CANAUX EXCRÉTEURS DE L URINE
résulte de l'envahissement direct des couches de tissu conjonctif et des muscles de la vessie par un carcinome voisin, développé primitivement dans l'utérus, dans le rectum ou dans la prostate. La muqueuse est envahie ensuite, et l'on voit alors s'y développer, soit des bourgeons carcinomateux, sessiles, à base large et à saillie hémisphérique, soit des végétations papillaires, dendritiques, reposant sur une base carcinomateuse ; ces dernières, analogues aux végétations du papillome, possèdent des papilles vascularisées, couvertes de cellules épithéliales.
Lorsque le carcinome se propage de l'utérus à la vessie comme cela est très commun, la muqueuse vésicale est enflammée partout où elle n'est pas encore le siège de productions cancéreuses. Sa surface est d'un rouge intense, très vascularisée, et l'on y trouve souvent des vésicules saillantes formées par les utricules glandulaires remplies de mucus transparent ou de muco-pus.
Le carcinome primitif de la vessie est le plus souvent encéphaloïde; rarement il est fibreux.
La forme qu'il revêt est variable. Nous venons de donner la configuration des végétations et des plaques cancéreuses qui proviennent de l'extension d'une tumeur périphérique. Le carcinome primitif est parfois constitué par une infiltration en nappe de toute la muqueuse, ou de sa plus grande partie, surtout du bas-fond et du col. La paroi de la muqueuse atteint alors presque uniformément une épaisseur de 1/2 à 1 centimètre ; les fibres musculaires sont hypertrophiées, et le tissu conjonctif est également épaissi. La surface blanche ou rosée de la vessie est exulcérée par places plus ou moins grandes, et là elle présente un bourgeonnement villeux peu accusé. La coupe de la partie dégénérée montre un tissu grisâtre, riche en suc laiteux. D'autres fois, la muqueuse est atteinte seulement dans un point, en particulier dans le trigone delà vessie. Le plus ordinairement, le carcinome vésical est villeux, c'est-à-dire que le bourgeon ou les plaques de la muqueuse dégénérée sont couverts de houppes de villosités allongées, vasculaires , couvertes d'épithélium , parcourues par des capillaires, et ne différant pas des villosités analogues qu'on trouve dans les papillomes ou fongus. Mais la base de la muqueuse qui donne implantation à ces villosités est constituée par du tissu carcinomateux qui s'enfonce profoudément, de telle sorte que la paroi vésicale est épaissie à ce niveau et dégénérée, ce qui différencie anatomiquement le carcinome du papillome.