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TUMEURS DU TESTICULE

Choa'Drome. — Le chondrome du testicule n'est pas très rare; il succède généralement à des contusions et à des traumatismes. Le tissu cartilagineux hyalin se montre, avec ses caractères très faciles à reconnaître à l'œil nu et au microscope, sous forme de noyaux plus ou moins volumineux ou comme une infiltration diffuse. Il siège ordinairement dans la glande elle-même, mais il peut aussi envahir l'épididyme, soit primitivement, soit consécutivement. Le testicule est plus ou moins volumineux; dans certains faits, il est d'un volume considérable; mais alors le tissu cartilagineux se trouve au milieu d'un tissu fibreu): ou sarcomateux parsemé de kystes; le chondrome est souvent en effet une tumeur complexe.

D'après un certain nombre de faits appartenant à Paget, L'honneur, etc., et analysés par Virchow, il résulterait que le cartilage peut se développer dans l'intérieur des lymphatiques du testicule en présentant la forme ramifiée de ces canaux. Dans un de ces cas, celui de Paget, la tumeur s'était propagée le long du cordon spermatique, par l'intermédiaire des ganglions iliaques, des lymphatiques et de la veine cave inférieure dans laquelle proéminait une masse cartilagineuse, jusque dans l'artère pulmonaire et le poumon qui pré sentaient des tumeurs secondaires de même nature.

Fibrome. — Indépendamment des fibromes durs souvent calcifiés qui se forment à la surface pariétale de la tunique vaginale ou à la surface de la tunique albuginée épaissie dans l'hydrocèle, on rencontre très rarement des fibromes du testicule. Cependant Fœrster cite un fait observé par lui dans lequel une tumeur fibreuse, développée dans l'albuginée, faisait saillie dans la substance testiculaire. Des observations pareilles sont rares et n'offrent pas un grand intérêt.

Sarcome. — Le sarcome pur, sans formations kystiques, est très peu commun. Virchow {Traité des tumeurs, édition française, t. III, p. 365) en donne une description basée sur un petit nombre d'observations. Il siège soit dans le testicule même, soit dans l'épididyme; la glande est uniformément accrue, sans bosselures; l'albuginée est respectée ; la tunique vaginale contient un peu, de liquide. Le tissu sectionné apparaît mou, charnu, vasculaire, homogène,

SARCOME KYSTIQUR DU TESTICULE. 6G5

souvent avec des infillralions sanguines. Examinées au microscope, ces lumeni's se raj^piochenl lanlôl du myxome par Icui' substance fondamenlale, qui est parcourue pai- de grandes cellules fusiformes, tantôt du sarcome encéphaloïde par leurs petites cellules rondes. Les dégénérescences graisseuses, les inliltrations sanguines donnent parfois une apparence caséeuse à des masses plus ou moins étendues de la tumeur. Dans un cas de Lebert, il y eut généralisation du néoplasme aux ganglions lympbatiques, jusqu'aux ganglions du cou et à la plèvre.

Dans une autre forme de sarcome qui est souvent combinée avec le chondrome, la tumeur est parsemée de kystes de différentes dimensions. C'est là le sarcome kystique, tumeur qui, après être restée localisée, francbit la limite de l'albuginée, se généralise et se comporte comme une tumeur maligne. Les néoformations kystiques décrites sous les noms de maladie kystique du testicule (A. Cooper), maladie enkystée (Chassaignac et Richelot), maladie kystique (Gosselin et Peter), appartiennent à des tumeurs différentes par leur structure, par leur nature et leur pronostic. A propos d'une observation anatomique très bien analysée {Archives de physiologie, 1875, p. 122) de maladie kystique du testicule, et qui n'avait rien de commun avec le sarcome, Malassez conclut qu'il s'agissait dans ce Jait d'une forme particulière d'épithéliome à laquelle il propose de donner le nom d'épithéliome myxoïde.

Dans le sarccme kystique qui atteint d'assez grandes dimensions, du tissu fibreux ou sarcomateux, fascicule par places, embryonnaire dans d'autres points, parsemé souvent d'îlots de chondrome, est interposé aux tubes séminifères et aux kystes. Ceux-ci sont de volume variable, depuis un grain de chènevis jusqu'à une noisette, et ils sont remplis d'un liquide séreux ou colloïde. La tumeur se limite d'abord à l'albuginée, à l'intérieur de laquelle on peut trouver des parties non altérées du testicule. Plus rarement elle débute parl'épididyme. D'après les descriptions hislologiques qui en sont données par les auteurs, et en particulier par Fœrster, les kystes proviennent d'un élargissement des canaux séminifères; ils sont tapissés à leur surface interne d'un épithélium qui se détache et remplit la cavité kystique en subissant la dégénérescence muqueuse. Les kystes contiennent alors un liquide homogène et muqueux. En s'agrandissant, leur contenu devient parfois tout à fait fluide. De leurs parois végètent des excroissances papillaires recouvertes d'épi thélium.

Le contenu du kyste, au lieu d'être muqueux ou séreux, peut se rapprocher du contenu caséeux des kystes dermoïdes, L'épilhélium des kystes séreux est tantôt formé de cellules plates, tantôt de cellules cylindriques, tantôt de cellules cylindriques à cils vibratiles. Enfin, en même temps que du tissu sarcomateux et cartilagineux, on peut trouver, dans le stroma, une néoformation de fibres musculaires striées.

Dans plusieurs faits de sarcome simple et de sarcome kystique compliqué de chondrome, Nepveu a suivi le processus d'agrandissement des tubes séminifères, et il a signalé l'existence de petits globes perlés dans les cavités des tubes agrandis. Ces globes étaient constitués par de l'épithélium corné.

Il est probable que l'on a confondu, sous le nom de sarcome kystique, des tumeurs aussi dissemblables par leur marche que par leur structure ; une analyse bien faite conduira sans doute à établir entre elles des distinctions importantes.

C'est ce que Malassez a déjà fait. Dans un cas qu'il a publié, les productions kystiques, situées dans le centre du testicule, étaient parfaitement isolées du parenchyme testiculaire qui était rejeté contre l'albuginée au milieu d'un tissu conjonctif sclérosé. Les kystes, situés au milieu d'un tissu conjonctif à peu près normal, contenant cependant quelques cellules lymphatiques entre ses fibres, étaient du volume d'un pois ou d'une noisette. Il y avait aussi des fibres musculaires lisses dans ce tissu. La surface interne des kystes, lisse ou présentant des vîllosités saillantes, était tapissée par des cellules de forme variée, polygonales et (aplaties, ou cylindriques, ou en cupule, ou cylindriques à cils vibratiles. Ces diverses variétés de cellules existaient réunies en groupes de même espèce dans la même cavité kystique. Les cellules, contenues dans le liquide séreux ou muqueux des kystes, rappelaient les diverses formes qu'affectaient les cellules pariétales; il y en avait beaucoup de sphériques et en dégénérescence graisseuse. En aucun point, Malassez n'a pu saisir d'indices de modifications des tubes séminifères normaux se transformant en kystes. D'un autre côté, les kystes ne présentaient aucune analogie avec les tubes séminifères, d'où il conclut qu'il s'agissait là d'une néoformation d'épithélium et de cavités de nouvelle formation remplies d'épithélium muqueux, et il proposa le nom d'épithéliome myxoïde, comme pouvant s'appliquer à ce fait et aux cas analogues.

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