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VEGETAUX PARASITES DE LA PEAU

elle un quart de la longueur totale de raninmal. A la pièce thoracique sont appenducs quatre paires de pattes très courtes, foi^mcos de trois articles, dont le dernier est terminé par trois petites grifTes en l'orme de crochet. La portion postérieure ou abdominale du corps est allon-

FiG. 285. — Groupe de démodex des follicules. A, démodex; B, poil; C, racine du poil ; D, follicule ; E, glande sébacée.

gée et contiendrait d'après certains observateurs un tube intestinal et une glande hépatique. Il existerait, d'après Neuraann, une autre espèce de démodex, munie seulement de trois paires de pattes.

L'acarus des foUicules vit au sein des comédons et des glandes acnéiques. Sa présence dans la glande n'est l'origine d'aucune lésion cutanée locale. Pour le récolter, on enlève par pression sur la peau du nez ou de la face un certain nombre de comédons, on les dissocie dans la glycérine, et à l'aide d'un faible grossissement on peut étudier l'animal. Il se rencontre aussi fréquemment dans les glandes sébacées du conduit auditif externe ou de la peau du pavillon devenues acnéiques.

B. Yégétaux PARASITES DE LA PEAU DE l'homme. — Lorsqu'on examine une coupe de la peau normale non colorée et traitée soigneusement au préalable par l'éther, montée dans le baume du Canada

OU la résine Damar, on reconnaît que sur les points où l'épiderme est épais , un certain nombre de spores végétales sont contenues dans les couches cornées. Ces spores sont de grandeur et de figures diverses. Elles ne répondent à aucune affection cutanée déterminée, et les espèces végétales probablement multiples auxquelles elles appartiennent n'ont pas encore été exactement défmies. Quand une inflammation survient dans la peau, et surtout quand cette dernière a été couverte de cataplasmes, le nombre des végétaux microscopiques précités s'accroît. Mais les véritables parasites de la peau, c'est-à-dire ceux qui accompagnent ou déterminent les affections cutanées réunies en clinique sous le nom de teignes, n'existent jamais, comme les premiers, dans l'épiderme de la peau normale, et produisent dans la peau malade des lésions élémentaires caractéristiques. Ce sont seulement ces derniers parasites que nous nous proposons de décrire dans ce paragraphe.

a. Parasite végétal de la teigne faveuse (Achorion Schônlenii; oïdées). — Découvert en 1839 par Schônlein dans les croûtes des godets faviques, décrit ensuite par Gruby et Wedl, il a été inoculé pour la première fois avec succès par Remak sur la peau du bras. Nous

Fie. 286. — Achorion Schônlenii préparé par dissociation après l'action de la potasse

à 40 pour 100.

a, spores ; 6, chaînes de spores terminant des filaments du thallus, qui sont alors composés d'articles courts ; c, véritables filaments du thallus qui sont composés d'articles allongés et clairs. — Grossissement de 400 diamètres.

étudierons successivement les caractères du végétal et son mode d'implantation dans la peau et dans les poils.

Si l'on enlève avec une lancette une minime parcelle de la sub-

FAVUS. — TEIGNE PAYEUSE. 873

stance jaune de soufre qui conslitue le godet faviquc cl qu'on la dissocie dans Tammoniaque, au bout de quelques minutes elle se désagrège et permet d'observer le parasite isol(5. 11 convient de faire pénétrer sous la lamelle, après avoir chassé l'ammoniaque, une goutte de solution d'iode dans l'eau additionnée d'iodure de potassium. Le végétal se colore alors en rouge brun, et l'on peut en observer les détails. Il est composé de spores arrondies, isolées ou réunies de manière à former des chaînes. Ces chaînes de spores terminent ordinairement les filaments du mycélium ou thallus. A l'extrémité libre de ces derniers, elles sontsphériques, puis deviennent légèrement allongées, de telle sorte que le filament est formé par la réunion d'articles courts. Les véritables filaments du mycélium sont enfin composés d'articles allongés, clairs, ponctués, dichotomiquement ramifiés et solidement unis entre eux. Les spores placées en série qui les terminent sont au contraire facilement caduques, et sont considérées comme une portion du végétal en voie de germination.

Lorsqu'on pratique une coupe transversale de la peau comprenant un godet favique, on observe les particularités suivantes : au niveau de la saillie formée par le godet, les couches épidermiques sont remplies de spores comprises entre les .cellules cornées. A côté de ces spores se rencontrent constamment des micrococci et des bactéries, ainsi que des gouttelettes dégraisse. L'accumulation de tous ces éléments étrangers détermine la saillie en bourrelet du godet. Le centre , déprimé, est occupé ordinairement par un ou plusieurs poils malades. C'est le point où le favus a débuté, et où la guérison tend à se produire. La maladie, comme toutes les teignes, guérit en effet au centre et se propage à la circonférence en s'étendant en cercle.

Sur les godets faviques d'un certain diamètre, l'invasion du parasite n'est pas limitée par les couches épidermiques. Le mycélium pénètre perpendiculairement dans le derme en s'y ramifiant. Cette pénétration n'est point due à un simple refoulement des tissus, mais à un véritable envahissement (Malassez) ; on voit en effet, sur les coupes, les tubes du mycélium partir du fond du godet et s'insinuer en droite ligne dans le lijsu conjonctif, entre les faisceaux de ce dernier, à la façon des racines pivotantes. Le derme réagit peu devant cette invasion, il se produit cependant au niveau des godets faviques un suintement continuel ou même de la suppuration. Dans tous les cas, le tissu conjonctif envahi par le thallus de VAchorion Schônlenii se résorbe peu à peu, et c'est probablement à cette résorption que sont

CORNIL ET RANVIER. II. — 56

dues les cicatrices parfois profondes qui se montrent an- dessous des godets faviques, après la guérison de la teigne.

FlG. 287. — Coupe transversale de la peau au niveau d'un godet favique.

a; épidémie ; b, couche superficielle du derme irrité ; c, couche profonde du derme ; d, d, filaments

du mycélium s'enfonçant dans le derme et terminés par des chaînes de spores.

Les poils et les cheveux sont envahis par le parasite au centre et au pourtour des godets. L'achorion végète principalement dans l'écorce du poil. Les filaments sont surtout formés à ce niveau de spores en chapelet. Mais on rencontre le mycélium dans les tuniques du bulbe pileux, au voisinage de la racine. Après l'épilation, le follicule pileux entre en suppuration et il se forme à son orifice une petite pustule.

Les godets faviques se développent quelquefois sur la peau ailleurs qu'au cuir chevelu, à la face, sur les mains, les bras, etc. Lailler nous a montré de très beaux échantillons de favus des ongles dans lesquels les filaments de mycélium siégeaient dans la substance unguéale.

Au lieu d'offrir son aspect caractéristique en godets isolés ou nummulaires et les croûtes jaune de soufre, le favus se présente quelquefois sous forme de croûtes grises épaisses et imbriquées (favus squarrheux ou en galette).

TRICIIOPIIYTIE. 875

b. Parasite vègélal de la teigne tondante {Trichophy ton tonsurans, o'idéés). — Ce parasite, implanté sur le cuir chevelu, détermine la teigne tondante; sur la peau du visage et dans les régions pourvues de barbe, le sycosis parasitaire ; sur les régions glabres de la peau, Vherpès clrciné. Les réactions du tégument, en présence d'un parasite identique, sont différentes sur ces divers points en raison des difîérences de structure de la peau. Le trichophyton, implanté sur le menton glabre d'un enfant, y détermine en effet l'herpès circiné. Si l'on gratte avec le dos de la main une plaque de teigne tondante, on y peut produire l'herpès parasitaire par transplantation du végétal. Ce dernier ne s'implante pas exclusivement sur les téguments de l'homme, il est transmissible au chat, au chien et même au cheval, qui deviennent alors des agents de contagion.

La teigne tondante est caractérisée par des plaques nummulaires au niveau desquelles les cheveux sont rasés, cassés ; à leur base d'implantation et sur une longueur de 1 millimètre environ, ils sont couverts de squames épidermiques blanches ou grises. Lorsqu'on cherche à arracher un de ces cheveux avec une pince, il ne vient pas, et il se casse. L'extrémité de la cassure, lorsqu'on l'examine à la loupe ou à un faible grossissement, présente une série de filaments en broussailles.

Véry thème et Vherpès circinésse montrent sous la forme de taches ou de petites vésicules disposées en forme de cercles, qui se couvrent d'une desquamation furfuracée superficielle et dont le centre devient normal, tandis qu'elles s'étendent à la périphérie en envahissant progressivement la peau saine.

Le sycosis, qu'on observe au menton et aux joues chez l'homme, partout où il y a de la barbe, est caractérisé par des pustules de volume variable semblables à celles de l'acné et par une inflammation profonde de la peau. Ces pustules ont toujours pour centre un follicule pileux et un poil qu'il est facile d'arracher. La lésion anatomique de la peau produite par le sycosis est la même que celle que nous avons décrite à propos des folliculites et des fpérifolliculites (voy. p. 830 et 831). La seule différence consiste dans l'envahissement des poils et des follicules par les champignons du trichophyton. Ces trois dernières affections constituent la trichophy tie.

Le Trichophyton tonsurans a été découvert par Malmsten en 1843. C'est un végétal formé de spores arrondies mesurant en moyenne 5pt. Ces spores sont isolées ou groupées entre les lamelles de l'épiderme.

Un certain nombre d'entre elles sont cylindriques, placées bout à bout. Enfin Neumann a signalé dans ce parasite la présence d'un mycélium ramifié.

^JtvruU^c^^

FiG 288. — Trichophyton tonsurans, dissociation des lamelles épiderraiques provenant d'une plaque

d'herpès circiné.

a, a, spores ; b, b, filaments du viycelium composés d'articles courts ; c, c, filaments du mycélium composés d'articles longs et clairs; d, cellules épidermiques. — Gi'ossissement de 400 diamètres.

On met ordinairement le parasite en évidence en traitant des lambeaux d'épiderme détaché de la surface d'une plaque d'herpès circiné par la potasse à 40 pour 100 ou l'ammoniaque. La végétation

FiG. 289. — Spores et filaments du Trichophyton en rapport avec les cellules de la couclie cornée de l'épiderme dans l'herpès circiné.

du parasite dans les poils est peu différente de celle du favus. Les spores sont ordinairement abondantes au niveau de la racine du poil et végètent ensuite de bas en haut entre les fibres longitudinales de son écorce. Le poil dont les cellules sont dissociées de la sorte, devient friable et se rompt. Tout autour de lui, dans la gaine épi-

MICROSPORON FUnniR. — PITYRIASIS VERSICOLOR. 877

dermique interne, le parasite s'accumule et détermine une abondante production de lamelles épidermiques séparées les unes des autres par des rangées de spores. 11 en résulte une sorte de collerette blanche qui entoure le poil au delà de son point d'émergence. Cet cngainement des poils et des cheveux a une certaine importance diagnostique, mais on l'observe en dehors de toute affection parasitaire dans l'eczéma de la barbe et des cheveux. L'examen histologique peut donc seul, dans les cas douteux, fixer le diagnostic.

Quelques dermalologistes, et parmi eux Hébra, ont considéré le Trichophy ton tonsurans comme une simple variété de VAchorion Schônlenii. Mais Kôbner, en cultivant le parasite, l'a vu se reproduire indéfiniment avec ses caractères spécifiques. D'un autre côté, Hallier le considère comme identique au PeniciUum, et Neumann s'est rangé complètement à cet avis.

c. Parasite végétal de la crasse parasitaire (Pityriasis versicolor). — Le Microsporon furfur ne végète ordinairement que dans les couches de l'épiderme. 11 donne lieu à des taches superficielles, jaunes, brunâtres ou sales, plus ou moins larges, étendues sur la peau du dos, de la poitrine, de l'abdomen, des membres et de la face, taches habituellement peu saillantes, d'où l'on détache par le grattage des lamelles épidermiques. Le mode d'implantation du Microsporon furfur et le groupement de ses éléments sont tout à fait caractéristiques.

Les spores sont rondes et forment de distaace en distance, dans la couche cornée de l'épiderme, des groupes arrondis. De la périphérie de ces groupes partent les filaments ramifiés du mycélium, dont les articles sont extrêmement allongés (fig. 290). Le développement de cette mucédinée est d'une lenteur extrême; il est facile de la cultiver, car elle peut germer même dans la glycérine neutre (Neumann). On a pu voir aussi que les spores se divisent par scission et que certaines, en s'allongeant, constituent les filaments mycéliques. D'autres deviennent l'origine de spores nouvelles par génération endogène. Le Microsporon furfur a été découvert en 1840 par Eichstedt. En 1864, Kôbner l'inocula avec succès sur la peau de Fhomme. La contagion de la crasse parasitaire avait été d'ailleurs démontrée bien auparavant par les médecins de l'hôpital Saint- Louis.

d. Teigne pelade {Area Celsi, alopécie en aires). — La teigne pelade est caractérisée par des plaques dépigmentées du cuir chevelu, au niveau desquelles les cheveux sont bientôt remplacés par des poils follets. Ces plaques, exactement circulaires, présentent à leur circonférence une légère desquamation, A leur niveau, le derme paraît aminci, atrophié. Les poils follets tombent à leur tour et les plaques deviennent lisses comme de l'ivoire.

Gruby décrivit en 1843 {Compt. rend, de VAcad. des se, t. XVII,

FiG. 290. — Microsporon furfiir.

a, groupe principal de spores formant une musse arrondie: 6, b, b, petits groupe de spores ; c, c, lila

monts du mycélium, formés d'articles longs, clairs et contournés. — Grossiss. de 400 diamètres.

p. 301) un parasite dans la teigne pelade, le Microsporon Audouini, et Bazin la rangea dans les affections parasitaires. Mais beaucoup de dermatologistes nièrent la nature mycosique de la pelade (Hebra, E. Wilson, Neumann, Bock, etc.).

Plus tard, Malassez (Archiv. de phijsiolog., 1874) et après lui

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