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INFLAMMATION EXPÉIIIMKNTALE DES CONDUITS AÉRIENS

collulos cylindriques à cils vihraLilcs ont elies-mèmes été modifiées d;;ns leur forme; api'ès la division de leur noyau et de leur proio-

F.T,. 0. — Coups du revêtoment épitliélial ilc la traslicc du lapin dans un cas d'enipoisonnement par la lanlliaridine, obtenue après le durcissement do la pièce par l'acide osniique. — 6, partie supcrliciclle du chorioa muqueux ; f, petites cellules appliquées à ce dernier; d,e, cellules lymphatiques contenues dans des vacuoles dont le pourtour présente des cellules fiisiformes ou cylindriques aplaties ; ?n ; C, ci'lluics cylindriques superficielles présentant des cils vibrutiles. — Grossissement de 250 diamètres

plasma elles se transforment en cellules rondes dont les plus superficielles sont encore munies de leurs cils vibraliles.

Lorsque l'intlammation expérimentale est plus intense, au lieu de produire simplement une accumulation de cellules à la surface de la muqueuse, elle aboutit rapidement à la chute de l'épithélium. Celuici est remplacé par une couche de cellules lymphatiques dont le ratlange avec le Hquide exsudé des vaisseaux forme une sécrétion mucopurulente à la surface de la muqueuse. Si, par exemple, on injecte dans la trachée du lapin 50 centigrammes d'une solution de nitrate d'argent au centième , et que , deux heures après, on place cette trachée dans un liquide durcissant, pour qu'il soit ensuite possible d'y pratiquer des coupes, on y verra à la place du revêtement épithélial normal, une couche de cellules lymphatiques plus ou moins pressées les unes contre les autres et affectant, par suite de cette pression réciproque, la forme de petits pavés cubiques. L'agent irritant a atteint en premier lieu, dans cette expérience, les cellules superficielles, et il est naturel qu'elles se soient desquamées plus

12 HISTOLOGIE PATHOLOGIQUE GÉNÉRALE DE l' APPAREIL RESPIRATOIRE,

complètement et plus vite que clans l'exemple précédent. De plus, l'irritation causée par le nitrate d'argent étant plus intense, le chorion muqueux est infiltré dans sa couche superficielle d'un grand noniljre de cellules lymphatiques.

Si l'inflammation expérimentale déterminée par la canlharidinc ou par le nitrate d'argent a porté, non plus sur la trachée ou les premières divisions bronchiques, mais sur les petites bronches, les cellules de nouvelle formation, au lieu de déterminer simplement, comme sur les grands canaux, un épaississemeut du revêtement épithélial, remplissent complètement le calibre des petites bronches.

Inflammation catarrhale des conduits aériens. — Les expériences qui précèdent permettent de bien comprendre ce qui se passe, du côté du revêtement épithélial, dans les inflammations superficielles ou catarrhales de l'homme. Les phénomènes observés sont variables suivant l'intensité plus ou moins grande de l'inflammation.

Dans l'inflammation la plus légère, alors qu'on observe simplement à l'œil nu une exagération de la sécrétion muqueuse et une congestion du chorion, le revêtement épithélial est intact et il ne présente pas de cellules de nouvelle formation. Mais ses cellules superficielles contiennent et sécrètent une quantité de mucus plus considérable qu'à l'état normal.

Une grande quantité des celUiles cylindriques superficielles de la

FiG. 6. — Cellules muqueuses ou calicifonnes de la surface do la traclic'e enfiammée chez i'ho.u.i.e. — A. Cellule muqueuse dont le noyau 6 est polit et situé près do la queue de )a cellulo. Son pi'oloplnsn'a est muqueux et son bord libre est coilTô par une boule de mucus c. B, C, D, E. Cellules niiiqiieusos isolées de forme variable : m, filamont d'insert'on de la queue des cellules; n, leur noyau ; 0, protoplasma mucpieux. — Grossissement de 300 diamètres.

muqueuse sont caliciformcs. On observe ces cellules isolées dans le mucus qui recouvre la surface libre de la muqueuse et on h^s retrouve sur les coupes de la membrane. Elles se présentent sous la forme d'un corps ovoïde ou globuleux, transparent, muqiitux (o, fig. C), limité par une membrane mince souvent ridée ou plissée;

IM'LAMMATION CATAlilUIALE DES CONDUITS AEUIENS.

rcxlréiiiilé libre des cellules ne possède ni plaleaii ni cils vihriililes Leur noyau {b, n, lig .G) plus ou moins déformé, quelquefois en l'orme de croissant, se trouve refoulé à l'extrémité inférieure de la cellule. Les coupes de la muqueuse ainsi altérée, qu'il s'agisse de la trachée comme dans la figure 7 ou d'une bronche de moyen calibre comme dans la ligure 8, montrent la disposition réciproque des cellules à cils vibratiles et des cellules caliciformes. Ces dernières sont aussi nombreuses, souvent même plus nombreuses que les cellules vibra-

,dî

FiG. 7. — Coupe du revôlomciit lipiiliolial do la trachée atteinte d'iiiflammalioii eutari'halo — d, chorion ; b, membrane basale ; f,f, cellules rondos eu rapport avec la membrane basale; c, cellules caliciformes dont le noyau b' est rejclo' à la partie inférieure près de leur implantation b; a, cellules cylindriques étroites, comprimées, possédant des cils vibratiles s et des noyaux aplatis a ; m, mucus libre à la surface ; h, globes de mucus. — Grossissement de 300 diamètres.

Fie. 8. — Conpc du revêtement épithélial d'une bronche atteinte d'inflammalion catarrhale. — c, chorion; b, membrane basale; f, cellules rondes contigi'-s à la membrane basale; 6, b', cellules caliciformes ; a, cellules cylindriques comprimées possédant des cils vibratiles s; m, mucus ; n, globes muqueu.\. — Grossissement de 303 diamètres.

tilcs ; elles ne possèdent pas de cils et sont entourées de cellules vibratiles amincies par compression.

Les cellules caliciformes participent à la sécrétion catarrhale des conduits aériens dans l'inflammation subaiguë. Cette lésion est \\ même que celle qu'on observe dans les conduits et dans les culs-dcsac des glandes acineuses de la muqueuse des voies aériennes dans les mêmes conditions pathologiques. Il s'agit là tout simplement do l'exagération d'un phénomène physiologique. Cet étatmuqueux d'un grand nombre des cellules épithéliales n'est pas nécessairement accompagné de néoformation de cellules ni de diapédèse de globules

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blancs dans les couches profondes du revêtement épithélial. Les cellules rondes situées sur la membrane basale ne sont pas toujours plus nombreuses à l'état normal.

Si, dans une inflammation catarrhale très légère et qui se traduit seulement par une sécrétion exagérée de mucus, la couche profonde du revêtement épithélial et le chorion sont intacts, il n'en est plus de même pour peu que l'inflammation soit intense.

Lorsqu'on a affaire à une inflammation de la muqueuse des canaux aériens ayant duré plusieurs jours et arrivée à sa période d'état, comme cela s'observe chez les sujets qui succombent soit à une broncho-pneumonie, soit à la fièvre typhoïde, soit à une maladie du cœur, soit à la phthisie qui s'accompagne presque toujours d'une laryngo-trachéo-bronchite, le revêtement épithélial et la couche superficielle du chorion muqueux sont altérés à un degré variable.

Les cellules cylindriques à cils vibratiles sont tantôt conservées, tantôt remplacées par des cellules longues et étroites, lamellaires, implantées plus ou moins régulièrement sur la surface de la muqueuse.

Au-dessous de la couche superficielle on trouve, soit des cellules ovoïdes, soit des cellules rondes ou cellules lymphatiques disposées en une ou plusieurs couches.

Souvent toutes les cellules du revêtement épithélial sont tombées dans le liquide sécrété et il ne reste plus qu'une couche de cellules lymphatiques en contact avec la membrane basale. Celle-ci, qui est assez épaisse et homogène, est conservée et présente ses caractères normaux. Tant qu'elle persiste, malgré toutes les lésions de Fépithélium superficiel, la surface de la muqueuse ne paraît pas ulcérée. Elle peut sembler dépolie, irrégulière, mais il n'y a pas de perte de substance appréciable à l'œil nu.

Entre les fibres conneclives et élastiques, situées sous la membrane basale, on trouve toujours une assez grande quantité de cellules lymphatiques, tandis qu'il n'y existe à l'état normal que des cellules plates. Dans toutes les inflammations catarrhales ayant une certaine intensité, cette lésion inflammatoire du chorion muqueux est constante; elle n'en atteint d'habitude que la couche superficielle. La muqueuse paraît alors un peu épaissie ; mais cet épaississement est si peu marqué qu'il échappe le plus souvent, car les lésions de l'inflammation catarrhale des voies aériennes ne peuvent être reconnues qu'à l'examen microscopique. Par lui seul on peut en apprécier les lésions multiples et assez profondes, tandis qu'à l'œil nu, en se ba-

INFLAMMATION INTKNSK DE LA MUQUKUSIÎ TRACdÉO-BRONCIlIQUE. 15

sant uniquement sur la coloration plus ou moins rouge de la muqueuse, on ne saurait déterminer, au moins dans certains cas, si l'on a affaire seulement à une stase sanguine post mortem ou à une inflammation véritable.

Dans les inflammations très intenses de la muqueuse, le revcte-

„^ A Section de la trachôo cnflnmméo dans la variole. —

'Z a, tisîu coiijonclif do la muqueuse dont les vaisseaux

z;,î;,sont oblitérés par dos cellules lymphatiques remplies

de niicrococcus; 6, membrane basale ; d, cellules lym-

A - , phatiques et cellules indifférentes formant une couclic

~ ^ épaisse à la surface du cliorion: de c en i on voit une

" fausse membrane fibrincuse dont les fibrilles f limitent

des mailles dans lesquelles il existe des globules rouges du sang et dss cellules lymphatiques h. — — C Grossissement de 200 diamètres.

^ ^^ ^- '"i] D. Section d'un vaisseau du chorioii qui contient un

) thrombus formé de colliilos lymphatiques et de grains

de raicrococcus. — Grossissement de 350 diamètres.

C. Coupe de la fausse membrane diphtliéritiquc à un grossissement de 350 diamètres.?', — fibrilles fines do N (/ libriiie; g, cellules lymphatiques; p, globules rouges

du sang.

Wi^^ .

Fia. a.

ment épithélial montre une néofo. mation de cellules parfois colossale. L'inflammation qui accompagne l'éruption des pustules de la variole

16 HISTOLOGIE PATHOLOGIQUE GÉNÉRALE Dli l'aPPAREIL UESPIP.ATOIRi:.

sur le larynx, la trachée et les bronches, nous offre le maximum de ces altérations du revêtement épithélial. Sur les coupes de pustules de la trachée dont on apprécie bien le relief pendant les trois ou quatre premiers jours de la période d'éruption, on observe à partir de la membrane basale du chorion : 1° une couche épaisse formée par des cellules lymphatiques disposées les unes au-dessus des autres, rondes ou un peu com-

primées par pression réciproque,

ou par des cellules assez volumi-

~j ncuses, indifférentes de forme,

^ I -y rondes ou polyédriques , conte-

, \ nant un noyau ovoïde assez vo-

''t^^M: j/ lumineux et, un protoplasma gra-

''^""•"'-*' ') nuleux (A, cl, fig. 9); souvent il

existe quelques globules rouges entre elles; 2° une couche épaisse /' (A, h, fig. 9) formée par des fila-

ments fibi'illaires de fibrine très fins, constituant un réseau à mailles très étroites dans lesquelles sont contenues des cellules lymphatiques granuleuses, des globules rouges et des masses de grains de micrococcus.

C'est une véritable pseudo-mem- '^ brane fibrineuse.

L A la base des pustules, la membrane basale est amincie, irrégu- ''- Hère ou même interrompue par places ; le tissu fibro-élastique de

Krc. 10. - Seclion du revêlcmcnt muqncx de la 1^ SUl'face du chorioU lHUqUCUX irachde dans la variole, a, tissu du chorion gg^ oliarffé de CcUuleS lymohainlilti'o (ic cellules lymplialiqiics c ;&, mombrane , ° .

basale ; d, d, cellules de forme cylindrkiuo ini- tiqUCS, et l'OU SC l'eud bien COmpte planlécs sur celte dernière ; m, cellules lym- A 1 ( '\' t ' 1 11

phaliques situées au milieu de granulations ^^ '^^ laClllie aVCC laqUCllC Cei> dans de petits espaces lacunaires linîilcs par des 51(;;,^;entS paSSBUt du tlsSU COU" cellules cylindriques aplaties, atrophiées, posse- ^

dant un noyau ovoïde e;p, granulations ; h, cel- jonclif du chorlon muqUCUX danS Iules devenues libres à la surface du revêtement ", , y . . .

cpitliclial.— Grossissement de 350 diamètres. lapUStulC. LCS VaiSSCaUX Capillaires (A, V, fig. 9 et B,gf,fig. 9) et les veinules présentent quelquefois à leur face interne une couche adhésive de cellules lymphatiques et des spores de micrococcus

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