HISTOLOGIE NORMALE DU TESTICULE
de Giraldès), qui consiste en un nombre variable de corpuscules blanchritres formés chacun par un tube de 0""",7, enroulé sur luimême en forme de glomérule. Ces Lubes sont tapissés d'un épi- Ihélium pavimenteux; ils représentent des vestiges du corps de Wolff.
Les artérjolcs du testicule viennent de l'artère spermatique qui suit le cordon, et qui, arrivée à la tète de l'épididynae, pénètre par une de ses branches dans le corps d'IIigmore, pendant que d'autres branches passent à la partie antérieure du testicule ou sur le reste de sa surface et pénètrent dans le testicule avec les cloisons fibreuses de l'albuginée. Les veines suivent le trajet des artères. Les nerfs, peu nombreux, provenant des plexus spermatiques, gagnent le testicule avec les artères. On ne connaît pas leur terminaison. Les lymphatiques, dont le réseau sous-vaginal est très riche, pénètrent, d'après les recherches de Ludwig et Thomsa, dans le testicule, en formant un réseau de tubes larges qui entourent les canalicules séminaux. Ces canaux sont tapissés d'un endothélium.
Le canal déférent, tube cylindrique rectiligne à parois épaisses, se continue avec la queue de l'épididyme ; il se compose d'une membrane externe ou fibreuse, de fibres musculaires lisses et d'une muqueuse. Les faisceaux musculaires forment plusieurs couches, une couche moyenne, à fibres circulaires, comprise entre deux couches de fibres longitudinales. La membrane muqueuse présente une foule de plis longitudinaux saillants, qui laissent entre eux des fossettes. Le tissu conjonctif de la muqueuse offre à considérer un réseau de fibres élastiques très riches dans sa partie externe. Le revêtement épithélial consiste en une seule couche de cellules paviraenteuses, contenant des granulations pigmentaires, qui donnent une couleur jaunâtre à la surface de la muqueuse.
Les vésicules séminales ne sont autre chose que des appendices terminés en caecum des canaux déférents; elles sont constituées sur le même type, par une membrane fibreuse, contenant des fibres musculaires lisses qui pénètrent entre les diverses circonvolutions de la muqueuse et qui les unit. Cette membrane est plus mince que l'enveloppe des canaux déférents. Les ampoules et dépressions que forme la muqueuse des vésicules séminales contiennent un liquide transparent, visqueux, dans lequel existent des animalcules spermatiques. La muqueuse sécrète un liquide spécial qui entre dans la composition du sperme. On y trouve, chez les vieillards, des concrétions colloïdes formées par une substance protéique.
Les canaux éjaculateurs ont aussi des parois musculeuses ; elles s'amincissent au niveau de la prostate. Leur membrane muqueuse est plissée comme celle des canaux déférents.
Sous l'influence de l'âge ou des cachexies, telles que la tuberculose, dans sa période avancée, les maladies de la moelle épiuière, etc., les canalicules spermatiques présentent dans leur intérieur des cellules en dégénérescence graisseuse complète, et ils s'atrophient eux-mêmes consécutivement. Le testicule offre alors, sur une surface de section, une coloration gris jaunâtre et une opacité dues à la présence de la graisse, au lieu de la couleur gris rosée habituelle. Cependant Duplay a vu que le sperme de vieillards de quatre-vingts ans et plus contenait encore des animalcules spermatiques vivants. L'atrophie des tubes spermatiques, et la dégénérescence graisseuse avec atrophie de leurs cellules, sont des faits constants dans la plupart des lésions testiculaires dans lesquelles les tubes sont comprimés. On les observe dans les orchites chroniques, dans les tumeurs qui compriment le parenchyme testiculairo, en le rejetant et l'aplatissant à la périphérie de la tumeur. La même atrophie survient lorsque le cordon des vaisseaux spermatiques, et en particulier l'épididyme ou le canal déférent sont comprimés, de façon que la sécrétion du sperme soit entravée par l'arrêt de son expulsion.
Anatoniic et liit^tologle pathologiques.
Inflammation. — Épididymite expérimentale. — Malassez et Terrillon ont étudié l'inflammation expérimentale du canal déférent et de l'épididyme chez le chien en injectant du nitrate d'argent à 4 pour 400 dans le premier de ces canaux. Ils ont ainsi déterminé une inflammation catarrhale très vive, caractérisée par la chute de l'épithélium à cils vibratiles, par la formation d'une ou de plusieurs couches de cellules épithéliales indifférentes et de cellules lymphatiques accumulées dans la lumière des tubes distendus. L'épididyme était aussi enflammé d'une façon plus intense à la queue qu'à la tête de ce conduit. La tunique vaginale était enflammée elle-même au niveau de la cjueue de l'épididyme. Dans les segments du conduit moins enflammés on voyait des cellules en. massue ou rondes, interposées aux cellules cylindriques. Si l'irritation était peu intense, les cellules cylindriques restées en place perdaient leurs
ORCHITE AIGUK. 657
<ils vibratilcs. /V leur place apparaissaient de petiles boules de mucus remplissant le conduit des tubes où elles élaient mêlées à des cellules migratrices.
Plus lard, rinflammation restait localisée à la queue do l'épididyme où elle était entretenue par les produits de sécrétion accumulés dans sa cavité. Le conduit de l'épididyme, dilaté par place, présentait l'apparence de petits kystes. Le tissu conjonctif était aussi le siège de foyers inflammatoires caractérisés par l'agglomération de cellules lymphatiques ou par de petits abcès. Consécutivement on observait la sclérose fibreuse, la disparition des faisceaux musculaires de la paroi du conduit dont quelques segments étaient devenus kystiques, tandis que d'autres étaient atrophiés.
Orciiite aiguë. — On a rarement occasion d'étudier anatomiquement l'orchite aiguë qui succède à la blennorrhagie, aux oreillons ou aux traumatismes. Il est probable que le testicule présente une inliltration œdémateuse de son tissu conjonctif avec toutes les conséquences de cet état, c'est-cà-dire l'irritation des cellules du tissu conjonctif et l'inflammation de ses canaux lymphatiques.
La lésion dominante, celle qui peut être la mieux constatée pendant la vie, c'est Vépididymite et la vnginallte, c'est-à-dire l'inflammation aiguë de l'épididyme et de la tunique vaginale qui accompagnent constamment alors l'orchite. Lorsqu'il s'agit en particulier d'une orchite blennorrhagique, l'inflammation spécifique et d'origine bactérienne, propagée par le canal déférent, se limite d'abord sur l'épididyme qui est le premier et le plus affecté. L'épididyme acquiert un volume plus ou moins considérable et une grande dureté. Les vaisseaux sont gorgés de sang ; le tissu conjonctif, qui entre dans la composition de ses différentes tuniques, est infiltré de liquide et de cellules migratrices. Sa muqueuse est le siège d'une inflammation catarrhale. Les lésions de l'épididymite et de l'orchite sont plus connues par les expériences qui ont été faites sur le lapin et sur le chien (Malassez, Brissaud) que par les examens anatomiques chez l'homme, car l'orchite aiguë est toujours terminée par la guérison. Cependant d'après les observations de Gaussait, Marcé, Peter, Godard, etc., le canal déférent et l'épididyme sont tuméfiés, leurs parois épaissies, enflammées, congestionnées ou infiltrées et jaunâtres; les conduits dilatés sont remplis d'un liquide muco-puriforme, gris ou de couleur jaunâtre.
L'inflammation retenlit en même temps sur la tunique vaginale. Celle-ci présente les signes caractéristiques de l'inflammation de toutes les séreuses, c'est-à-dire un épanchement liquide avec de la fibrine, des cellules lymphatiques et des globules rouges épanchés, et une prolifération de ses cellules endothéliales. On en a la preuve lorsqu'on pratique en pareil cas une ponction pour évacuer le liquide.
Le plus souvent l'orchite laisse après elle des indurations du tissu cellulaire qui enveloppe la tête ou toute autre partie de l'épididyme. Ces nodosités sont formées par du tissu cicatriciel dur et rétractile, d'aspect lardacé, comprimant le conduit excréteur; il en résulte un rétrécissement partiel ou un effacement complet du canal, et par suite la suppression de la fonction et l'atrophie de l'un des testicules. On trouve parfois, à la queue de l'épididyme, des cavités à contenu puriforme qui ont été prises pour des abcès, mais qui ne sont probablement rien autre que des dilatations kystiques d'un segment du conduit de l'épididyme. Lorsque des nodosités cicatricielles se sont produites en même temps ou simultanément de chaque côté, les animalcules spermatiques ne peuvent plus passer à travers l'épididyme, et l'individu est impuissant (Gosselin).
Consécutivement à l'inflammation de la tunique vaginale, on peut observer â la surface de la séreuse des végétations fibreuses sous forme de villosités, de granulations ou de plaques qui sont très prononcées, et que nous étudierons à propos de i'hydrocèle.
h' inflammation suppurative du parenchyme testiculaire est assez rare. On l'observe cependant dans les traumatismes locaux et dans la pyohémie. Le pus se forme dans le tissu cellulaire de la glande; on trouve quelquefois en même temps une inflammation suppurative des lymphatiques ou des veines du cordon.
Orchite chronique. — L'inflammation chronique du testicule est variée dans ses formes. Dans une première forme, elle envahit à la fois le testicule et l'épididyme, qui sont augmentés de volume dans toute leur masse. La lésion consiste, d'après la description de Fœrster, dans un élargissement des canaux séminifères par des cellules formées en plus grande abondance qu'à l'état normal el dans une infiltration de tout le tissu cellulaire par un exsudât inflammatoire; les cloisons fibreuses sont épaissies, le testicule et l'épididyme sont indurés, bosselés; sur une surface de section on voit des
OUCIIITM CHRONIQUE. 659
cloisons fibreuses épaisses et, entre elles, une masse jaune homogène et caséeuse {orchile caséeuse on apostémaleiisé) dans laquelle on ne trouve que de rares vestiges des canaux séminileres. Celte altération présente une certaine similitude avec les tubercules avec lesquels elle est souvent confondue. D'après Virchow, elle n'a aucun rapport avec la tuberculose, et elle succède à une inflammation traumalique ou à la propagation d'une inflammation catarrhale des voies iirinaires.
Une autre variété d'orchite chronique consiste dans l'inflammation chronique du tissu interstitiel du testicule. Le volume de l'organe est tantôt augmenté, tantôt normal, tantôt diminué; rarement on observe une atrophie de la substance tesliculaire. Dans quelques cas, cette inflammation chronique s'accompagne d'une suppuration qui détermine la formation d'un ou de plusieurs abcès. Ces abcès peuvent rester stationnaires et s'entourer d'une membrane kystique fibreuse ou calcifiée ; d'autres fois ils s'ouvrent spontanément ou sont ouverts par le chirurgien.
A travers la solution de continuité, le testicule fait alors hernie comme une masse spongieuse vascularisée et bourgeonnante dans laquelle les tubes séminifères plus ou moins altérés sont entourés d'un tissu de bourgeons charnus. Ces bourgeons sont composés de tissu embryonnaire. C'est là ce qui a été désigné sous le nom de fongus bénin du testicule. Cette masse diminue peu à peu par la suppuration, et la guérison a lieu par une cicatrice.
La surface et le tissu conjonctif de l'épididyme aussi bien que la séreuse testiculaire peuvent être le siège d'une inflammation chronique avec production abondante d'un tissu embryonnaire qui fait également saillie au dehors sous forme de bourgeons analogues au fongus testiculaire.
Des bourgeons de tissu embryonnaire formés sur la tunique vaginale après une gangrène du scrotum ne seront pas non plus confondus avec le fongus bénin.
Le fongus bénin, c'est-à-dire la hernie de la substance tesliculaire enflammée et dans laquefle le tissu conjonctif du testicule est transformé en un tissu de bourgeons charnus, se montre dans une série de cas différents : dans l'inflammation aiguë purulente, lorsqu'un abcès a été ouvert, dans l'orchite syphilitique, d'après quelques observations réunies par Moutier dans sa thèse (1875).
fiôO TESTICULES.
Uorchite chronique syphilitique, bien décrite histologiquement par Virchow, consiste dans une formation nouvelle de tissu conjonclif entre les tubes séminifères. Ces derniers sont éloignés les uns des autres par ce tissu conjonctif embryonnaire ou fibreux, et ils sont plus ou moins atrophiés par compression. Ils sont réduits par places à leur membrane d'enveloppe d'aspect fibreux ou homogène, revenue sur elle-même, et ne possédant dans son intérieur que quelques cellules atrophiées en dégénérescence granulo-graisseuse. Cette lésion atteint, soit les testicules dans leur totalité, soit seulement certains lobules. En même temps on observe un épaississement de même nature de la tunique albuginée et de la tunique vaginale. Celle-ci peut présenter soit des végétations, soit des adhérences. Cette forme d'orchite coexiste avec les gommes syphilitiques, mais elle peut être aussi observée sans elles.
L'un de nous l'a observée, avec Coyne, chez un jeune enfant syphilitique, mort dans le service de Obedenaro, à Bucharest. Dans ce fait, il n'y avait pas de gommes, mais tout le tissu conjonctif du testicule situé entre les tubes séminifères présentait un épaississement anormal. Ce tissu conjonctif était infdtré de cellules rondes ou fusiformes de nouvelle formation.
Hyduocèle. — Hydrocèle de la tunique vaginale. — Bien qu'an range l'hydrocèle de la tunique vaginale parmi les hydropisies, on peut la considérer avec plus de raison comme une inflammation chronique. C'est en effet une lésion rare dans les hydropisies généralisées, et d'un autre côté le liquide que renferme alors la tunique vaginale contient une quantité plus ou moins considérable de fibrine, comme cela a lieu dans toute inflammation; il se forme souvent des productions fibreuses, des néo-membranes et des excroissances à la surface interne de la séreuse. Cette maladie, caractérisée par un épanchement séreux ou librineux dans la tunique vaginale, reconnaît pour cause soit une intlammation aiguë, soit une inflammation chronique d'emblée de la séreuse, soit un varicocèle. La quantité du liquide épanché est très variable, depuis iOO gramme& jusqu'à plusieurs livres ; le liquide est généralement clair, quelquefois il est coloré en jaune par des globules sanguins peu nombreux ; quelquefois il contient de la cholestérine, ou des cellules endothéliales tuméfiées et des cellules lymphatiques en quantité assez considérable pour le troubler. Dans quelques cas, lorsqu'un kyste de l'épididymc s'est rompu antérieurement dans la tunique vaginale,
IIYDIIOCÈLE CONGÉNITALE. 061
on trouve des animalcules spermaliqucs dans le liquide de l'hydi'occle,
La surlacc intci'ne de la luuiqne vaginale est lisse dans les cas récents, mais le tissu conjonctif de la membrane est toujours épaissi ; dans les hydrocèlcs anciennes on trouve constamment les signes très manifestes d'une inflamnialion chronique; il se produit alors des néo-membranes plus ou moins vasculaires et superposées en couches feuilletées à la surface pariétale ou viscérale de la tunique vaginale. Ces productions sont constituées par un tissu conjonctif en général dense, dur, analogue à celui qui tapisse la surface de la rate dans la périsplénite chronique. De même qu'à la surface de la rate, ces productions fibreuses denses revêtent la forme de plaques saillantes d'aspect cartilagineux, de nodosités aplaties ou de nodosités saillantes. Elles sont constituées par du tissu conjonctif lamellaire à couches parallèles séparées par des cellules plates. D'après l'observation de Malassez, elles présentent très souvent des' épanchements sanguins, des ecchymoses au-dessous d'elles, à la limite du tissu conjonctif normal et de la production fibreuse. Ces végétations et les productions saillantes arrondies ayant la forme, la semi-transparence et la dureté d'une petite perle, peuvent devenir libres dans la séreuse, de la même façon que les corps étrangers articulaires, en se pédiculisant. Ces corps étrangers de la tunique vaginale sont formés par des couches concentriques de lamelles de tissu conjonctif séparées par des cellules plates. Ces diverses néoformations inflammatoires s'infiltrent souvent de sels calcaires; la tunique vaginale indurée ne peut plus revenir sur elle-même, et le testicule, entouré d'une séreuse également épaissie et rétractée, s'atrophie plus ou moins.
L'hydrocèle de la tunique vaginale est souvent compliquée, soit de kystes, soit des autres variétés de l'hydrocèle ou d'une hernie scrotale; elle est quelquefois le point de départ d'une suppuration; elle peut se compliquer aussi d'une hématocèie, c'est-à-dire d'un épanchement sanguin dans la tunique vaginale (voy. p. 663).
Hydrocèle congénitale. — Le sac péritonéal qui accompagne le cordon et le testicule dans sa descente jusqu'au scrotum, au lieu de s'oblitérer au-dessus du testicule pour former la tunique vaginale, peut rester ouvert, et la séreuse qui entoure le testicule communique alors toute la vie avec la grande cavité péritonéale. Le liquide contenu dans le péritoine passe alors dans la tunique vaginale et
réciproquement ; fréquemment cet état se complique d'une hernie inguinale.
Hydrocèle enkystée. — Il arrive quelquefois que le sac péritonéal qui accompagne le cordon ne s'oblitère pas sur toute sa longueur, et qu'il reste ouvert en quelque point de son trajet tout en s'oblitérant au-dessus et au-dessous. Lorsque ces parties restées libres du prolongement péritonéal se remplissent de liquide, on a affaire à une hydrocèle enkystée du cordon. Quelquefois plusieurs kystes se superposent ainsi les uns au-dessus des autres Je long du cordon.
Il arrive aussi qu'un ancien sac herniaire s'oblitère, et alors le prolongement péritonéal qui le constitue, au lieu de rester affaissé, se remplit de liquide. Il en résulte une hydropisie d'un sac herniaire qu'il ne faudrait pas confondre avec une hydrocèle enkystée. Ces différentes formes, hydrocèle enkystée du cordon, hydrocèle d'un sac herniaire, compliquent souvent l'hydrocèle simple de la tunique vaginale.
Une autre série de kystes a été longtemps confondue avec l'hydrocèle simple, ce sont les kystes spermatiques (hydrocèle spermatique) dont le siège de prédilection se trouve à la partie supérieure du testicule au niveau de l'épididyme. Ces kystes, parfois très volumineux, sont remplis d'un liquide louche contenant, avec des animalcules spermatiques vivants ou altérés, des cellules d'épithéhum semblables à celles des canaux spermatiques normaux.
Ces kystes s'ouvrent quelquefois dans la cavité de la vaginale qui est souvent en même temps le siège d'une hydrocèle; ils peuvent se rompre aussi ou être atteints par le trocart lorsqu'on opère une hydrocèle simple. Relativement à leur mode de formation, on a émis l'hypothèse d'une formation nouvelle et indépendante de kystes (Paget). D'après les recherches de Gosselin, Luschka, etc., il est plus vraisemblable qu'ils reconnaissent pour cause une dilalation de conduits préexistants. Leur siège est précisément le point où les canaux du testicule et ceux de l'épididyme, développés séparément pendant la période embryonnaire, s'unissent ensuite; c'est laque se trouvent aussi les tubes inutilisés provenant du corps de Wollï qui constituent Vorgane de Giraldès.
Indépendamment de toutes ces variétés de kystes qu'on rencontre dans les hydrocèles, on trouve souvent une infiltraition œdémateuse du tissu conjonctif du vas aberrans de Haller et de l'organe
IlÉMATOCÈLE DE LA TUNIQUE VAGINALE. 663
do Giraldès, ou une vérilablo dilaUilioii kystique des canaux de ce dernier.
Hématocèle. — Nous avons vu précédemment que la tunique vaginale était le siège, dans l'hydrocèle clironique, de néo-membranes vascularisées disposées parfois en couches fibreuses épaisses et superposées, présentant quelquefois des ecchymoses. Sous l'in- •fïuence des frottements ou des contusions auxquels ces tumeurs volumineuses sont exposées, il se produit parfois des épanchements sanguins dans la tunique vaginale. Gosselin a parfaitement établi la pathogénie de cette affection {Archives générales de médecine, 1851). La tumeur formée par cet épanchement sanguin est dure , non fluctuante; la tunique vaginale épaissie, fibreuse, est remplie d'un liquide couleur chocolat ou brun, dû à la présence de globules sanguins en décomposition. Il y a en outre, à la surface de la vaginale, des caillots sanguins et de la fibrine coagulée en plus ou moins grande quantité dans le sac. Le liquide examiné au microscope montre de la fibrine, des globules rouges, des cellules endothéliales tuméfiées contenant du pigment sanguin et des granulations graisseuses ; il y a aussi souvent des cristaux de cholestérine. Si l'hémorrhagie s'est effectuée dans une tunique vaginale primitivement atteinte d'hydrocèle et remplie d'un épan- <3hement séreux abondant, le liquide est coloré par le sang, mais la fibrine ne s'y coagule pas. Le testicule est alors en général atrophié sous les couches épaisses de néo-membranes. Un épanchement sanguin peut avoir lieu également dans un kyste du cordon.
On observe, mais très rarement, des infiltrations sanguines dans le testicule lui-même, une hématocèle intratesticulaire. Nous avons pu en étudier, avec Coyne, deux cas qui se sont présentés dans les conditions suivantes. 11 y avait dans la tunique vaginale une hématocèle ancienne très volumineuse. Dans la partie centrale du testicule on trouvait un caillot ancien, décoloré en partie, du volume d'une petite pomme ; ce caillot était traversé par des vaisseaux à parois épaisses. Dans les couches périphériques de ce caillot, on rencontrait des tubes séminifères. La substance testiculaire qui lui était immédiatement contiguë présentait les lésions d'une orchite parenchymateuse et interstitielle, caractérisée par une production abondante d'éléments embryonnaires arrondis.
66 i- TESTICULES.