CINQUIÈME SECTION
§ 1. — Histologie normale de la peau.
On dislingue dans la peau l'épiderme et le derme. 11 convient de rattacher à l'épiderme les ongles et les poils qui sont des produits épidermiques et même les glandes sébacées et les glandes sudoripares.
L'épiderme proprement dit, entièrement composé de cellules, contient deux couches principales : le corps muqueux de Malpighi et la couche cornée.
Les cellules qui entrent dans la coustitution du corps muqueux de Malpighi sont molles, chargées de sucs et douées d'une grande vitalité, qui se traduit par des modifications nutritives et une évolution active. Elles contiennent toutes un noyau nettement dessiné, limité par un double contour et dans l'intérieur duquel on distingue un ou deux nucléoles.
Leur corps présente une structure délicate, qui a été mise récemment en relief par l'un de nous. On y voit des stries ou des fibrilles qui s'entre-croisent autour du noyau en formant des arcs. Entre ces fibrilles, qui sont extrêmement nombreuses, se trouve une substance amorphe ou très finement granuleuse, qui correspond au protoplasma cellulaire proprement dit.
Les fibrilles intraprotoplasmiques atteignent les bords de la cellule, les dépassent et se poursuivent dans les cellules voisines, qu'elles traversent pour gagner d'autres cellules.
Ces cellules ne se touchent pas ; il existe entre elles de petits espaces qui sont traversés perpendiculairement par les fibres dont nous venons de parler (filaments d'union). C'est dans ces espaces, entre les filaments d'union, que circule le plasma nuliitif du corps mu-
queux de Malpighi. Ces espaces se poursuivent jusqu'au derme; ils existent, en effet, entre les cellules de la première rangée, qui reposent sur le corps papillaire. Les cellules de la première rangée sont cylindriques, elles contiennent des granulations pigmentaires. On peut y observer tous les phénomènes de la division des noyaux et de la multiplication cellulaire. De leur face d'implantation se dégagent des dents simples ou bifurquées, qui pénètrent dans la couche superficielle du corps papillaire el établissent une union très solide entre le derme et l'épiderme. Dans le plasma qui circule entre les cellules du corps muqueux de Malpighi se montrent souvent des cellules lyra-
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ElG. 243. — Coupe verticale de l'épidoiMiio de la pulpe du doigt faite après durcisseoieut par l'alcool;
coloration par le picrocarminate faible; conservation dans la glycérine. e, couclic cornée ; f, stratuni luciduni à la surface duquel se sont produites des gouttes d'éléidine ;
e, couche granuleuse ; m, corps muqueux dont les cellules cylindriques s'implantent sur les papilles
par des dents. — Grossissement de 300 diamètres.
phatiques. Ces cellules, qui viennent du derme, sont colorées en violet foncé et même en noir dans les préparations obtenues au moyen de la méthode de l'or. Langerhans, qui les a découvertes à l'aide de cette méthode, les avait considérées d'abord comme des cellules nerveuses. Dans ces préparations, elles se montrent souvent avec un prolongement assez large dirigé du côté du derme et une série de prolongements périphériques plus minces; les uns et les autres sont des expansions amiboïdes, dont la forme et la direction sont déterminées jusqu'à un certain point par les canaux ou espaces dans lesquels les cellules migratrices sont comprises.
La couche cornée ou stratuni corneum est composée de cellules