KYSTES SÉREUX
Nous indiquerons rapidement les rctj;ions où on les obsei've, les diverses variéLés qu'on y distingue, en renvoyant le lecteur aux organes, où ils seront décrits avec plus de détails.
a. Les cavilés séreuses peuvent être considérées comme creusées au milieu du tissu conjonctif qui entoure les organes; elles sont recouvertes d'endothélium, endothélium qui correspond aux cellules du tissu conjonclif. Aussi ne serons-nous pas surpris de voir dans le tissu conjonctif lâche, en quelque endroit qu'on le considère, se développer des cavités accidentelles régulières ou cloisonnées, tapissées partout d'un endothélium.
A l'état physiologique, la membrane de ces cavités sécrète un liquide séreux qui est repris avec une grande facilité par les vaisseaux. Cette facilité de résorption est démontrée par la disparition rapide des liquides qu'on y injecte. Mais, si la membrane séreuse est enflammée, la résorption d'un liquide injecté est impossible (Rindfleisch), et de plus, l'irritation de la membrane séreuse détermine une sécrétion abondante. Il suffit donc d'une irritation même légère pour transformer une bourse séreuse en une cavité kystique.
Les transformations kystiques des bourses séreuses sous-cutanées sont connues sous le nom dliygroma. Cette lésion appartient aux tumeurs par sa tendance à persister indéfiniment, bien qu'elle soit habituellement d'origine inflammatoire. Beaucoup d'autres tumeurs ont aussi une origine inflammatoire, par exemple les exostoses et les fibromes lamellaires.
La membrane kystique des hygroma est généralement épaisse, formée par un tissu conjouclil' dense d'apparence cartilagineuse. D'après Yirchow, elle serait toujours tapissée d'un épithélium pavimenteux. Le liquide contenu est transparent ou légèrement troublé par des cellules détachées : il contient parfois des concrétions très irrégulières de forme (grains riziformes), constituées par des couches concentriques sans structure liistologique et dont l'origine est diversement interprétée. Yirchow pense qu'ils proviennent d'un bourgonnement de la paroi du kyste.
Les gaines tendineuses présentent avec les bourses séreuses souscutanées la plus grande analogie de structure; elles sont constituées aussi par une couche de tissu conjonctif recouvert d'endothélium,
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aussi bien sur la surface du tendon que sur la surface opposée. De plus elles posséderaient, d'après Gosselin, au niveau de cette surface, de petites dépressions en doigt de gant, pénétrant dans le tissu conjonctif circonvoisin. Ce sont ces prolongements qui donneraient naissance, après l'oblitération de leur goulot, à de petits kystes en connexion avec les gaines tendineuses.
On a donné à ces kystes des gaines tendineuses le nom de ganglions; on les observe surtout au poignet et au dos du pied. Leur structure présente une grande analogie avec celle des bourses séreuses atteintes d'hygroma; ils contiennent souvent aussi des corps riziformes.
Les hydrocèles de la tunique vaginale et les hydropisies des séreuses articulaires pourraient se placer à côté des kystes précédents. Ces affections paraissent en effet avoir une origine analogue. Nous y reviendrons à propos des maladies du testicule et des articulations.
Ces faits servent réellement d'intermédiaire entre les produits de l'inflammation chronique et les tumeurs, de telle sorte qu'on peut indifféremment les ranger dans l'une ou l'autre de ces classes.
b. Les kystes développés aux dépens des glandes sont très nombreux.
Le corps thyroïde présente à l'état normal des cavités contenant de la matière colloïde. Celle-ci provient de l'évolution et de la transformation colloïde des cellules qui occupent ces cavités (voy. Corps thyroïde).
Les follicules de de Graaf de Vovaire sont souvent remplis et distendus, même chez les enfants nouveau-nés et avant la menstruation, par une assez grande quantité de liquide qui constitue l'hydropisie des follicules (voy. Ovaire). Il est probable qu'un certain nombre de kystes ovariques ont une semblable origine (Fôrster).
Les glandules muqueuses des lèvres se transforment en petits kystes transparents par rétention de leur produit de sécrétion ; ils sont ainsi, d'après Virchow, comparables aux grains de mil et aux comédons deô follicules pileux. En outre, la muqueuse buccale peut être soulevée au plancher de la bouche par des kystes volumineux résultant de la distension des conduits de Warthon et de Rivinus : ils sont désignés sous le nom de grenouillette.
Dans Vestomac, Vinleslin et la trachée, de petits kystes muqueux isolés ou agglomérés résultent souvent de la distension des glandes