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ULCÈRES DE LA PEAU

Nous n'étudierons dans ce chapitre que le chancre mou et le mal perforant du pied.

(1) Cornil, Leçons sur la syphilis, p. 219.

MAL PEllFORANT DU PIED. 885

Chancre mou. — Le chancre mou débute par une potile papule à laquelle succède très rapidement une pustule qui se rompt en donnant lieu à une ulcération dont l'extension se fait en largeur et en profondeur. Dès le premier septénaire, le chancre est à sa période (l'état, constitué par une perte de substance plus ou moins profonde, cratériforme, dont les bords sonl taillés à pic, renversés, décollés, dont le fond est bourgeonnant et nnfractueux, sécrétant un pus sanieux. Les ganglions inguinaux tuméfiés sont assez souvent le siège d'une suppuration qui s'ouvre et donne lieu à un ulcère chancreux. Sur les coupes du chancre mou, on reconnaît que l'épiderme, la couche papillaire et la partie superficielle du derme sont détruits au niveau de l'ulcération, et que le fond de celte dernière est tapissé de bourgeons charnus. D'après cet exposé succinct, on peut juger les différences anatomiques qui séparent le chancre mou du chancre induré. Ce dernier en effet est papuleux au début; les couches épidermiques y sont longtemps conservées, bien qu'altérées, et le corps papillaire n'y est pour ainsi dire jamais détruit. Le chancre induré est un néoplasme qui épaissit le derme, tandis que le chancre mou est une inflammation à caractère destructif et ulcéreux.

On trouve, dans la sérosité du chancre mou, des micrococci isolés ou des diplococci qu'on a réussi à cultiver. Mais les cultures inoculées à un individu déjà porteur d'un chancre mou ne donnent pas d'inoculation positive (Julien), tandis que le pus du chancre mou, inoculé dans les mêmes conditions, reproduit toujours un chancre mou.

Mal perforant du pied. — Le mal perforant est une lésion ulcéreuse profonde, à marche envahissante, de la plante du pied. Il débute par un durillon qui fait place à un ulcère arrondi , taillé à pic, limité par un bourrelet épidermique à fond roùgeâtre, villeux, sécrétant un liquide séro-purulent. Il s'étend progressivement en profondeur de façon à atteindre les os et les articulations, et, lorsque le mal a été enlevé complètement, il n'en a pas moins de tendance à récidiver.

Le derme est perforé comme à l'emporte-pièce; le stylet introduit dans la perte de substance fait découvrir le plus souvent un trajet fistuleux qui mène sur un os atteint d'ostéite. Une section comprenant l'ulcère et la peau avoisinante présente à considérer d'abord le bourrelet épidermique du pourtour de la perte de substance. La couche cornée qui le recouvre acquiert souvent une épaisseur d'un centi-

mètre. Du côté de ralcération où il atteint sa plus grande épaisseur, il est coupé à pic et montre ses couches stratifiées. Il se continue de l'autre côté, en s'amincissant , avec l' épidémie normal. Les papilles sont très hypertrophiées et allongées au pourtour de l'ulcère. Le derme est épaissi, chroniqueraent enflammé; ses vaisseaux sont embryonnaires, et le tissu lardacé, analogue à celui des bourgeons charnus, qui le constitue, se continue jusqu'à l'os altéré, atteint lui-même d'ostéite raréfiante.

Cette singulière affection, qu'on avait considérée tour à tour comme le résultat d'une lésion athéromateuse (Péan, Delsol, Dolbeau, etc."* ou d'une simple compression (Leplat, Larrey, Sédillot, Desprér, Gosselin, Pitha et Billroth), ou d'une ostéite, paraît devoir être rattachée aujourd'hui à une névrite. Poncet (de Gluny) (1) a trouvé l-"^ premier, dans les nerfs qui se rendent à l'ulcère, des lésions analogues à celles que l'on observe dans le segment périphérique d'un nerf sectionné. Duplay et Morat (2) ont vérifié l'exactitude des observations de Poncet.

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