MASSES MÉLANIQUES SIMPLES CIRCONSCRITES SOUS FORME DE TUMEURS
Synonymie. — On a le plus souvent confondu ces masses mélaniques simples avec les sarcomes et les carcinomes mélaniques, sous le nom de mélanose ou mélanoraes ; nous ne pouvons faire pareille confusion. Nous n'employons pas le nom de mélanomes simples pour caractériser ces masses, parce que le radical de ce mot ne représente pas un tissu.
Définition. — Les masses mélaniques que nous avons en vue ici sont distinctes des sarcomes et des carcinomes mélaniques, en ce que les granulations mélaniques s'accumulent, non plus, comme dans ces tumeurs, dans des cellules de nouvelle formation, mais bien dans des éléments normaux préexistants.
Les granulations pigmenlaires mélaniques (voy. pages 80 et suiv.) s'accumulent dans les cellules d'un tissu normal, qu'elles détruisent, et, l'infiltration se continuant, le tissu lui-même est détruit et remplacé par un nodule ou une tumeur ramollie à son centre.
Nous donnons le nom de masses mélaniques à ces accumulations de pigment se produisant à la fois dans un grand nombre de points de l'organisme.
Elles se distinguent des infiltrations pigmentaires de la peau (nœvi materni) et de la pigmeniaiion qu'on trouve quelquefois autour des vaisseaux des centres nerveux, en ce qu'elles détruisent les tissus et se généralisent à tous les organes comme les tumeurs les plus malignes.
Description. — Nous n'avons trouvé dans la science qu'une observation bien probante de ce genre, publiée par MM. Dubrueil et Lancereaux. Nous avons nous-mêmes étudié un fait analogue dont les matériaux nous ont été communiqués par M. Landrieux.
Contrairement à la marche habituellement lente de la mélanose simple du cheval chez qui cette maladie est si commune, les productions de cette nature chez l'homme se généralisent avec une très grande rapidité et entraînent la mort des makides. La marche de la maladie est telle, qu'on est souvent embarrassé pour savoir si une masse primitive a déterminé l'infection consécutive de l'organisme, ou si les nombreuses masses que l'on observe surviennent sous l'influence d'une même cause générale.
"Ces masses mélaniques ont des dimensions très variées, depuis un grain microscopique jusqu'au volume d'un œuf ou du poing. Elles sont bien limitées, et leur pourtour ne préscnle pas de zones intermédiaires comme coloration entre elles et les tissus sains. Lorsqu'elles atteignent le volume d'une amande, elles sont molles à leur centre, tandis qu'elles présentent encore à leur périphérie la fermeté du tissu où elles se sont développées. Les plus grosses montrent à leur centre une bouillie fluide. L'examen microscopique ne démontre rien autre chose à ce niveau que des grains mélaniques dont les plus petits sont agités de mouvements browniens.
Pour étudier au microscope les parties périphériques qui sont encore fermes, il faut y pratiquer des sections après durcissement dans l'alcool. On retrouve alors tous les caractères du tissu ancien dont les éléments constituants sont infiltrés de granulations mélaniques, sans qu'il y ait de néoformation cellulaire évidente.
C'est ainsi que dans le tissu cellulaire sous-culané, les cellules conneclivcs sont infiltrées de pigment et reproduisant la figure des corpuscules radiés de la choroïde (voy. fig. 40).
Dans le péritoine, les granulations mélaniques sont déposées primitivement dans les cellules connectives, exactement comme dans le derme. Dans les travées du grand épiploon qui ne contiennent pas de vaisseaux, on observe une semblable pigmentation des cellules. Celles-ci sont bientôt complètement cachées par l'accumulation du pigment qui se poursuit dans le tissu fibreux. La réunion des masses primitivement isolées constitue ensuite des nodosités plus considérables.
Dans le reh}, le dépôt du pigment se présente, soit comme des tar-hes, soit comme de petites granulations noires. Les sections de