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Avant de donner la description anatomo-pathologique de chacune des maladies de rap.pareil respiratoire, il convient d'étudier d'abord les altérations histologiques des parties essentielles qui le composent en envisageant ces altérations dans ce qu'elles ont de plus général.

A ce point de vue, l'appareil respiratoire se divise en deux portions distinctes : les conduits aériens et le poumon.

Les maladies des canaux aériens, depuis les fosses nasales jusqu'à la terminaison des bronches dans les acini pulmonaires, sont pour la plupart indépendantes des maladies du poumon. Cependant celles-ci atteignent toujours les dernières terminaisons des bronches au même titre et de la même façon que les acini pulmonaires. Les dernières ramifications bronchiques appartiennent en réalité au poumon par leur structure et par leur pathologie. Il est en outre des maladies qui, comme les pneumonies lobulaires ou broncho-pneumonies, atteignent à la fois le poumon et les bronches de tout calibre, surtout leurs dernières divisions. Enfin, les maladies générales infectieuses et les néoplasmes généralisés envahissent à des degrés différents tous les segments de l'arbre aérien. Ces réserves faites, on peut considérer à part les lésions des conduits aériens (fosses nasales, larynx, trachée et bronches) et celles du poumon.

§ 1. — Histologie patliologiqae générale des conduits aériens.

Nous passerons successivement en revue les modifications des parlies constituantes les plus essentielles de ces canaux : revêtement épithélial, glandes, chorion muqueux et muscles lisses.

A. Altérations histologiques du revêtement épithélial des conduits AÉRIENS. — Les cellules épithéliales qui tapissent le chorion.

LÉSIONS DU llEVfiTKMENT ÉPITIIKMAL DES CONDUITS AÉP.IENS. 0

lïiuqucux des voies aériennes sont presque partout des cellules cylindriques. Dans la plus grande partie de ces conduits, sur le larynx, la trachée et les grosses bronches par exemple, qu'on les étudie chez les mammifères ou chez l'homme, on observe, à l'état normal, audessus de la membrane basale du choi'ion, une couche de petites

FiG. 3. — Section de la couche épilliéliale de la Iraclie'e du la^in à l'état normal. — b, partie superficielle du chorion muqueux; a, couche de petjtes cellules en rapport avec le cborionmuqueux; C, cellules cylindriques à cils vibraliles. — Grossissement de 250 diamètres.

cellules rondes et une couche superficielle de cellules cylindriques possédant un plateau surmonté de cils vibratiles; entre ces dernières cellules sont disséminées des cellules caliciformes. La figure 3 montre la disposition du revêtement épithélial de la muqueuse trachéale à l'état normal chez le lapin.

Inflammation expérimentale. — 11 est facile d'étudier les modifications que présente le revêtement épithélial des conduits aériens dans les inflammations provoquées expérimentalement chez les animaux. Pour cela, on injecte sous la peau de la cantharidine (i) substance irritante qui a l'avantage d'enflammer les tissus par l'intermédiaire du sang, et dont l'action, s'exerçant des couches profondes en rapport avec les capillaires jusqu'aux couches superficielles, réalise mieux les conditions d'une inflammation spontanée que ne le feraient des agents irritants appliqués à la surface même de la muqueuse.

Deux heures après l'introduction d'une quantité suffisante de cantharidine dans le tissu cellulaire sous-cutané d'un lapin, la muqueuse de la trachée est uniformément rouge, mais elle ne présente pas de sécrétion muqueuse anormale. Après l'avoir fait durcir par l'action successive de la liqueur de Mùller, de lagomme et de l'alcool, on peut y observer sur des coupes les premières phases de l'inflammation. Le

(I) Nous nous sommes servis, pour les injcclions sous-cutanées de cantharidine, d'une solution de celte substance dans l'éthcr acétique. Avec 4. à 6 grammes de la solution au degré de concentration qu'on obtient à la température do 20 degrés, c'est-à-dire avec une dose de 5 à 8 milligrammes de cantharidine, on produit chez un lapin des accidents d'empoisonnement aigu et intense qui amènent la mort en quelques heures.

revêtement épithélial de la muqueuse trachéale est plus épais qu'à l'état normal, et presque partout il présente à sa base plusieurs couches de petites cellules rondes au lieu de la couche unique qui y existe normalement. Les cellules superficielles ont encore la forme cylindrique.

Dans les parties où l'inflammation est plus intense, tout le revêtement épithélial est constitué par des cellules rondes ou polyédriques par compression réciproque, ayant le volume des cellules lymphatiques, et il n'y a plus de cellules cylindriques à la surface. Mais les

FiG. 4. — Section de la muqueuse do la trachée dans un fait d'inflammation par la canlharidinc. Coupe faite après le durcissement de la pièce par l'acide osmique. b, surface du chorion muqueux; — a, cellules rondes situées à la base du revêtement épithélial; a', les mêmes cellules occupant presque toute l'étendue de la coupe du revêtement épithélial ; c, couclie de cellules rondes revêtues de cils vibratilos. — Grossissement de 250 diamètres.

cellules rondes superficielles possèdent presque toujours des cils vivibratiles (voy. c, fig. 4). Ceux-ci ne sont pas disposés régulièrement comme sur le plateau d'une cellule cylindrique; ils sont implantés sans ordre.

Lorsque l'inflammation est intense, le revêtement épithélial très épaissi apparaît sur des coupes sous la forme de mamelons. A la base de ces mamelons, au-dessus de la membrane basale, se montrent plusieurs couches serrées de cellules rondes, puis des vacuoles remplies d'un liquide contenant des granulations et dos cellules lymphatiques. Des cellules fusiformes, aplaties, à noyau ovoïde, partout mélangées à des cellules lymphatiques, limitent ces vacuoles. La surface du revêtement épithélial est occupée par des cellules cylindriques ou rondes munies de cils vibratiles (voy. fig. 5).

Il est évident que les cellules rondes ou cellules lymphatiques venues en grand nombre des capillaires de la muqueuse et de la couche profonde du revêtement muqueux ont repoussé devant elles et écarté les cellules fusiformes et cylindriques préexistantes. Les

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