on les rencontre le plus souvent dans l'ovaire, mais quelquefois aussi dans le grand épiploon. Ils peuvent atteindre des dimensions considérables et ils constituent les plus grands des kystes qu'on connaisse dans l'anatomie pathologique humaine. Ils sont tous multiloculaires. Ils possèdent des parois épaisses indépendantes les unes des autres ou communes à plusieurs cavités kystiques. Leur membrane interne ressemble à une muqueuse et présente à sa surface, disposées sous forme d'îlots plus ou moins étendus, des papilles ou des villosités. Enfin, dans la paroi de ces kystes, on trouve des kystes secondaires.

Le tissu qui sépare et réunit ces différents kystes est le plus sou-

vent un tissu conjonctif jeune très vasculaire, connplètement embryonnaire dans certains points. Dans quelques faits nous avons trouvé du tissu muqueux. Les papilles ou villosités végétant à la surface interne des kystes sont simples ou composées : leur disposition est souvent très compliquée comme le montre la figure 175. Leur

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