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POLYPES FIBREUX DU LARYNX

Les cartilages le plus souvent atteints sont le thyroïde, le cricoïde et les aryténoïdes. Dans les deux premiers cas, la perforation a lieu^ soit du côté du larynx, soit du côté de la peau, et il en résulte alors un œdème inflammatoire sous-cutané et quelquefois de l'emphysème. L'orsque l'aryténoïde est malade, la perforation se fait habituellement dans le pharynx : l'examen laryngoscopique rend le diagnostic de cette lésion facile pendant la vie du malade.

' Tumeurs du larynx. — Myxomes. — Il existe dans le larynx de petits polypes formés de tissu muqiieux et recouverts de la muqueuse amincie. Ces petits myxomes sont rares. On les a rencontrés à la face postérieure de l'épiglotte et dans les ventricules de Morgagni.

Les fibromes ou polypes fibreux du larynx sont plus fréquents ; ils sont généralement petits, du volume d'un grain de chènevis à un pois; ils s'accroissent lentement, comme en témoigne l'examen laryngoscopique fait pour certains d'entre eux à un ou deux ans d'in-

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Papillome du larynx. — e, papille ; fe, tissu cellulo-vasculaire; «, revêtenent épithélial' ; g, glandes en grappe. — Grossissement do 12 diamètres.

tervalle. Ils sont sessiles ou pédicules. Ils siègent le plus souvent sur les cordes vocales inférieures. Ils sont durs, résistants sous lé scalpel, et leur tissu présente tous les caractères du tissu fibreux. Leur surface est lisse ou inégale, et elle est recouverte d'un épithélium pavimenteux stratifié. La nature de cet épithélium est toujours !a même, que le polype soit développé sur la corde vocale qui est tapissée de cellules paviménteuses ou sur les autres portions de là

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muqueuse laryngienne qui possèdent un revêtement de cellules cylindriques. Quelquefois la surface de ces polypes est ulcérée. Leur développement primitif a lieu dans le tissu conjonctif de la muqueuse.

Tubercules du larynx. — Lorsqu'on examine le larynx des tuberculeux par la partie supérieure, avant de l'ouvrir, on voit que le bord libre de l'épigiotte est souvent tuméfié, épaissi, soit régulièrement, soit d'une façon inégale, et présente des dépressions irrégu^ Hères, bien que la muqueuse qui le recouvre ne soit nullement ulcérée. Souvent aussi une érosion, une perte de substance existe au bord libre de l'épigiotte et se limite par le cartilage en partie détruit et comme usé à son bord. Des lésions analogues, de la tuméfaction, des érosions ou des ulcérations sont aperçues sur les cordes vocales supérieures et inférieures. Ces dernières ou l'une d'elles seulement présentent quelquefois, soit au niveau de leurs insertions, soit à leur portion moyenne, une ulcération profonde, telle que le tissu fibroélaslique soit mis à nu ou qu'elles soient même détachées et sectionnées en partie ou en totalité. Lorsqu'on a ouvert le larynx, la muqueuse des ventricules apparaît boursouflée, fongueuse et couverte de pus; au niveau des cartilages thyroïde et cricoïde, on remarque de petites ulcérations superficielles , isolées ou serpigineuses. La muqueuse est partout épaissie et couverte de muco-pus qui sort aussi des orifices des glandes acineuses.

Tel est l'aspect qu'offre habituellement le larynx dans la laryngite tuberculeuse chronique; mais on y observe rarement des granulations tuberculeuses visibles à l'œil nu. Tout au plus pourra-t-on en découvrir à la limite des érosions sous la forme de petits îlots grisâtres ou jaunâtres à peine saillants.

Dans la tuberculose miliaire récente du poumon, au contraire, on observe souvent, sur la muqueuse laryngienne, des granulations aplaties formant une légère saillie, grisâtres ou jaunâtres, très petites, isolées ou groupées, recouvertes par la muqueuse ou en voie d'ulcération. Ces granulations et les ulcérations serpigineuses, festonnées, qui leur succèdent, sont surtout très caractéristiques au niveau des cartilages thyroïde et cricoïde.

Pour étudier au microscope les tubercules du larynx et les diverses lésions qui les accompagnent, il faut faire durcir les pièces en les plaçant successivement dans la liqueur de Mûller, la gomme et l'ai-

TUBERCULOSE DU LARYNX. î)î

cool, et en faire des coupes perpendiculaires à la surface de la muqueuse.

Sur ces coupes, on trouvera très souvent des granulations tuberculeuses dans des points où la muqueuse n'est nullement ulcérée et où elle était simplement tuméfiée irrégulièrement, sans présenter de saillies ou de granulations visibles à l'œil nu. L'épiglotte épaissie, par exemple, montre d'abord à la surface son épithélium pavimenteux stratifié tout à fait normal. Au-dessous, la membrane basale est intacte, mais la partie superficielle du chorion muqueux est infiltrée de cellules lymphatiques très nombreuses, et de distance en distance on y voit une agglomération de ces cellules au milieu desquelles se trouvent une ou plusieurs cellules géantes. Dans les parties du chorion muqueux enflammé, les vaisseaux sanguins sont dilatés, remplis de globules rouges, et ils contiennent souvent une quantité anormale de globules blancs; ils sont oblitérés, et quelquefois on peut s'assurer de la présence de cellules géantes dans leur intérieur, surtout lorsqu'ils occupent le centre des tubercules.

Au niveau des cordes vocales et dans les autres régions de la muqueuse laryngienne, les tubercules offrent les mêmes particularités de structure.

Lorsque la coupe comprend une ulcération superficielle déve^ loppée au niveau d'un tubercule ou plutôt sur la muqueuse infiltrée par le tissu tuberculeux, les cellules épithéliales sont tombées et la membrane basale a disparu. Le fond de la petite ulcération est formé par le tissu de la muqueuse infiltrée de petites cellules granuleuses au milieu desquelles on observe aussi des cellules géantes. Celles-ci, de même que les petites cellules, se désintègrent progressivement, et souvent on en voit quelques-unes sur le point de se détacher de la masse tuberculeuse. Lorsque toute l'épaisseur de la muqueuse est envahie, l'ulcération s'étend profondément jusqu'au périchondre qui lui-même est fréquemment enflammé.

Les différentes couches du tissu conjonctif de la muqueuse et les glandes acineuses sont souvent envahies dans leur totalité avant qu'aucune ulcération se soit produite. La muqueuse paraît alors simplement épaissie, sa surface est un peu irrégulière; mais, dans la majorité des cas, on n'y distingue à l'œJl nu aucune granulation tuberculeuse. L'examen des coupes au microscope lève tous les doutes.

Les tubercules ne siègent pas seulement dans le stroma de la muqueuse, on en trouve aussi au pourtour des glandes et dans leurs

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acini. Ainsi, enverra parfois une granulalion tuberculeuse tout'atitour du conduit excréteur d'une glande acineuse, surtout au niveau de sa bifurcation, ou bien au centre d'un lobule elandulaire au milica de culs-dc-sac normaux ou altérés (voy. fig. 27). Ailleurs une

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