MODIFICATIONS DE L'UTÉRUS PENDANT LA GROSSESSE
Aussitôt après la conception, la muqucLisc s'épaissit, devient |)liis lâche et plus rouge, et des plis saillants s'y accusent; elle estinliltrée de cellules embryonnaires en même temps que ses glandes s'hypertrophient (caduque vraie). Au niveau de l'œuf elle se transforme en placenta utérin. Celte portion placentaire de la muqueuse donne naissance à des bourgeons qui s'étendent tout autour de l'œuf en constituant la caduque réfléchie. L'épithélium cylindrique de la muqueuse du corps de l'utérus disparaît complètement sur les caduques. La muqueuse du col ne participe en rien à ce travail; elle conserve son épithélium et sécrète le bouchon muqueux qui remplit le canal cervical pendant la grossesse. Les vaisseaux sanguins de l'ulérus présentent une hypertrophie de leurs fibres lisses analogue à celle des parois musculaires.
Après l'accouchement, la caduque vraie est éliminée; l'expulsion du placenta laisse à vif une surface bourgeonnante qui se détruit et est également expulsée. La surface interne de l'utérus ne présente plus aucun vestige de muqueuse, mais un tissu mou, pulpeux, dans lequel, au milieu de tissu conjonctif embryonnaire, on trouve des fibres musculaires hypertrophiées, des vaisseaux et des cellules. Celles-ci, qui sont des cehules de tissu conjonctif, sont tuméfiées, aplaties ou sphériques, ovoïdes ou à prolongements multiples, parfois très volumineuses, granuleuses, contenant un ou plusieurs noyaux et souvent en dégénérescence graisseuse.
Les phénomènes histologiques qui constituent la régénération de la muqueuse n'ont pas été suffisamment étudiés jusqu'ici; il est probable qu'ils s'effectuent lentement, car la plaie qui correspond à l'insertion placentaire est encore reconnaissabie plusieurs mois après l'accouchement, à son aspect fongueux ou à l'infiltration grisâtre de son tissu. Slavjanski a décrit, dans la partie saillante qui représente l'insertion du placenta, trois mois après l'accouchement, des végétations papillaires analogues par leur structure aux bourgeons charnus et une infiltration de la couche superficielle de la muqueuse par des cellules lymphatiques. La surface de la muqueuse et celle des végétations étaient dépourvues de cellules épithéliales. Les glandes utriculaires bien formées et présentant leur disposition normale étaient remplies de celUiles rondes dans la partie la plus interne de leur trajet.
Les fibres musculaires reviennent rapidement à leur volume ordinaire après s'être inhltrées de granulations graisseuses. Il est pro-
bable qu'une partie d'entre elles est détruite par dégénérescence araisseuse.
i^ ^. — Histologie et anatoiiiie patliologiqac des trompes et de l'utérus.
Congestion , hémorrhagie de la trompe. — L'hyperhéniie des trompes, portant à la fois sur les divers tissus qui les composent, s'observe dans la menstruation, après les excès de coït et dans les affections aiguës de l'utérus.
Les hémorrhagies de la muqueuse des trompes et les épanchements sanguins dans leur cavité surviennent quelquefois dans les mêmes conditions et dans une série d'autres maladies. Ainsi Rokitansky cite deux cas d'hémorrhagie de la trompe dans le typhus abdominal, un autre chez une nouvelle accouchée morte de pleurésie et d'hépatite, un quatrième dans une rétroversion utérine. Barlow l'a observée dans un purpura hémorrhagique ; Scanzoni, dans la congestion menstruelle; Puech, chez une jeune fille atteinte de rougeole, qui mourut d'une hémorrhagie de la trompe s'étant frayé une ouverture dans le péritoine et ayant occasionné une péritonite généralisée. A ces observations citées par Fœrster, nous pouvons joindre celles de Rover et de Godelle analysées par M. Bernutz, et qui lui paraissent être des exemples de rupture de la trompe dans des grossesses extra-utérines tubaires. (Voyez plus bas VHématocèle péri-utérine.)
Inflammation de la trompe. Salpingite catarrhale. — L'inflammation catarrhale de la trompe est très commune à la suite des affections inflammatoires et catarrhales des voies génitales, pendant l'état de vacuité ou après l'accouchement. Les trompes sont distendues, volumineuses, sinueuses, avec des dilatations irréguhères; cette lésion est souvent accompagnée d'une congestion de l'ovaire et presque constamment d'une irritation du péritoine voisin, d'une véritable pelvi-péritonite subaiguë ou chronique avec formation d'adhérences, quelquefois d'une péritonite aiguë et suppurée. Aussi la trompe est-elle alors fixée en général à l'un des organes voisins : elle adhère presque toujours à l'utérus, à la partie inférieure du l'orps ou au col plutôt qu'au bord supéi'ieur. Les tumeurs formées