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TUBERCULES SYPHILITIQUES. — GOMMES DE L\ PEAU

Les tubercules si/philHiqnes (I) représenlonl, des papules grossies et profondes, élahlissMiiL un inlerinédiaire enlre les papules el les gommes. Ils sont isolés ou groupés; leur siège est à la face, au niveau des orifices cutanés des muqueuses, au front, au cou, aux jambes. On en distingue deux variétés, la syphilide tuberculeuse sèche et la syphilide tuberculo-ulcéreuse.

Les premières, caractérisées par une couleur cuivrée analogue à celle des papules, se groupent en segments de cercles ou en cercles complels, se recouvrent de squames épaisses, presque croûteuses, bien qu'il n'y ail pas d'ulcération, et peuvent guérir en laissant après elles des cicatrices blanches ou pigmentées. L'infiltration par des cellules et la destruction partielle du tissu conjonctif transformé en tissu cicatriciel peuvent s'effectuer sous un épiderme intact ou faiblement irrité.

Les tubercules ulcérés sont isolés ou plus souvent groupés. Ils s'étendent parfois à une surface considérable de la peau du crâne, de la face, du front, du nez, des joues, de la partie postérieure du tronc, des épaules et des membres. Les ulcérations^ donnent lieu à des pertes de substances étendues, dans lesquelles les cupules ou dépressions répondant aux tubercules détruits se réunissent en formant des figures circinées. Les ulcérations sont profondes et taillées à pic dans une peau épaissie et dure, infiltrée de petites cellules ; les bords de l'ulcération sont rouges et enflammés, quelquefois très hypertrophiés.

Par l'examen microscopique, on constate dans le derme et les papilles des lésions inflammatoires analogues à celles du phlegmon; leur tissu conjonctif, bourré de cellules rondes, se mortifie par blocs plus ou moins volumineux.

Entre les tubercules syphilitiques et les gommes cutanées (^), il n'y a qu'une différence de degré, si bien que Fournier décrit les uns avec les autres. Les gommes sont des inflammations du tissu sousdermique qui se propagent au derme, et finissent par s'ouvrir en donnant lieu à une perte de substance profonde, cratériforme, plus considérable à son fond qu'à son orifice cutané, par où le tissu enflammé et mortifié s'élimine lentement à la façon du bourbillon d'un furoncle. Pendant leur période de formation ou de crudité, les

(1) Nous avons donné, tome l, page 218, la description du cliancre induré. (2)Voyez, pour les gommes considérées en général, tome I, p. 223 à 233.

gommes sont caractérisées par une tuméfaction profonde, indolore, qui passe souvent inaperçue. A ce moment, les coupes de la peau montrent que les couches superficielles , l'épiderme , la couche dermo-papillaire et la partie moyenne du derme, sont intactes (4). Peu à peu la tumeur s'accroît; elle peut acquérir, exceptionnellement, il est vrai, le volume d'un œuf de poule. A sa période d'état, le tissu adipeux et la moitié inférieure du derme sont bourrés de petites cellules, ayant remplacé la graisse, étouffant les faisceaux du tissu conjonctif; les vaisseaux, dont les parois sont épaissies et également infiltrées, sont parfois oblitérés, remplis de fibrine et de cellules lymphatiques. A la suite de ce processus, il survient une morti-

FiG. 274. — Glande siidoripare dans une gomme de la peau. 1, canal excréteur; 2, tube sécréteur rempli de petites cellules. — Grossiss. de 80 diamètres.

fication, un état caséeux de i'exsudat et du tissu dermique. Toutes les parties situées dans la profondeur du derme, et en particulier les glandes sudoripares, sont enflammées (voy. fig. 274). Bientôt il se produit une inflammation ulcérative. A partir de ce moment, commence une élimination lente des produits mortifiés, qui peut durer un ou deux mois et qui est suivie d'une cicatrice déprimée. Très souvent les gommes gagnent le périoste, lorsque la peau atteinte, celle des jambes par exemple, est voisine d'un os.

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