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LÉSIONS ÉLÉMENTAIRES DE LA PEAU

D'auLres lésions, étendues ù une surface plus ou moins grande de la peau, sont cai'aclérisées pai' des éruptions macuieuses ou boutonneuses qui sont les taches ou macules, les squames, les jmpules, les vésicules, les bulles, les pustules et les tubercules. Ces éruptions diverses, qui constituent les lésions élémentaires de la peau, appartiennent pour la plupart, d'une façon générale, aux divers modes de l'inflammation (congestion, exsudation, néoplasies inflammatoires simples, artificielles, traumatiques, constitutionnelles, bactériennes, etc.). Nous décrirons ces lésions élémentaires en même temps que les dermatoses dans lesquelles on les trouve et qu'elles servent à caractériser, et nous suivrons, autant que possible, dans la description des diverses maladies cutanées, l'ordre des lésions élémentaires. Aussi convient-il d'en donner tout d'abord une définition anatomique succincte.

Les taches ou macules sont habituellement de couleur rosée ou rouge ; elles reconnaissent pour cause une congestion, une réplétion avec distension des vaisseaux superficiels du derme et des papilles. Elles disparaissent sous la pression du doigt lorsqu'elles sont récentes, mais, s'il s'est fait une diapédèse de globules rouges, elles deviennent successivement jaunes , brunes , ardoisées, et la pression du doigt ne modifie pas leur couleur.

Les taches hemorrhagicjues, dues à une extravasation de sang dans le tissu conjonctif (pétéchies), sont de la couleur du sang et ne sont pas modifiées par la pression du doigt. Le sang y subit les modifications qu'on observe toujours lorsqu'il est sorti des vaisseaux. Telles sont les taches de purpura.

Les scjuames ne sont autres que la chute, sous forme de lamelles, de l'épiderme corné.

Les pajjules sont caractérisées par une tuméfaction limitée de la surface du derme et du réseau papillaire à la suite d'une congestion œdémateuse ou d'un œdème inflammatoire de ces parties, comme cela a lieu dans les érythèmes papuleux et noueux. Elles sont blanches, rosées, rouges ou ecchymotiques, suivant le degré de réplétion des vaisseaux et suivant qu'elles présentent ou non des extravasations sanguines. Les papules de longue durée, comme celles qu'on observe dans la syphilis, oftrent une infiltration des papilles et de tout le derme par des cellules rondes.

Les vésicules sont formées par un soulèvement de l'épiderme, causé lui-môme par un épanchement de sérosité dans le corps muqueux de Malpighi à la suite d'une congestion et d'un œdème superficiel

des papilles. La sérosité transparente qui remplit les vésicules est située au milieu de l'épiderme. Elles se terminent rapidement par dessiccation et par la formation d'une croûte ; elles ne donnent que très rarement lieu à une cicatrice apparente. Telles sont les vésicules de l'herpès, du zona, de la varicelle, etc.

Les bulles résultent du même processus que les vésicules, la quantité de liquide qui soulève l'épiderme est seulement beaucoup plus considérable. Le liquide séreux transparent siège, soit entre la couche granuleuse et le corps muqucux, soit dans le corps muqueux au voisinage des papilles : telles sont les bulles du pemphigus, de l'érysipèle, etc.

Les pustules ne sont autres que des vésicules dans lesquelles la grande quantité et l'état granuleux des cellules migratrices a troublé le liquide séreux d'abord et lui a fait prendre les caractères physiques du pus. Elles s'ouvrent toujours à l'extérieur après la chute de l'épiderme et elles se recouvrent d'une croûte formée par les éléments du pus. Souvent la suppuration détruit à leur niveau la surface du derme, d'où il résulte une petite cicatrice blanche plus ou moins déprimée. Telles sont les pustules de la variole et de l'ecthyma.

Les tubercules présentent une infiltration, non seulement des papilles, mais de tout le derme et du tissu conjonctif sous-cutané par des cellules rondes, d'où il résulte de véritables petites tumeurs à évolution assez lente, dures, profondes, faisant corps avec le derme, qui, lorsqu'elles s'ulcèrent, laissent après elles des cicatrices profondes (tubercules du lupus, de la syphilis, etc.).

Après ces lésions élémentaires, nous étudierons les tumeurs. Nous décrirons en dernier lieu les parasites animaux et végétaux.

Congestion ou iiyperiiémie de la peau. — On range dans les congestions simples de la peau les troubles causés par la réplétion des vaisseaux sanguins superllciels du derme et des papilles. Cette congestion se caractérise à l'œil nu par des plaques d'érythème (érythème simple) ou par des macules de couleur rosée ou rouge, disparaissant complètement sous la pression du doigt. Le relief des parties congestionnées est à peine appréciable, et la couleur des taches ou de l'érythème pâlit, après la mort, de telle façon qu'il est impossible de les retrouver sur le cadavre. Le type le plus simple de la congestion cutanée nous est fourni par la roséole émotive, qui survient lorsqu'on découvre le cou et la poitrine chez certaines

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