TUMEURS DES TROMPES. TUBERCULES
par l'hypertrophie et l'adhérence de la trompe sont habituellement accessibles au toucher vaginal.
Dans rinflainmation aiguë de la trompe, ce conduit atteint la grosseur du petit doigt ou davantage; sa muqueuse est très rouge, très congestionnée et épaissie; ses plis longitudinaux sont effacés; le pavillon étant oblitéré, elle est remplie d'un liquide rnuco-purulent ou tout à fait opaque; à l'examen mici'oscopique de ce liquide, on trouve une grande quantité de cellules épithéliales cylindriques granuleuses plus ou moins déformées, mélangées à des cellules lymphatiques. Sur les coupes de la paroi, on constate que les cellules cylindriques sont desquamées presque partout; le tissu conjonctif de la muqueuse est infiltré de cellules lymphatiques, qui sont particulièrement nombreuses autour des vaisseaux. Elles forment des traînées autour des faisceaux musculaires, qui du reste ne présentent pas de modifications appréciables.
L'inflammation de la trompe offre son maximum d'intensité dans la métrite puerpérale; elle se complique toujours alors de phlébite, de lymphangite et de péritonite généralisée ou partielle, avec fausses membranes infiltrées de pus et épanchement purulent.
Dans l'inflammation chronique, les adhérences de la trompe aux organes voisins sont constantes, le tissu conjonctif de la muqueuse est épaissi et induré, le liquide contenu est tantôt plus clair, plus séreux, tantôt plus opaque et plus caséeux que dans le cas précédent.
On doit considérer comme une forme d'inflammation chronique i'hydropisie de la trompe, qui peut égaler la grosseur d'une tête d'enfant, et les poches plus ou moins nombreuses situées les unes au bout des autres, qui convertissent le canal de la trompe en une série de kystes distincts, la partie du conduit intermédiaire à ces kystes étant oblitérée.
Il peut arriver, mais cela est très rare, que le liquide d'une hydropisie de la trompe soit évacué par l'ouverture élargie de ce conduit dans l'utérus et se vide par cet organe et par le vagin (voy. p. 691).
Tumeurs des trompes. Tubercules. — La tuberculisation des trompes se montre en même temps que celle des autres organes génitaux de la femme ; il se produit des granulations tuberculeuses dans le péritoine qui revêt la trompe et dans le tissu cellulaire sous-muqueux. Il survient en même temps une inflammation calarrhale intense de la muqueuse. Le conduit se dilate et se remplit d'un pus qui est d'abord muqueux ou muco-purulent, mais qui
passe bientôt à l'état caséeux. Dans la muqueuse et dans le tissu conjonctif sous-muqueux, les granulations et le tissu embryonnaire qui les unit subissent aussi la dégénérescence caséeuse. Le tissu de la trompe situé entre le péritoine tuberculeux et le tissu conjonctif sous-muqueux épaissi est lui-même infiltré de cellules lymphatiques. Ces lésions déterminent, dans les parois de la trompe, un épaississenient assez considérable et une rigidité telle que son calibre paraît béant sur une surface de section. La trompe ainsi altérée est volumineuse, bosselée; elle est le plus souvent repliée sur elle-même, adhérente à l'utérus et aux organes voisins. Les faits recueillis par MM. Bernutz, Siredey, Brouardel, ceux en assez grand nombre insérés dans les Recueils de la Société anatomique, établissent que la tuberculose peut débuter par la trompe.
Carcinome. — Le carcinome de la trompe, qui n'est jamais primitif, succède habituellement à celui de l'utérus ; lorsque le carcinome est limité au col utérin, la trompe est presque toujours intacte. Dans un fait de carcinome secondaire de la trompe, nous avons vu cet organe très hypertrophié présenter, du côté du péritoine, son pavillon également infiltré par le cancer, ouvert et rempli d'un liquide laiteux. Il y avait en même temps une péritonite à laquelle la malade avait succombé. 11 était évident que le carcinome de la trompe avait été la cause de la péritonite, et il existe quelques exemples de ce genre cités par les auteurs. Généralement le carcinome de la trompe développé ainsi par la propagation du carcinome utérin se complique de celui de l'ovaire. Rokitansky a observé des végétations cancéreuses dans la cavité d'une trompe remplie de liquide.
Kystes de la trompe. — Les kystes développés au pourtour de la trompe sont très communs, mais en général petits ; on ne connaît pas encore complètement leur mode de développement. Cependant il en est un, celui qui se trouve si souvent à l'extrémité des franges du pavillon, qu'on regarde comme développé dans l'extrémité en cfBcum du conduit dit de Millier, organe fœtal d'où provient le conduit de la trompe. Un autre kyste qui se trouve souvent à côté du précédent et qui s'insère au ligament large, représenterait, d'après Virchow, un vestige du conduit excréteur primitif du corps de Wolft. Ces deux kystes atteignent au plus le volume d'une cerise. Outre ces kystes, on en trouve qui sont développés dans les tubes du corps