TEIGNE PELADE
Courrèges (Thèse de Paris, iSlA) donnèrent une description nouvelle des parasites observés dans la pelade.
D'après Malassez, ce parasite siège dans l'intérieur et à la surface des cellules épidermiques et dans leurs interstices. Il ne pénètre pas dans le follicule pileux et ne se rencontre qu'accidentellement sur les poils. Dans ce dernier cas, il est fixé sur des pellicules probablement détachées de l'épiderme cutané, et qui se sont arrêtées par hasard sur le poil.
Il est formé uniquement de spores sphériques sans aucune trace
FiG. 291. — Cellules épidermiques charg'ées de spores et prises au niveau d'une plaque de pelade achromateuse (500 diamètres).
de mycélium. Les spores les plus grosses ont de 4- à 5 ix de diamètre et présentent un double contour; d'autres au contraire n'atteignent
FiG. 292. — Ctieveu dans un cas do pelade decahanle a maiclio rapide. Il est entouré de cellules épidermiques chargées de spores (250 diamètres).
que 2|7. de diamètre et ont un contour simple. Enfin il existe des
sporules dont le diamètre est inférieur à 2 pi. Le parasite paraît donc se multiplier par bourgeonnement.
Gruby admettait que le Microsporon Audouini se développait primitivement à la surface des cheveux, à une distance de 4 à 2 millimètres de la surface de la peau, et qu'il présentait des filaments
jCDOP
FiG. 293. — Spores isolées recueillies sur des plaques de pelade.
1, 2,3, 4, grosses spores vues à des mises au point différentes; 5, spores bourgeonnantes; 6, 7, 8,
grosses spores vides ; 9, 10, 1 1, petites spores; 12, sporules. — Grossissement de 1000 diamètres.
ramifiés dans le tissu des poils. Malassez n'a vérifié aucune de ces assertions.
Il paraît certain aujourd'hui que le parasite décrit par Malassez n'est pas autre chose que celui qui se rencontre accidentellement en plus ou moins grande quantité à la surface de la peau et qu'il n'a aucun rapport avec la pelade.
Aussi beaucoup de dermatologistes rangent aujourd'hui cette affection dans les trophonévroses et la considèrent comme une atrophie cutanée achromatique.
Toutefois nous devons ajouter que d'autres auteurs ont recherché dans ces derniers temps les parasites de la pelade. Ainsi Biichner et plus récemment von Sehlen {Forlschritte der Medicin, \" décembre 1883) a décrit des micrococci ronds et petits n'ayant que 1 y. de diamètre, siégeant dans les cellules de la gaine, de la racine et de l'écorce du cheveu ainsi que dans l'épiderme qui l'avoisine.
PITYRIASIS SIMPLEX. 881
Il resle donc encore un certain doute sur la nature parasitaire de la pelade.
e. Parasite végétal de Vérythrasma {Microsporon minntissimum). — L'érylhrasma est un érythème plus ou moins accusé qui occupe la région inguino-crurale; il est susceptible de se généraliser. Il détermine un léger épaississement de l'épiderme et de petites squames. Il est produit par la présence, dans la couche cornée de l'épiderme, d'un champignon dont les éléments sont d'une petitesse extrême, le Microsporon minutissimum. Ce parasite, décrit par Burchardt, Baerensprung et Kôbner, a été souvent rencontré dans l'érythrasma par Balzer (1). Les spores très petites sont rondes ou un peu elliptiques. Les tubes sont irréguliers, noueux, serpentins, recourbés en S, en U, assez souvent ramifiés. Ils contournent les lamelles épidermiques avec lesquelles ils sont en contact. Ils sont comparables, comme dimension, aux filaments du Leptothrix buccalis. Comme ces derniers, ils sont formés d'articles placés bout à bout et ordinairement assez courts. Malgré leur gracilité, les tubes du Microsporon minutissimum sont constitués régulièrement comme ceux des végétaux cutanés plus volumineux, le trichophyton ou le Microsporon fur fur, par exemple.
d. Parasite végétal du Pityriasis sim-plex. — Malassez {Archives de physiologie, 1874) a étudié avec soin les parasites situés dans les pellicules épidermiques du cuir chevelu.
Ils siègent dans la couche cornée de l'épiderme, entre les cellules. Ils pénètrent dans les follicules pileux, mais seulement au voisinage du point d'émergence du poil et peu profondément. Ils ne descendent pas au delà de l'orifice des glandes sébacées.
Ce parasite est formé uniquement de spores, en général allongées et bourgeonnantes ; les plus volumineuses ont de 4 à 5 ^ dans leur plus grand diamètre et présentent une largeur de 2 pi à 2,5 pi. Les plus petites ont seulement une longueur de 2 pi.
Il résulte des recherches de Malassez que ce parasite joue un grand rôle dans la production des lamelles pityriasiques. Dans cette affection cutanée l'alopécie est le produit de deux facteurs: 1" l'action mécanique du champignon qui dissocie les lamelles épithéliales; 2° le parasite joue le rôle d'un corps étranger qui irrite l'épiderme,
(1) Annales de dermatologie et de syphlliographie, 25 décembre 1883.
amène une grande suractivité dans l'évolution des cellules, la dilatation du nucléole, l'atrophie du noyau refoulé par cette dilatation,
FiG. 294. — Cellule épidermique du cuir chevelu affecté de pityriasis et couverte de spores.
et conséquemment une desquamation incessante à la surface du tégument.
L'alopécie, conséquence ordinaire du Pityriasis simplex, résulterait aussi, d'après Malassez, de l'obstruction de la partie du follicule pileux sus-jacente à l'orifice des glandes sébacées annexes. Cette
FiG. 295. — Spores isolées recueillies sur des pellicules de Pityriasis capilis simplex.
a, spores rondes, pleines; b, les mêmes vides; e, spores bourgeonnantes, pleines; d, les mêmes, vides. — Grossissement de iOOO diamètres.
obstruction empêcherait l'accroissement régulier du poil. Il se produirait secondairement une irritation du follicule, surtout dans les parties voisines du bulbe. A ce niveau, la paroi du follicule subirait une hypertrophie ascendante amenant d'abord une diminution du calibre du poil et finalement une oblitération du follicule, qui serait ainsi transformé en cordon fibreux.
Les méthodes d'examen applicables à l'étude des parasites végétaux de la peau sont très simples. Les squames ou cheveux sont enlevés et soigneusement lavés dans l'éther et l'alcool absolu. Au bout de un ou deux jours, toute la graisse est dissoute et les granulations
MÉTHODES d'examen DES PARASITES VÉGÉTAUX. 883
ne peuvent plus en imposer pour des spores. Il suffît alors de Texaminer dans la glycérine ou dans la glycérine formiquée. L'action de l'acide acétique, ou de la potasse à 40 pour 100, ou de l'ammoniaque,
FiG. 296. — Coupe perpendiculaire de la peau affectée de pityriasis simple (250 diamètres).
1, couche corne'c de l'épiderrae se dissociant en lamelles infiltrées de spores; 2, corps muqueux ; 3, derme ; 4, partie supérieure d'un follicule pileux dilaté par des squames pityriasiques ; 5, cheveu atrophié.
est utile pour éclaircir les productions épidermiques et mettre ainsi les organismes végétaux en évidence.
On peut colorer très facilement les spores et les filaments avec une solution d'hématoxyline qui se fixe sur eux avec la même intensité que sur les noyaux. Balzer emploie pour les colorer l'éosine dissoute dans l'alcool, après avoir traité les cheveux et squames par Féther et l'alcool absolu. Les parties colorées par l'éosine sont examinées dans la potasse à 40 pour 100.
Yon Sehlen a employé avec succès, pour les coupes minces faites sur la peau et les poils, la double coloration suivante :
Après avoir dégraissé les coupes par l'éther, il les place dans l'alcool absolu, puis dans une solution faible de fuchsine d'Ehrlich pendant vingt-quatre heures. Il lave àl'alcool, puis à l'acide chlorhydrique faible, et ensuite à l'eau distillée. Les cheveux et les lamelles épidermiques sont seuls colorés en rouge intense. Il place alors les coupes dans une solution de bleu de méthyl ou de violet de gentiane. On déshydrate ensuite avec l'alcool absolu, on éclaircit par l'essence de girofle et on monte dans le baume. Les spores sont colorées en bleu ou en violet, et les cheveux et lamelles épidermiques en rouge.
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