‹ Manuel d'histologie experimentaleChapitre 125 sur 207 · NÉPHIUTK DIFFUSE AVEC LÉSIONS DU TISSU CONJONCTIF · texte numérisé non relu

NÉPHIUTK DIFFUSE AVEC LÉSIONS DU TISSU CONJONCTIF

saillante à la surface du rein. C'est la base de la pyramide de Ferrein qui est le siège habituel de cette transformation.

Si Ton lait, sur des reins ainsi altérés, une coupe transversale, j arallèle à la surface, on trouve, au milieu de la petite gianulation, des tubes urinileres contournés assez volumineux, et autour d'elle des tubes urinifères sensiblement plus petits, ayant le tiers ou le quart de leur volume normal. Ces tubes de la périphérie de la granulation sont entourés par des bandes assez épaisses de tissu conjonctif. Dans cette même partie périphérique, on obsei've des glomérules en assez grande quantité. Ceux-ci sont atrophiés ainsi que les tubes contournés qui en partent. Ces lésions expHquent la formation des granulations dont la saillie à la surface du rein s'accentue à mesure que le tissu conjonctif néoformé se rétracte.

Les granulations sont opaques parce que généralement elles sont constituées par des tubes contenant des cellules en dégénérescence graisseuse ; mais il faut savoir que la dégénération cellulaire est variable, et que, si les cellules sont peu altérées ou simplement vésiculeuses, les granulations peuvent être transparentes. C'est ce que l'on constate quelquefois.

Dans les formes chroniques de la maladie de Bright, il existe assez fréquemment des reins qui, tout en étant granuleux, présentent un volume moindre qu'à l'état normal ou une atrophie très prononcée. On a alors affaire à de petits reins blancs granuleux. Les granulations pâles, souvent grises et opaques, sont en général irrégulières et entourées d'une zone de congestion; la substance corticale, vue sur une coupe, est tachée de granulations ou de stries opaques sur un fond blanc grisâtre; elle est généralement très atrophiée, ainsi que les pyramides.

A l'examen microscopique, on trouve, comme dans le gros rein blanc granuleux, des tubes et des glomérules atrophiés au milieu des bandes de tissu conjonctif situées autour des granulations et, dans ces dernières, des tubes urinifères ayant conservé leur volume normal ou dilatés, contenant des cellules épithéliales altérées, souvent en dégénérescence graisseuse. Dans ces néphrites diffuses, avec prédominance des lésions du tissu conjonctif, la sclérose rénale est irrégulière; elle prend naissance, suivant toute probabilité, autour des tubes urinifères, tandis que dans les cirrhose ou néphrites interstitielles d'origine vasculaire, les lésions du tissu conjonctif accompagnent les vaisseaux sanguins atteints de sclérose.

Les tubes urinifères atrophiés au milieu du tissu conjonctif de nouvelle formation présentent toujours un revêtement épithélial formé par dos cellules régulièrement cubiques, petites, à contenu clair, à noyaux ronds ou ovoïdes fortement colorés par le carmin. C'est un épithélium indifférent n'offrant aucun des caractères des cellules normales du rein.

A l'autopsie des goutteux albuminuriques on trouve tantôt une néphrite diffuse vulgaire, un rein blanc de moyen volume, tantôt un rein blanc granuleux et petit, tantôt une néphrite interstitielle.

Nous décrirons ici la dégénérescence amyloïde et la dégénérescence graisseuse du rein, bien que ces dégénérescences puissent exister sans produire aucune inflammation du parenchyme et soient tout à fait distinctes des néphrites lorsqu'elles sont isolées. Mais d'un autre côté, comme elles compliquent souvent les néphrites diffuses accompagnées d'albuminurie, leur étude complète cette description.

Dégénérescence amyloïde. — • Le gros rein blanc peut être confondu macroscopiquement avec le rein amyloïde, qui présente souvent le même volume etle même aspect. La connaissance des causes ne pourrait pas non plus mettre sur la voie de ce diagnostic anatomique, car le rein amyloïde succède à la syphilis, à la scrofule, à la tuberculose, aussi bien que le rein blanc. Cependant, en examinant une coupe du rein amyloïde, on reconnaît souvent un état translucide tout spécial des glomérules, qui fait penser à cette dégénérescence ; mais il faut encore se défier de cette apparence, car, dans certains reins blancs, il existe une glomérulite subaiguë avec augmentation de volume des glomérules, qui ont une certaine semitransparence. i\.ussi n'y a-t-il qu'un moyen de faire complètement ce diagnostic, c'est de verser de la solution d'iode ioduré sur la coupe du rein, et de voir si les glomérules et la paroi des artérioles se colorent en brun. Sur les coupes minces traitées, soit par une solution d'iode ioduré faible, soit par le violet de méthylaniline, on colore en brun par l'iode, en rouge par le violet de méthyl, toutes les parties devenues transparentes et hyalines par suite de la dégénérescence amyloïde. Ces parties sont la paroi d'une portion ou de la totalité des anses vasculaires des glomérules, la paroi des artérioles qui s'y rendent, les membranes propres des tubes, des glomérules et

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